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La vallée de l'Huveaune **

La vallée de l'HUVEAUNE est occupée par l'homme depuis longtemps, notamment dans les grottes au Nord de St MARCEL dans le quartier de la Tourette.( 8 000 ans avant J.C. ).

Vers -8 500, le climat était très sec. Les indigènes se nourrissaient d'escargots et la végétation ne poussait qu'à proximité du fleuve. Les habitants furent victimes de séismes comme en témoignent les gros blocs disséminés autour du massif de St MARCEL.

De -6 000 à -2 500 ans, l'agriculture, l'élevage et la poterie se sont développés

En -600, les indigènes qui peuplent la vallée sont les Ligures. Ils occupent les "oppida" ( lieux fortifiés ) destinés à mettre la population à l'abri des ennemis. Au cours du temps, l'HUVEAUNE a porté plusieurs noms dérivés de son origine ligure UBELKA.

L'Huveaune a longtemps représenté une richesse pour les riverains et à partir de 1 599, elle va devenir aussi la source d'alimentation en eau de MARSEILLE.

Les eaux ont été captées grâce à un aqueduc souterrain, la prise se situait au dessus de LA POMME- en 1612, une seconde prise est créée, toujours à LA POMME.

Mais, les eaux de l'HUVEAUNE sont capricieuses et les périodes de sécheresse causent de nombreux problèmes non seulement aux Marseillais mais aussi aux paysans de la vallée et aux moulins qui se sont établis tout au long de la vallée.

C'est pourquoi, en 1840, démarre la construction d'un canal de 84 km destiné à capter les eaux de la DURANCE jusqu'à MARSEILLE dans une bassin de deux étages capable de stocker 40 000 m3 d'eau. Cette immense citerne n'est autre que le palais Longchamp.....Pour MARSEILLE, c'est la fin de la pénurie. ( De nos jours, le vallon Dol stocke 3 milliards de m3 d'eau ! )

MARSEILLE avait au Moyen-âge deux grandes communautés religieuses :

  • Saint Victor pour les hommes
  • Saint Sauveur pour les femmes

fondées par le moine Jean CASSIEN qui a contribué à donner une excellente image de la spiritualité marseillaise.

Les Marseillais se sont flattés d'avoir été évangélisés par les premiers disciples du Christ : La Madeleine, Maximin et Lazare.

Saint-Victor est un martyre de MARSEILLE ( entre 286 et 293 ), officier de l'armée romaine converti au christianisme. Il a été choisi par Jean CASSIEN, comme symbole du christianisme marseillais.

Durant les XIème et XIIème siècles, l'abbaye de Saint Victor devient très puissante. Elle possède alors des terres non seulement à MARSEILLE, centre de la congrégation, mais aussi en LANGUEDOC, en ESPAGNE, en ITALIE et en SARDAIGNE.

Pendant deux siècles, les moines mettent en valeur la vallée de l'Huveaune en construisant des moulins, des pêcheries, des ponts, des jardins et des vergers. Ils exploitent le bois des forêts de la vallée.

Un "empire" monastique se crée grâce aux moines victoriens, qui exploitent la nature " pour la plus grande gloire de Dieu, en faisant le bonheur des hommes. "

Les moines de St Victor jouissent d'un statut particulier dans la société : ils ne dépendent que de leurs supérieurs hiérarchiques, évêque ou pape mais ni du pouvoir politique ( les princes et seigneurs ) ni économique ( pas de taxes ni d'impôts à payer ) ni juridique ( ils ont leur propre justice ). Grâce à cette liberté d'action et à leur dynamisme, à partir du XIVème siècle, de véritables villages se développent dans la vallée : St MARCEL, St LOUP et St JULIEN sont les premiers. Naîtront ensuite, St MENET, LA POMME, LA BARASSE, LA VALBARELLE et LA MONTRE.

Les principaux événement de la vallée ( donations, achats, conventions ... ) sont consignés par les moines dans le grand cartulaire de l'abbaye. ( Recueil d'actes )

Le territoire de SAINT-MENET était propriété de l'abbaye de St Victor à partir du 11ème siècle. Il couvrait LA MILLIÈRE, LA BARASSE, une partie de la VALENTINE et de SAINT-MARCEL. Il comprenait divers établissement agricoles.

Ce territoire fut morcelé et vendu à de grandes familles qui ont donné leur nom à des campagnes et des quartiers.

  • LA MILLIÈRE- famille MILLIÈRE - c'est le fils de Martin MILLIÈRE qui reconstruit la bastide de LA MILLIÈRE
  • LA REYNARDE ( Famille REYNARD )
  • LA MAUSSANNE- ( 1559 - Pierre MAUSSAN )
  • LA BARASSE ( Sieur Esmanjaud de BARRAS )
  • LA BUZINE ( 17ème siècle - Henry de BUZIN ) MONTGRAND - ( Famille de MONTGRAND )

Joseph MONTGRAND fut le dernier propriétaire du domaine de St MENET qui vers 1915 fut à son tour morcelé et constitue l'actuel quartier de St MENET.

Dans la bastide de la MILLIÈRE, le moulin de Marquesy est le premier moulin de l'HUVEAUNE dans le terroir marseillais. Il date de 1511. La propriété est rachetée par le sieur de VIRELLE puis passe aux MONTGRAND. Au 19è siècle s'y installe les Huileries SIMON, puis l'Atelier LABARRE ( 1868) et enfin les minoteries REGIS et LAGET (jusqu'en 1928 ).

Jusqu'au début du 20ème siècle, les villages de la vallée vivent à l'écart de la ville. On n'y descendait que pour des occasions spéciales comme les formalités administratives ou pour affaires. Dans le village il y avait tout le nécessaire à la vie courante : les bouchers, les boulangers, les épiciers ( "comestibles" ) et tous les artisans maçons, menuisiers, tonneliers et maréchaux ferrants.

Ce sont les omnibus à chevaux qui desservaient les villages de la vallée jusqu'au milieu du 19ème siècle. Ils ont été progressivement remplacés par les tramways à traction hippomobile puis par les tramways électriques et enfin par les "bus" que nous connaissons aujourd'hui.

L'Huveaune prend sa source dans le Var, dans le vallon de la Castelette, sur le versant nord de la Sainte Beaume.

Fleuve côtier de 46 km, son affluent principal est le Jarret. Le fleuve a drainé une quantité importante d'alluvions qui se sont déposées dans la vallée. Ces alluvions ( sables, cailloux et boues ) renferment une nappe phréatique souterraine qui constitue un réservoir d'eau de bonne qualité qui alimente par forage quelques établissements industriels.

Vers le milieu du 19ème siècle, les blanchisseuses de St Marcel lavaient le linge des familles bourgeoises dans les eaux propres de l'Huveaune. En 1848, les blanchisseuses intentent un procès à la ville d'Aubagne car les tanneries jetaient leurs résidus dans l'Huveaune. Un jugement rendu en 1848 leur donne gain de cause.

Après avoir été un véritable égout jusqu'en 1980, le fleuve a retrouvé une eau de qualité acceptable. La station d'épuration de la ville, les industries équipées pour traiter leur rejets, ont permis de diviser le degré de pollution par 20.

Les responsables de la fédération de Canoë Kayak espèrent atteindre bientôt les normes permettant la pratique de sports d'eau-vive.

Les pêcheurs repeuplent régulièrement la rivière en alevins. On peut pêcher la truite en amont de Saint-Zacharie.

Les communes riveraines de l'Huveaune se sont regroupées au sein de deux syndicats intercommunaux chargés de l'aménagement, de la gestion et de la mise en valeur du cours d'eau.

l'Huveaune a joué un rôle déterminant dans le dévoleppement économique du village de St Marcel. Dès le moyen-âge, les eaux de l'Huveaune permettent d'alimenter un réseau de béals*.

  • béal = il s'agit d'un canal qui constitue une dérivation de la rivière pour alimenter un moulin en force motrice.

Le grand béal de St Marcel date de 1520. Il a permis le développement d'une industrie des moulins actionnée par la force motrice de l'eau : moulins à blé, scieries, chamoiseries, minoteries et marbreries.

L'utilisation de l'eau pour le fonctionnement des moulins prévaut alors sur la nécessité d'irriguer les terres agricoles ou de satisfaire les besoins en eau alimentaire. Vingt trois moulins fonctionnent de la sorte en 1840.

Le débit de l'Huveaune est généralement faible. 95% de l'année il est inférieur à 13m3. Mais en cas de crue il peut enregistrer jusqu'à 180 m3.

L'urbanisation et les crues successives de l'Huveaune, ont causé la disparation des alluvions fertiles des berges et donc de la végétation hydrophile (peupliers, saules, aulnes , charmes ... )

En 1972, un projet d'aménagement des berges de l'Huveaune pour la promenade et le vélo à été mis au point. Mais à ce jour, tout est resté à l'état de projet. Dommage ...

GPS (Lat N/Long E) : 43.281306 / 5.420154
Marseille


Texte : Charito / Photos : chantepierre