Saint-Loup

Le village de Saint Loup est célèbre parce qu'il a accueilli pendant trois ans la famille de Marcel Pagnol. Son père, Joseph fut instituteur dans une école qui se situait au 3, de la rue du Migranier. Le village s'est construit autour de l'église Saint Thyrse qui date probablement du XI è siècle, sur un terroir appartenant (comme beaucoup d'autres villages de la vallée de l'Huveaune ) à l'Abbaye de Saint-Victor.

l'eglise de saint-loup

Une grande partie du terroir était recouverte de vignes et une forêt descendait des collines.

Saint-Loup aurait du s'appeler Saint-Thyrse. Mais en 1 531 l'appellation Saint-Loup apparaîtra sans que l'on sache exactement pourquoi. Le nom de Saint-Loup cohabitera d'ailleurs jusqu'en 1 666 avec celui de Saint-Thys.

Est-ce par déformation du nom latin de l'Huveaune ? ( Hubelca) Est-ce le n om d'un bienfaiteur et généreux donateur comme le suggère l'Abbé Cayol dans son ouvrage « Histoire du quartier de Saint-Loup » ? ( 1 866 ) Le vocable Saint-Thyrse était-il trop peu répandu en Provence pour en choisir un autre plus « provençal » ? Ça reste un mystère …

Le village s'est développé afin de loger les ouvriers (et leur famille) qui travaillaient dans un des nombreux moulins actionnés par le Grand Béal (voir la vallée de l'Huveaune).

Le village s'est construit le long de la route reliant Marseille à Toulon qui s'est appelée Route Royale, Route Impériale ou Route Nationale au gré des régimes politiques et des époques. Aujourd'hui il s'agit tout simplement du Boulevard de Saint-Loup ; depuis la libération.

La Révolution ne fit pas trop de dégâts dans le village. Évènement rare pour l'époque, l'église de Saint-Loup fût consacrée en 1 791.

En plus de loger les ouvriers, le village avait une vocation agricole avec ses laitiers (pour la plupart des italiens du Piémont) qui allaient livrer le lait à Marseille, et ses maraîchers et horticulteurs.

Chaque personne qui se rendait à Marseille, que ce soit à pieds, en carriole ou en tramway plus tard, devait acquitter un droit sur les marchandises qu'elle transportait : l'octroi. Cette taxe fut supprimée en 1943 pour être remplacée par la taxe locale.

Plusieurs postes furent installés à Saint-Loup dont celui de la place de l'Octroi.

Le terroir marseillais produisait du vin. Ce sont les taxes d'imposition sur le vin qui constituaient une des principales sources de revenus de la ville. Des « gardes du vin » furent chargés de surveiller la contrebande.

En 1 927, afin de résorber la crise du logement, la cité jardin « la Gardanne » fût construite sur l'emplacement de la propriété de la famille de Gardanne.

La cité a été construite selon le modèle anglais du 19è siècle. Les logements sont de petites surfaces d'environ 30m 2 avec un confort rudimentaire. La Gardanne fut construite pour qu'elle puisse fonctionner en parfait autonomie avec une école et des commerces. La cité se trouve actuellement coincée entre l'autoroute Est et l'Huveaune. La construction de la Rocade L.2 entraîne la destruction des pavillons que les locataires avaient améliorés et agrandis, en bordure de l'autoroute.

Jusqu'aux années 60, Saint-Loup a été un village campagnard de bastides et cabanons.

Les bastides ont été construites pour des notables ou hommes d'affaires marseillais qui s'y retiraient en été pour échapper à la chaleur de la ville. Certaines de ces bastides furent réquisitionnées pendant la seconde guerre mondiale.

Au cours des années 60 ces bastides furent rasées pour la construction de grands ensembles nécessaires notamment au logement des rapatriés d'Afrique du Nord ainsi que pour la construction de l'actuel lycée Marcel Pagnol.

Ce lien permet une comparaison de St loup d'hier et d'aujourd'hui : http://www.vieux-marseille.com/pages/quartiers/stloup/stloup.htm

GPS (Lat N/Long E) : 43.284516 / 5.436945
13010 Marseille


Texte : Charito / Photos : bakka-ohka, p.jojo