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La plage d'Arenc [non visible] *

La plage d'Arenc doit son nom au provençal areno qui signifie le sable.

Mais bon, je dois vous avertir, ne la cherchez pas cette plage, elle a disparu depuis fort longtemps pour faire place au PAM (port autonome de Marseille).

L'ancien emplacement de la plage

Pourtant, elle mérite sa page d'histoire !!!

Déjà, situons dans le temps, au 18ème siècle, l'échevin Estelle (celui-là même qui s'était distingué lors de la peste de 1720) est seigneur d'Arenc. Il y posséde une belle maison près de la plage, appelée "lou casteu favouio" (soit le château des crabes), et ce, en raison du nombre important de ces bestioles sur les lieux.

Au début du 19ème siècle, la plage est très prisée des marseillais qui viennent s'y détendre et manger des oursinades... Le mercredi des cendres, on y procède même à la cérémonie fort populaire de la noyade du caramentran (le carnaval qu'on ne brulait pas à l'époque, ville maritime oblige). Tout d'abord populaire, elle prend vite de la renommée. Les guides de l'époque la signale comme un des agréments de Marseille. A l'époque de la Restauration, l'usage des bains de mer s'établit dans la haute société et en 1827 parait le "Manuel des bains de mer sur le littoral de Marseille". C'est à partir de là qu'est lancée la grande renommée de la plage d'Arenc et qu'on voit fleurir en tout point des cabines mais aussi des hôtels et des établissements balnéaires ! D'ailleurs, c'est à cette époque, qu'elle accueille l'établissement fort réputé du Château Vert, un établissement balnéaire ouvert en 1820 par le docteur Giraudy de Bouyons, ce qui ajoute encore à sa réputation. On dit même qu'Alexandre Dumas s'arrête dans l'établissement. Et puis, il ne faut pas oublier qu'en ce temps, la route impériale n° 8, celle qui de Paris et Lyon, permet d'accèder à Marseille, longe le littoral et passe devant Arenc, ce qui ajoute au succès de ce coin du littoral, ainsi aisément accessible. La République ayant pris le dessus, on décide d'enlever toutes les traces de l'Empire et la route impériale n° 8 devient l'avenue d'Arenc puis plus tard encore elle devient l'avenue Roger Salengro.

Mais le "Château Vert" est toutefois démoli en 1865 pour laisser place à la gare d'Arenc. Puis, à la fin du 19ème siècle, la baie d'Arenc est convertie en un grand port ! Une forte activité économique se développe et une multitude de fabriques, ateliers et divers entrêpôts s'établissent dans le quartier.

Mais, une fois encore, revers de l'histoire : le déplacement de l'activité industrielle du port à Fos provoque l'arrêt de ces activités et pendant longtemps, de l'ancienne plage d'Arenc, il ne reste que les bassins du port, les entrepôts et divers ateliers abandonés n'étant plus que des friches.

Enfin, aujourd'hui, avec le vaste projet Euroméditerranée, ces vieux bâtiments, pour la plupart mal entretenus et donc en ruine, vont disparaître au profit d'immeubles neufs.

Voilà, toute l'histoire de la plage d'Arenc, qu'aujourd'hui on ne peut que tenter d'imaginer, aucune trace ne subsiste.

Et au sujet de cette plage disparue, pour conclure, il ne me reste plus qu'à vous raconter ce qu'aujourd'hui, nous appelerions une anecdote, mais qui pour l'époque, fut un scandale retentissant !!! Voyons, nous sommes donc le 30 juin 1846. il est six heures du soir. Il fait chaud et la plage est pleine de familles marseillaises, femmes et enfants en tête. Voilà qu'arrivent deux bataillons du 9ème d'Infanterie de ligne, officiers en tête, qui viennent de la caserne des Présentines. On raconte alors que ceux-ci se baignent dans le plus simple appareil (tout nu, quoi). Le journal du jour (le Sémaphore) rapporte même que les dames n'osaient plus quitter leurs cabines devant ce spectacle "affligeant". Et il a fallu non seulement l'intervention de la police, mais aussi du curé, tous deux associés dans la même cause : rétablir l'ordre public et les bonnes moeurs.

GPS (Lat N/Long E) : 43.307068 / 5.363860
13002 Marseille


Texte : Coco / Photos : Mildiou