Les Borels

Le quartier des Borels semble tenir son nom de la famille "Borel" installés sur les lieux.

Aujourd'hui coupé par l'autoroute et la voie ferrée, c'est un quartier de misère, mais il a été autrefois campagnard, la présence, aujourd'hui encore de fermes, de bastides et de cabanons témoigne de l'ancien terroir rural à vocation agricole, en restent les traces des domaines agricoles qu'on peut encore deviner aujourd'hui :

  • Comme la ferme des Siméonis par exemple : elle s'appelle la ferme des Siméonis mais auss la bastide la Sumiane ou campagne la Sumiane ! C'est un magnifique bâtiment, avec une toiture à quatre pans et une triple génoise !

Elle est située sur le chemin de Saint Antoine à Saint Joseph ! Il semblerait qu'elle soit du début 18ème voire fin du 17ème siècle car elle était inscrite sur le cadastre de Napoléon en 1819 ! Elle comprend 5,5 hectares en 1791, et en 1819, les communs comportaient une grange, une écurie et une maison fermière. Une cour séparait communs et maisons de maître, le puits et l' aire à battre existaient déjà et le terrain sur la rive gauche du ruisseau était planté de vignes et une petite terre à labour limitait la cour au sud. Une haie de broussaille longeait le ruisseau. Le domaine rural s' étendait sur la rive droite du ruisseau jusqu' à la grand route d' Aix (actuelle R.N. 8). Cette partie était occupée par une pinède, une grange, des vignes et des oliviers. Les postes de chasse ont disparu. D' après l' actuelle propriétaire, un vitrail daté 1706 ou 1710 et déplacé à une date indéterminée, pouvait signaler l'existence d' une ancienne chapelle dans le corps de bâtiment des anciens communs longeant le ruisseau des Aygalades. Le logis d' origine, actuel bâtiment sud, a un toit en pavillon couvert en tuiles creuses. Le bâtiment de la deuxième exploitation agricole, partie nord de la parcelle, est couvert en tuiles plates mécaniques. Dans le 1er quart du 20ème siècle, les communs sont transformés en habitations et une deuxième exploitation agricole est construite dans la partie nord de la parcelle. En 1996, un chantier d' assainissement a entrepris de dévier le ruisseau des Aygalades à l' ouest de son lit actuel. Dommage qu'elle soit en si mauvais état ! Mais la proximité de l'autoroute la rend irrécupérable en fait, sinon, l'endroit m'aurait fait rêver ! Et au fait, puisqu'elle en est si près, on la voit de l'autoroute A7, si vous faites attention, juste avant le viaduc de chemin de fer, amusez-vous à y jeter un coup d'oeil (sauf peut-être le conducteur bien sûr !) !

  • Ou encore la ferme des borels : située dans le quartier des Borels toujours, mais boulevard du 7ème Tirailleur algérien cette fois, la ferme Battalier comprenait 7 hectares en 1791.

En 1819, la ferme était incluse dans un immense domaine qui s' étendait au nord jusqu' à l' actuelle cité HLM de la Savine. L' ensemble appartenait à Honoré Arnavon qui résidait en ville. La ferme qui comprenait une loge à cochon et une aire à battre était entourée de vignes. L' ancien puits, qui subsiste à l' état de regard, est actuellement situé sur la place du Calendau n' est pas mentionné sur le cadastre de 1819. A cette date, le réseau viaire qui dessert actuellement la ferme était déjà en place (actuel boulevard du 7e tirailleur algérien et boulevard Bellevue). La ferme qui s'appelle ferme des Borels, tient son nom du propriétaire qui l'acquiert vers 1895. Vers 1915-1920, le lotissement des Borels, ensemble de jardins avec cabanons, démembre la ferme dont les terres s' étendaient au-dessus du canal jusqu' au chemin de la Mûre. Il est à noter au niveau architecture que le logis (parcelles 38 et 43) remonte au 17ème ou au 18ème siècle, le pigeonnier en maçonnerie avec encadrement des baies en briques est quant à lui du 1er quart du 20ème siècle. Les étables (parcelles 43 et 159) ont été transformées en commerces, puis en logis à la fin du 20ème siècle. Son état est bon puisqu'elle a été restaurée, et c'est bien sûr une propriété privée.

  • Mais aussi la ferme dite la Madeleine : située au n° 12 traverse du Viaduc, construite au 18ème siècle figure sur le cadastre de 1819.

Le domaine de 2,5 hectares appartenait à un propriétaire occupant, Pierre Roche, et avait sa configuration actuelle, avec en outre des parties expropriées lors de la construction de l' autoroute. Elle comprenait une maison, une aire à battre, une terrasse, les terrains étaient occupés par des labours, pinèdes, oliveraie et vignes. Le portail et l' allée d' accès, qui ne figurent pas sur le cadastre de 1819, sont peut-être postérieurs à cette date. Un bâtiment d' exploitation a été ajouté à la fin du 19ème siècle ou au début du 20ème siècle. La maison de maître est desservie par deux allées plantées conduisant chacune à un portail, le noble et celui de service, près duquel s' élève un bâtiment d' exploitation qui a des chaînages en pierre calcaire dure et des encadrements de baies en briques. L' allée noble est partiellement caladée. C'est aujourd'hui une propriété privée, donc elle ne se visite pas.

Pour revenir au quartier, quelques fours à chaux sont les témoins des modifications du paysage liées au développement des échanges aux entrées de Marseille pendant le 19ème siècle. Et c'est ainsi que le quartier est traversé par le canal de Marseille, mais aussi la voie ferrée et le viaduc ferroviaire et surtout l'autoroute qui est le dégat le plus important !

Comme on peut le deviner, le quartier des Borels n'est pas issu d'un des fameux noyaux villageois qui ont fait la ville actuelle. De telle sorte que les seuls édifices cultuels inventoriés qui sont l'expression de deux des vagues migratoires que Marseille connaît depuis son origine, sont :

  • l'église arménienne des Saints Tatéos et Parthomios située au 7 traverse de l' Eglise, cette église paroissiale orthodoxe appelée église apostolique arménienne Saint-Tatéos et Saint-Parthomios est de plan allongé à un seul vaisseau, en matériaux enduits, le toit de la nef à longs pans et à pignon découvert, est couvert en tuile plate mécanique, le toit du clocher en pavillon est en béton.

L'église paroissiale arménienne est construite par les réfugiés arméniens, probablement dans les années 1920. Le monument aux morts, sur le parvis, est dédié à la mémoire des victimes du génocide de 1915 et aux arméniens de la paroisse morts pour la France en 1939, 1945.

  • et la pagode bouddhiste Phaphoale seul lieu de culte bouddhiste à expression monumentale à Marseille.

En grande partie, l'habitat actuel est de type individuel, petites villas avec jardins ou jardins-terrasses, maisonnettes sur cour. Ces constructions datent de l'Entre-deux-guerres et ont été réalisées sur le lotissement des anciens domaines agricoles, dont l'un, celui de la famille Borel, a donné son nom au quartier.

Mais c'est un quartier qui est longé par l'autoroute A7 et qui par le passé, a dû avoir du charme mais aujourd'hui, l'a perdu !

GPS (Lat N/Long E) : 43.364112 / 5.362551
13015 Marseille


Texte : Coco / Photos :