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Belsunce et Noailles

Belsunce est un des quartiers de Marseille situé en plein centre-ville, près de la Canebière. Il doit son nom à Monseigneur Belsunce, évêque de Marseille, qui fit preuve d'une énergie remarquable pendant l'épidémie de la peste.

Belsunce est un quartier central, entre la Gare Saint Charles et la Canebière, et à l’articulation des différents territoires de la ville tels que le port, le centre ville et les quartiers périphériques notamment au nord de la ville.


C'est aussi un quartier relativement petit :

  • de par sa taille, 38,3 hectares,
  • et le nombre de ses habitants, les recensements INSEE indiquent 8 622 habitants en 1999.

C'est un maillage de rues étroites, délimitées par quatre grandes avenues (la Canebière au sud, le cours Belsunce à l’Ouest, le boulevard d’Athènes et le boulevard Dugommier à l’Est, et le boulevard Charles Nédelec au nord).

 

L'avenue principale du quartier est le Cours Belsunce, perpendiculaire à l'avenue de la Canebière et qui se prolonge jusqu'à la Porte d'Aix.


Mais il convient de noter que ce quartier typique est riche d'une histoire et d'anecdotes que bien des marseillais ignorent !


Tout d'abord, pour bien se représenter le quartier, il convient de signaler la distinction entre sa partie Est (celle occupée par le Centre Bourse) de sa partie Ouest (le vieux Belsunce). Les Marseillais font une différence entre la zone du centre Bourse aménagée dans les années 70 qui, aux yeux de la majorité d’entre eux, est devenu un nouveau quartier à part entière ne faisant pas partie intégrante de Belsunce, et l'enchevêtrement de rues étroites qu’est le vieux Belsunce, et qui est synonyme pour certains du "vrai" Belsunce, celui qui a été épargné par le tout béton, et pour d'autres, du "pauvre" Belsunce, à rénover et à moderniser...

 

Ensuite, il est bon de savoir que Belsunce, qui subit aujourd'hui la décrêpitude de ses façades et sa mauvaise réputation, est un quartier d’origine baroque, avec un patrimoine de valeur. Pour mémoire, le quartier Belsunce et le cours Belsunce, sont construits à partir de 1670, dans le cadre des travaux d’agrandissement de la ville vers l’Est et le Sud. Le cours Belsunce marque l’ébauche d’un tracé liant le Nord et le Sud de la ville. Ce lien sera concrétisé plus tard avec le prolongement du cours Belsunce à partir de ses deux extrémités :

  • au nord avec la rue d’Aix débouchant sur l’entrée de la ville et son Arc de triomphe inauguré en 1833 qu'on appelle familièrement la Porte d'Aix ;
  • et au sud avec le cours Saint Louis (construit en même temps que le cours Belsunce) et la rue de Rome débouchant sur la place Castellane et le début de l’avenue du Prado.
 

La bourgeoisie qui habite alors le quartier, occupe de petits immeubles donnant sur des jardins, avec souvent de petites maisons de fond de cour et des dépendances destinées aux domestiques ou à l’entreposage de matériel.


Mais depuis le 17ème siècle, la vocation du quartier et son peuplement ont changé. Au 19ème siècle, deux mouvements de population se succèdent :

  • le départ progressif de la bourgeoisie en place qui migre vers les quartiers périphériques et tous neufs comme le Prado,
  • et l’arrivée d’une nouvelle population issue de différentes vagues migratoires.

Et si depuis toujours, c’est un quartier de passage à l’articulation des différents territoires qui composent la ville, il devient à partir des années 1970 un axe central à l’usage de l’immigration en quelque sorte. Vont alors défiler des populations venants d’horizons divers mais communément méditerranéens : italiens, espagnols, arméniens, juifs d’Afrique du Nord, africains, Pieds-Noirs, algériens, marocains, tunisiens...

 

Aujourd'hui, c'est un quartier pauvre, lieu de résidence de nombreux travailleurs immigrés vivant souvent dans des hôtels meublés ou des foyers.

 

De ces populations en transit et de l'exotisme qui peut s'en dégager, Belsunce prend dans l’imaginaire marseillais une place particulière et véhicule des discours opposés :

  • certains y voient l'illustration positive de la fameuse Marseille cosmopolite ;
  • d'autres n'y rencontrent qu'une diversité ethnique dérangeante et à combattre.

De la même manière, le dynamisme marchand et commercial, l’intensité des échanges et des passages que le quartier génère dans la ville sont :

  • soit magnifié en tant que ressourcement culturel et symbolique de la ville en quête d’une identité méditerranéenne ;
  • soit stigmatisé car donnant une image de pauvreté d’un quartier qui n’appartient plus à la ville, un territoire fermé au reste d'une population qui se définit comme "de souche".

Malheureusement, ces derniers avis semblent être en majorité, car Belsunce n'est bien souvent représenté que par ses populations étrangères et immigrées et de ce fait, il est mis à l'écart du reste de la ville. Et même la toponymie est significative de cet effet d’ethnicisation : Belsunce étant largement désigné du nom de "Quartier arabe".

 

C'est à ce titre, face à ces arguments, que les enjeux liés à la qualification de ce quartier ne sont pas neutres : en 1997, tout le quartier a été inclus dans un périmètre de réhabilitation urbaine (PRI) avec l'intention de supprimer l'habitat indigne et de réaliser une mixité sociale. Peut-on et/ou doit-on espérer que cela supprimera la pauvreté au lieu de ne faire que la déplacer ?

En tout cas, du coup, de ces tentatives de réhabilitation, on y découvre quelques curiosités de l'architecture moderne comme :

  • dans la rue des convalescents, la maison d'accueil pour personnes agées ;
  • sans oublier le musée de la mode aussi sur la Canebière ;
  • ou encore le musée d'Histoire dans le centre Bourse ;

Enfin, et pour finir, le quartier est également porteur de chefs d'oeuvres historiques qu'il ne faut pas négliger ! On y trouve aussi bien :

  • la nouvelle Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale (BMVR), l'Alcazar ;
  • le cinéma Les Variétés ;
  • l'hôtel de Pesciolini ;
  • mais aussi la rue Thubaneau où un pan de l'Histoire a vu le jour au n°25 ;
  • ou encore la rue du Tapis Vert ;
  • sans manquer la rue Longue des Capucins ;

  • dans le très ancien, la halle Puget ;
  • ou à peine plus récent, la fontaine Fossati située sur l'ancienne place des fainéants ;
  • le Palais de la Bourse qui héberge la chambre de commerce et d'industrie et le musée de la Marine et de l'Economie ;

et de bels édifices religieux comme :

  • l'église Saint-Théodore ou les Récollets ;
  • et aussi bien l'église Saint-Cannat ou les prêcheurs ;
  • et encore tout au bout du quartier, sur le quai des Belges, l'église Saint Ferréol ou les Augustins...

Et encore bien d'autres choses qu'il nous reste à découvrir !!!

Il semblerait que le nom de Noailles vienne d'un mot d'ancien français "noue" ou "noë" et qui signifie prairie humide, avoisinant un cours d'eau, et il s'avère que le Lacydon coulait là où est aujourd'hui située la Canebière. Dans tous les cas, ce quartier doit son nom à la rue Noailles et à l'hôtel de Noailles, hôtel particulier somptueux loué au chevalier de Noailles, lieutenant général des galères de Louis XIV en 1679, qui a été détruit, puis sur l'emplacement approximatif duquel on a reconstruit un grand hôtel reconverti en hôtel de Police.

Dans ce quartier on trouve la gare Noailles qui accueillera à l'été 2008 le terminus de la ligne 1 duTramway de Marseille mais aussi pour rester dans l'histoire des transports, la galerie des Transports !

Quartier très animé, on peut également faire flâner sur le marché des Capucins,qui aujourd'hui, fait la réputation du quartier, mais tout aussi bien dans les rues alentours comme le début de la rue de Rome et ses boutiques, la rue Méolan et sa célèbre herboristerie du Père Blaise, et la rue de la Palud chargée d'histoire.


Et dans ce quartier ancien et riche en architecture, on y trouve bien sûr de beaux monuments tels que :

  • Le monastère des Augustins ;
  • L'ancien hôtel du Louvre et de la Paix ;

Et des traces chargée d'anecdotes plus ou moins tristes comme :

  • L'ancien bâtiment des "Nouvelles Galeries...

Texte : Coco

A voir, à faire

Bibliothèque de l'Alcazar ****

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Halle Puget **

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Curiosités

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