La Capelette

photos

Situé entre le Jarret et L'Huveaune, et autrefois, dans un passé lointain, inondable et insalubre, ce quartier de Marseille s'est développé avec l'industrie des trente glorieuses qui en a façonné le paysage.

Un temps délaissé car enclavé entre les obstacles naturels du Jarret et de l'Huveaune et les ouvrages ferroviaires puis les infrastructures routières et auto-routières, ce quartier aujourd'hui, toujours un peu excentré mais bien desservi, redevient à la mode, semble t-il !

Alors, tout d'abord, un peu d'histoire. C'est à partir du 10ème siècle, et jusqu'au début du 19ème siècle que les marais sont asséchés et mis en culture, d'abord par les religieux, puis par des propriétaires fonciers. A partir du 19ème siècle, les industries et les infrastructures ferroviaires qui en découlent changent le paysage. Les dernières zones agricoles inondables de l'Huveaune sont repris par l'armée pour terrain de manoeuvres. Puis la croissance des années 1960-70 pousse les élus à franchir les obstacles de ces terres inondables pour étendre la ville encore plus loin : c'est l'époque où apparaissent les autoponts et autoroutes qui dénaturent le quartier et le coupe du centre ville.

Voyons un peu pour l'histoire du quartier ! Le nom du quartier provient de la présence d'une chapelle: "capelette" signifiant "petite chapelle". Elle existe toujours, on peut encore voir les restes à l'angle de l'avenue de la Capelette et du boulevard Bonnefoy, mais elle est dans un état lamentable. Toutefois, à chaque chose, malheur est bon, un incendie récent a permis de découvrir les richesses architecturales intérieures qu'elle a pu contenir. Pour en savoir un peu plus sur elle, la chapelle, qu'Alfred Saurel, dans son "dictionnaire des villes, villages et hameaux des bouches-du-Rhône" de 1878, fait remonter au 12ème siècle, est en fait bien plus récente. Antoine de Valbelle, conseiller du roi et "lieutenant général des mers du Levant", possédait la propriété voisine de Montfuron et il en est l'initiateur. En 1653, il achète le terrain provenant de la dot de Suzanne Farnette, veuve du marchand Pierre Teissère. Formant éperon entre le grand chemin de Toulon et le chemin de la Condamine, ce lieu possédait déjà une croix dite de Jarret. Et c'est Jean-Baptiste Cannin qui couvrira l'édifice et bâtira la plate-forme du maître-autel en granit, rajoutera un campanile pour la cloche et un tumulus sépulture voûté à l'accès fermé par une pierre munie de deux anneaux sur laquelle seront gravées les armes des Valbelle. Le culte sera assuré par des prêtres rétribués par les fidèles jusqu'en avril 1707, date à laquelle Philippe Goujon, l'un des propriétaires, établira une pension annuelle et perpetuelle de 150 livres en faveur des Trinitaires. Ils y resteront jusqu'à la révolution. Succursale de Saint-Martin, la chapelle sert aussi de lieu d'inhumation, mais une ordonnance du 10 mars 1776 interdit cette pratique, et un petit cimetière est alors créé derrière l'église, et des fonts baptismaux sont installés en 1777. Mais le 24 décembre 1791, la chapelle est fermée et vendue comme bien national. Elle est alors achetée par le maçon Gaspard Isoard, le 4 thermidor an IV (22 juillet 1796), en vue de la récupération des pierres. Toutefois, Isoard ne pouvant payer, la chapelle est remise en vente. Et elle ne trouve pas preneur. Elle devient alors propriété municipale (ce qu'elle est toujours aujourd'hui). Réouverte en 1803 en tant que succursale, elle perdra ce titre en 1808, et dépendra de Notre-Dame du Mont. Elle traverse alors une période difficile du point de vue financier, et il faudra attendre une ordonnance de Louis-Philippe, le 29 juin 1841, pour qu'elle retrouve son titre et des finances supplémentaires. L'édification par Monseigneur de Mazenod et le curé Chataud d'une nouvelle église au boulevard Saint-Jean en 1850 marque la fin de l'utilisation cultuelle de la chapelle. Jusqu'en 1881, elle est donc occupé par deux classes de l'école communale de garçons tenues par les Frères, mais les lieux étant peu adaptés à cet usage, la construction d'un nouveau groupe scolaire sur place est décidé et la destruction de l'édifice est envisagé. Toutefois, l'achat d'un terrain mieux adapté au boulevard de la Barnière sauve encore une fois la chapelle qui devient un poste de police. Puis elle sera louée à des particuliers, son premier locataire étant en 1910 M. Altman, fabricant de peintures, et son dernier locataire, un revendeur de pièces détachées pour électroménager. Actuellement, sa démolition est prévue dans le plan de rénovation du quartier mais des associations se battent pour la conserver en vue de sa réhabilitation, à suivre donc...

Pour le reste, ce hameau était placé au croisement du chemin conduisant à la Pomme avec celui amenant à un ancien moulin établi sur le béal (bief, sorte de petit canal) de l'Huveaune. L'implantation humaine, tout au moins funéraire, y est très ancienne : des fouilles conduites en 1974 par G. Bertucchi ont révélé trois tombes, des ossements et des fragments de poteries datant du 2 ou 3ème siècle après JC. Autrefois appelé le Canissat, du fait de son implantation en zone marécageuse, le terroir s'est couvert de vastes domaines agricoles sur lesquels au gré des mutations, se sont installées dans la deuxième moitié du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, des industries plus ou moins polluantes. Les plus anciennes industries de la Capelette sont représentées par les moulins actionnés par les béals de l'Huveaune dont le moulin de Cabane : Mitoyen de la propriété de Saint-Jacques, le moulin de Cabane était au début du 17ème siècle possédé par Melchior Monnier, écuyer. Il devra le céder à trois créanciers, Claude Dantoine, conseiller du roi à la Cour des Comptes, Jean Gardane, procureur au siège de la ville de Marseile, et Antoine de Riquetti, sieur de Négreaux. Le 7 août 1642, en présence du prieur François de Valbelle, nos trois illustres propriétaires vendent leur bien au chapitre de Saint-Victor. Ce moulin est loué en 1646 à Jean Rincurel, en 1708 à Jean Beaudin, puis sous-loué en 1709 à Joseph Père pour la somme annuelle de 1025 livres. Son fils Jean lui succédera de 1726 à 1734, date à laquelle Jean-Baptiste Bouze en deviendra le meunier, remplacé ensuite par sa veuve Thérèse Caste. A la révolution, il est vendu comme bien national et racheté par la veuve pour la somme de 57 500 livres. Le partage de ses biens, en l'an III, l'attribuera à son fils Jean-Joseph Bouze. Suite à une expropriation en 1814, il passera à Pancrace Rougemont, puis à M. Michel et aux frères Barre, avant de changer d'affectation.

Le quartier d'autrefois était aussi réputé pour certaines de ses belles bastides construites par de riches Marseillais comme entre autres :

  • La barnière (seul domaine à posséder une belle maison de maître, on y accédait par l'avenue de la Capelette et au nord, par le chemin de l'hôpital qui est aujourd'hui le boulevard Mireille Lauze) : au départ, la propriété appartenait à Antoine Balthazar Jarente, qui l'avait eu en dot en 1740, quelques événements se rattachent à la Barnière :
  • le passage en 1807 de la princesse Pauline Borghèse,
  • le banquet de 525 couverts fêtant la réélection du député Berryer en 1846,
  • les premières courses hippiques marseillaises en 1860,
  • et l'installation des soeurs de Saint Joseph de l'Apparition en 1863.

La mémoire de ce lieu se maintiendra ainsi jusqu'à la vente de la Barnière en 1972 à l'assistance publique, suivie de la démolition des bâtiments pour la réalisation d'un hôpital psychiatrique, d'une école d'infirmière, de logements et d'un square.

  • La propriété Rabateau (située au Nord du Grand Chemin de Toulon, elle se prolongeait jusqu'à l'actuelle avenue de la Timone) : Initialement dans les biens de Jeanine Rosalie Borély, elle passa, après quelques mutations, à Joseph Sape, ancien boulanger du roi d'Espagne Charles IV, assigné à résidence à Marseille en 1808 par Napoléon. Acquise en 1817 par Antoine Blanc, celui-ci bâtit en 1825 une nouvelle maison de maître à deux étages sur rez-de-chaussée, dont le corps central, précédé d'une terrasse, s'ouvrait par une vaste porte fenêtre, flanquée de part et d'autre de deux colonnes supportant le balcon du premier étage. Le balconnet du second était surmonté d'un fronton armorié. Les ailes ne comportaient qu'une fenêtre à chaque étage.

Passée à la fille adoptive d'Antoine Blanc, elle deviendra la propriété Rabatau, après l'union de cette demoiselle avec Augustin Rabatau, futur maire de Marseille. Il y mourra le 27 octobre 1875. Madame Rabatau ayant fait un testament en faveur de Jules de Savignac, lui et sa descendance occuperont la propriété de 1886 à 1970, après quoi elle sera rasée pour permettre la construction de la bretelle autoroutière. Les anciennes écuries sont toujours visibles dans la rue Gabriel-Marie.

  • La Goujonne (seule bastide du quartier à avoir possédé une "tèse" pour la capture des oiseaux, elle a été cindée par le passage de la voie ferrée conduisant conduisant à la gare du Prado, la petite portion restante de 2,3 hectares fut achetée par la compagnie des Mines de la Grand-Combe puis cédée en 1932, au prix de 1 100 000 francs à l'Office Public d'Habitations à bon marché, Gaston Castel y édifiera le groupe Pierre Renard, achevé en 1938) ;
  • La propriété de Saint-Jacques :

Située au sud de l'avenue de la Capelette et s'étendant jusqu'à l'Huveaune, ce domaine de 14 hectares s'ouvrait au niveau de l'actuelle traverse du Portugal, mais aussi sur le chemin allant au boulevard Lazer. Il comprenait trois logements, celui du fermier, celui du paysan et la maison de maître située au midi, élevée de deux étages sur rez-de-chaussée et précédée d'une allée de platanes. Chacun des étages était perçé de quatre fenêtres, celles du second en oeil-de-boeuf. Les terres incluaient un jardin potager, des prairies, une pépinière, des vignes, oliviers et autres arbres fruitiers. Appartenant de longue date à la famille de Saint-Jacques, la bastide vit se succéder Louis de Saint-Jacques (époux en 1676 de Louise Grimaud), Guillaume, Pierre-Louis (marié à Catherine Achy), Joseph-Louis de Saint-Jacques dit "le Général" qui eut deux enfants : Pierre-Louis et Rose Sophie, épouse d'Albert des Essarts. Voulant préserver les intérêts de ses quatre enfants, celle-ci fit vendre le domaine en 1816 par expropriation forcée. Le nouvel acheteur fut M. Ollive pour le prix de 88 350 francs. Sa veuve née Archias lotira progressivement la propriété.

  • La propriété Magy :

Les Magy possédaient une vaste propriété dont l'entrée principale se situait face à l'ancienne chapelle. Cette bastide qui longeait les rives du Jarret est toujours visible entre les bretelles de l'autoroute mais méconnaissable du fait de sa transformation en bureaux. Après la mort de Pierre Timon-David sous la révolution, sa veuve née Magy, fera l'acquisition du domaine par rachat de la part de ses frères en 1807. C'est sur ces terres qu'on prolongera le boulevard Rabatau et qu'évoluera, lors de ses passages à Marseille, la troupe de Buffalo Bill.

  • Rocolive :

Cette propriété s'étendait sur plus de 9 hectares entre le boulevard Mireille Lauze et l'avenue de la Timone. On pouvait y voir un grand logement de maître de deux étages sur rez-de-chaussée très richement meublé avec du mobilier en acajou, des miroirs, des pendules, des candélabres et des lampes à pied. Le domaine possédait une chapelle, une ferme et ses dépendances, plusieurs puits, une citerne, un poste de chasse, des terres labourables et des vignes. Antoine Romain Nicolas Hains la tenait de quatre acquisitions successives faites entre 1821 et 1825, de Louis Clément et de Basile Alphonse Timon-David, puis du négociant Hilarion Amat, de Pierre Joachim Roubaud, un ancien raffineur de sucre, et enfin du confiseur Auguste Santi. Vendue en 1842, c'est Christophe Louis Pécoul qui en devint le propriétaire. Puis en 1847, elle passe au négociant Roch Olive, puis en 1880, à Marius Roch Olive, chanoine et vicaire général, qui fait un testament en faveur de sa cousine Thérèse Olive. Devenue par la suite propriété militaire, la bastide est longtemps squattée avant d'être démolie en 1960. Sur son emplacement seront construits l'autoroute, une cité d'habitation, une gendarmerie, un groupe scolaire et un commissariat de police.

Entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, les domaines ruraux disparaissent au profit d'exploitation industrielles nouvelles. Tout y concourt :

  • l'élargissement de l'avenue en 1846, la création de nouvelles artères comme les boulevards Saint-Jean, des Vignes et Benjamin Delessert,
  • la desserte par les transports en commun,
  • la mise en service dès 1872 de la gare du Prado grâce à une voie ferrée partant de la gare de la Blancarde et traversant le village par une série d'arches.

Il se produit alors une explosion démographique et une importante immigration italienne, dont Robert Ripa, chanteur et auteur du livre "Les étrangers des maisons basses" en 1977 est un des illustres représentants. Un bouleversement s'ensuit :

  • la construction d'immeubles comme ceux de l'avenue Benjamin Delessert, financés par la Caisse d'Epargne, et qui sont pour l'époque, un exemple de modernité,
  • l'édification en 1850 de la nouvelle église sur la propriété Olive,
  • la création d'une multitude de petits commerces et d'ateliers d'artisans sur la voie principale,
  • l'ouverture d'un groupe scolaire en 1882 entre la rue Laugier et le boulevard de la Barnière.
  • suivent l'installation d'un bureau de police et d'une poste au n°94-96 de l'avenue.
  • et on assiste aussi au déplacement de la ligne d'octroi qui, de Castellane, est reportée juste après le pont du Jarret.

Les débuts des diverses industries : Dès 1840, les frères Roure installent sur leur propriété, entre le Grand chemin de Toulon et le chemin de la Pomme, une fabrique de chandelles de suif. En 1846, s'ouvre à l'emplacement de la faculté de pharmacie, la verrerie Duqueylar, destinée surtout à la fabrication de bouteilles. Elle attire de nombreux ouvriers originaires des régions de l'Est de la France mais se déplace ensuite à Saint-Marcel. En 1900, sur les terrains de la Barnière, ceux qui n'ont pas été acquis par les religieuses en tout cas, c'est à dire au boulevard des Vignes, est créée la "Société des Filatures et Tissages de Marseille" dirigée par M. Grawitz, pour la fabrication des sacs de marchandises. A sa fermeture, les peintures Dufour occuperont les locaux un certain temps. Au début du 20ème siècle, il existe trois filatures de soie :

  • Pariente à la rue Saint-Esprit alias Alfred Curtel,
  • la Marseillaise au 98 boulevard Saint-Jean,
  • et Madame E. Garnier au 7 traverse du Portugal.

Elles emploient un personnel nombreux, dont une cinquantaine de jeunes filles venues d'Italie, logées et nourries sur place. Leur dur travail consiste à ramollir les cocons dans de l'eau très chaude qui dissout la matière agglutinant les fils, déroulés ensuite sur des dévidoirs mécaniques. La consommation de cocons pour une journée de travail est de 180 kilos environ, donnant 50 kilos de soie grège. Des trois filatures, celle de Madame Garnier est la plus réputée, employant jusqu'à 500 ouvrières. C'est là que s'installeront par la suite les "Bacs Riviera". Les huileries : Rachetée à Félix Eydoux, l'huilerie Verminck, rue Saint-Esprit (alias Alfred Curtel), à l'originalité de créer sur place une production de sulfure de carbone destinée à son utilisation exclusive, réduisant ainsi les coûts de production et les dangers de manipulation. L'huilerie Tarrazi s'ouvre en 1915 au 84 avenue de la Capelette. S'y ajoute en 1917 une savonnerie destinée à l'utilisation des pâtes à savon provenant de l'épuration de l'huile. Elle sera absorbée en 1928 par "l'huilerie nouvelle". De taille plus modeste et bâtie sur une ancienne fabrique de charbon aggloméré, on retrouve au 56 boulevard Saint-Jean, l'huilerie Ronchetti et compagnie. L'huilerie Roberty s'installe en 1910 entre la traverse du Moulin, la traverse du Panthéon et la voie du chemin de fer du Prado. D'une production annuelle de 300 tonnes, elle est ainsi directement reliée à la voie ferrée. Une fois entrée dans le groupe UNIPOL, elle ne fabriquera plus que de l'huile de lin avant d'être délocalisé à Vitrolles dans les années 1985. La "raffinerie moderne des huiles d'olive" installée au 8 boulevard de la Capelette, devenue ensuite "Sigg et Compagnie", disparaitra à son tour. A l'agro-alimentaire se rattachent aussi les "Dattes Lavagime", à la main d'oeuvre saisonnière, surtout féminine et les entrepôts Gancia. Les usines de soufre : Remarquables par leurs hautes cheminées de brique et les monceaux jaunes abrités sous leurs hangars, les usines de soufre s'installent le long du boulevard Saint-Jean jusqu'à la traverse du Saint-Esprit. La première est créée en 1857 par Constant Bellier, puis agrandie en 1864, malgré les vives protestations des habitants, dont M. Rabatau. Elle passa ensuite à Jean Vézian, qui céda en 1898 une partie de son terrain à Adolphe Goin pour l'installation d'une autre raffinerie, la première devenant les "Raffineries de Soufre Réunies". La métallurgie se signale ensuite par son ampleur. Le moulin de Cabane au 74 rue Alfred Curtel, est transformé en tréfilerie du nom de Lavielle et compagnie, désaffectée des 1950. Eugène Baudoin demande en janvier 1900 l'autorisation de déplacer sa fonderie de l'avenue Wulfran Puget au 82-84 boulevard Rabatau. A noter que Baudoin est le fondeur de très nombreuses cloches marseillaises, dont les quatre de l'église Saint-Laurent de la Capelette. Les "Fonderies et Aciéries du Midi" s'installent en 1900 au boulevard des vignes, sur les terres restées libres de la Barnière. Les "Aciéries du Nord" (ADN), spécialisées dans la réparation des wagons et locomotives, naissent à la fin de la première guerre mondiale à l'initiative de Bruno Roberty qui, ne pouvant livrer sa production faute de moyens de transport, adjoint à son huilerie un atelier mécanique de réparation de wagons. En 1920, une société distincte de l'huilerie est créée sous le nom de "chantiers et ateliers de la Capelette". Les ADN entrent dans son capital et l'absorbent en 1925. Amédée Armand déjà investi dans les entreprises minières, étend ses affaires à la métallurgie : à partir de 1846, son usine axe sa production sur les tubes pour chaudières. En 1853, les "Forges de la Capelette" sont absorbées dans la "société des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Dès les années 1850, s'installent à côté les "Forges des Frères Marrel" qui exploitaient déjà une entreprise à Rive-de-Gier. Du fait de leurs liens avec les "Messageries Impériales", ils fondent à Marseille une usine jumelle de celle de la Loire. En 1861, l'établissement compte près de 100 ouvriers. Situés de part et d'autre du boulevard Bonnefoy, les ateliers du P.L.M. dits Ateliers du Prado, reçoivent les wagons par une voie ferrée issue de la ligne du Prado et enjambant le boulevard. Un chariot transbordeur les conduit alors sur les postes de travail. Enfin, on ne peut pas oublier pour son originalité, la maison Camoin, la plus ancienne fabrique de carte à jouer de Marseille. Située à l'origine au 8 rue d'Aubagne, c'est Antoine Camoin qui en 1888, lui donne son nom actuel et transporte sa fabrique chemin de la Pomme, à la Capelette. Et certains bâtiments ont toutefois retrouvé une activité économique comme l'atelier d'ébénisterie Méli-Mélo situé au 268 avenue de la Capelette et qui est un atelier d'ébénisterie, de mosaïques et de décoration enfantine. Il est situé au 1er étange d'une ancienne minoterie et le bâtiment a conservé de magnifiques poutres, et des planchers et charpentes du 19ème siècle. Cette minoterie et son moulin de Saint-Bernard furent créés au début des années 1800 par des moines. Elle fut rachetée en avril 1884 par Monsieur Rémusat. La minoterie est restée en activité jusqu'en 1970, date à laquelle elle a été transformée en zone d'activités. Dans la cour intérieure, on peut admirer un morceau d'une passerelle d'origine. Mais dans l'ensemble, il s'agit aujourd'hui d'une friche industrielle en cours de transformation.

Aujourd'hui, ce quartier retrouve un peu d'engouement de la part des marseillais. Ainsi, après la création du Parc du 26ème Centenaire et du programme CAP Est (création de logements), la municipalité poursuit ses actions pour la réhabilitation du quartier avec la construction du Palais de la Glace et de la Glisse, pôle sportif unique en Europe, dans le but de faire d'anciennes friches industrielles un vrai noyau de vie.

Il semblerait donc que ce soit un quartier en pleine mutation... A suivre de près.

GPS (Lat N/Long E) : 43.280517 / 5.408192
13010 Marseille


Texte : Coco / Photos :