marseille forum, wiki city guide et forum de discussions des marseillais
 
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
04 Décembre 2008 à 02:03:01

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
1 Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: L’Anthropocène  (Lu 342 fois)
Coco
Modératrice basarette
**********
Messages: 15677


le: 16 Janvier 2008 à 14:41:49

Ouf, voici un sujet d’actualité qui va nous faire un peu réfléchir sur l’Humanité !

Déjà, situons par un petit historique étymologique : pour désigner les 10 000 dernières années, le Congrès international de géologie a adopté, en 1885, le terme holocène, soit une ère entièrement nouvelle, cette période correspondant au passage d’une société de chasseurs-cueilleurs à l’avènement de l’agriculture.

Alors, pour se calquer sur l’évolution, en 2000, le Nobel de chimie Paul Crutzen a estimé que le néologisme anthropocène était plus adéquat pour décrire les deux derniers siècles écoulés, où l’homme est devenu un force géophysique capable de transformer profondément la Nature.

Cet âge a débuté autour de 1800, avec l’avènement de la société industrielle, caractérisé par l’utilisation massive des hydrocarbures.
Depuis cette période, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone produit par leur combustion n’a cessé d’augmenter et l’accumulation de ce gaz à effet de serre contribue au réchauffement de la planète, c’est bien connu.

Alors, pour en savoir plus, dans le numéro de décembre de la revue Ambio, Paul Crutzen cosigne avec Will Steffen, spécialiste de l’environnement à l’université nationale australienne de Canberra, et John McNeill, professeur d’histoire à la School of Foreign Service à Washington, un article intitulé "L’anthropocène : les humains sont-ils en train de submerger les grandes forces de la nature ?"

Après avoir modifié, ces dernières cinquante années, son environnement comme jamais auparavant cela n'avait été fait, en perturbant la machinerie climatique et en détériorant l’équilibre de la biosphère, l’espèce humaine, devenue une « force géophysique planétaire », doit maintenant agir très vite pour limiter les dégâts.

D’après ces auteurs, face à cet état des lieux inquiétant, trois possibilités s’offrent à l’humanité pour faire face à la phase III de l’anthropocène (à partir de 2015 et au-delà).
- La première (« business as usual ») consiste à ne rien changer à nos habitudes, en espérant que l’adaptabilité humaine et l’économie de marché permettront de faire face aux chamboulements environnementaux mais cette orientation comporte « des risques considérables », car il sera peut-être trop tard lorsqu’on se décidera à prendre les mesures adéquates.
- La seconde option (« mitigation ») vise à atténuer considérablement l’influence humaine sur la Terre par une meilleure gestion de l’environnement. Cela implique l’utilisation de nouvelles technologies, une gestion plus sage des ressources terrestres, un contrôle des populations humaines et une remise en état des zones dégradées, ce qui ne peut se faire sans « des changements importants dans les comportements individuels et les valeurs sociales ». Mais ces tendances vers moins de matérialisme « seront-elles assez fortes pour déclencher la transition de notre société vers un développement durable ? », s’interrogent les scientifiques.
- Si cela n’est pas possible, et si le réchauffement climatique est trop brutal, reste alors la troisième option consistant à mettre en oeuvre la géo-ingénierie climatique. Mais ce choix implique de très puissantes manipulations de l’environnement à l’échelle mondiale, destinées à contrebalancer l’impact des activités humaines : déjà, on pense à séquestrer le gaz carbonique dans des réservoirs souterrains et on peut aussi envisager de répandre des particules de sulfates dans la stratosphère pour réfléchir la lumière solaire vers l’espace, ce qui diminuera les taux de CO2 de l’atmosphère et refroidira les températures, mais il faudra agir de telle sorte que cela ne se traduise pas par un nouvel âge glaciaire, qu’on ne pourrait contrecarrer qu’en ajoutant de nouveau du gaz carbonique dans l’atmosphère…
Pfffttt… de drôles d’expériences qui ne peuvent naître que chez des chimistes, çà !
Conclusion : Le remède pourrait être pire que le mal.
Et à ce moment-là, nous ne connaissons pas les résultats et à force de jouer aux apprentis sorciers, cela engendrera automatiquement une quatrième solution que les chercheurs ne citent pas mais nous laisse à deviner : la régulation par la Nature elle-même en supprimant tout simplement l’Humain de la Planête !
A méditer, non ?


Sources : un article paru dans le journal "Le Monde" du 9 janvier 2008

S'inventer une cause à sa mesure et la défendre hautement... quitte à en mourir mais gaiement !!! (Jean RASPAIL)
gaerlyn
Longo mai !
*****
Messages: 1589


le Rêve Canadien

WWW
#1 le: 16 Janvier 2008 à 14:46:27

Ouf, voici un sujet d’actualité qui va nous faire un peu réfléchir sur l’Humanité !

Déjà, situons par un petit historique étymologique : pour désigner les 10 000 dernières années, le Congrès international de géologie a adopté, en 1885, le terme holocène, soit une ère entièrement nouvelle, cette période correspondant au passage d’une société de chasseurs-cueilleurs à l’avènement de l’agriculture.

Alors, pour se calquer sur l’évolution, en 2000, le Nobel de chimie Paul Crutzen a estimé que le néologisme anthropocène était plus adéquat pour décrire les deux derniers siècles écoulés, où l’homme est devenu un force géophysique capable de transformer profondément la Nature.

Cet âge a débuté autour de 1800, avec l’avènement de la société industrielle, caractérisé par l’utilisation massive des hydrocarbures.
Depuis cette période, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone produit par leur combustion n’a cessé d’augmenter et l’accumulation de ce gaz à effet de serre contribue au réchauffement de la planète, c’est bien connu.

Alors, pour en savoir plus, dans le numéro de décembre de la revue Ambio, Paul Crutzen cosigne avec Will Steffen, spécialiste de l’environnement à l’université nationale australienne de Canberra, et John McNeill, professeur d’histoire à la School of Foreign Service à Washington, un article intitulé "L’anthropocène : les humains sont-ils en train de submerger les grandes forces de la nature ?"

Après avoir modifié, ces dernières cinquante années, son environnement comme jamais auparavant cela n'avait été fait, en perturbant la machinerie climatique et en détériorant l’équilibre de la biosphère, l’espèce humaine, devenue une « force géophysique planétaire », doit maintenant agir très vite pour limiter les dégâts.

D’après ces auteurs, face à cet état des lieux inquiétant, trois possibilités s’offrent à l’humanité pour faire face à la phase III de l’anthropocène (à partir de 2015 et au-delà).
- La première (« business as usual ») consiste à ne rien changer à nos habitudes, en espérant que l’adaptabilité humaine et l’économie de marché permettront de faire face aux chamboulements environnementaux mais cette orientation comporte « des risques considérables », car il sera peut-être trop tard lorsqu’on se décidera à prendre les mesures adéquates.
- La seconde option (« mitigation ») vise à atténuer considérablement l’influence humaine sur la Terre par une meilleure gestion de l’environnement. Cela implique l’utilisation de nouvelles technologies, une gestion plus sage des ressources terrestres, un contrôle des populations humaines et une remise en état des zones dégradées, ce qui ne peut se faire sans « des changements importants dans les comportements individuels et les valeurs sociales ». Mais ces tendances vers moins de matérialisme « seront-elles assez fortes pour déclencher la transition de notre société vers un développement durable ? », s’interrogent les scientifiques.
- Si cela n’est pas possible, et si le réchauffement climatique est trop brutal, reste alors la troisième option consistant à mettre en oeuvre la géo-ingénierie climatique. Mais ce choix implique de très puissantes manipulations de l’environnement à l’échelle mondiale, destinées à contrebalancer l’impact des activités humaines : déjà, on pense à séquestrer le gaz carbonique dans des réservoirs souterrains et on peut aussi envisager de répandre des particules de sulfates dans la stratosphère pour réfléchir la lumière solaire vers l’espace, ce qui diminuera les taux de CO2 de l’atmosphère et refroidira les températures, mais il faudra agir de telle sorte que cela ne se traduise pas par un nouvel âge glaciaire, qu’on ne pourrait contrecarrer qu’en ajoutant de nouveau du gaz carbonique dans l’atmosphère…
Pfffttt… de drôles d’expériences qui ne peuvent naître que chez des chimistes, çà !
Conclusion : Le remède pourrait être pire que le mal.
Et à ce moment-là, nous ne connaissons pas les résultats et à force de jouer aux apprentis sorciers, cela engendrera automatiquement une quatrième solution que les chercheurs ne citent pas mais nous laisse à deviner : la régulation par la Nature elle-même en supprimant tout simplement l’Humain de la Planête !
A méditer, non ?


Sources : un article paru dans le journal "Le Monde" du 9 janvier 2008


a non non non c pas des chimistes... des biologistes, des physiciens, des astrophysiciens
en chimie on fais pas du tout ca!!!!!      

quand on veut, on peut
mais des fois, je dois pas vouloir assez!!!
Coco
Modératrice basarette
**********
Messages: 15677


#2 le: 16 Janvier 2008 à 15:34:20

Think
Ben, j'avais cru puisque c'est Paul Crutzen qui le soumet et que c'est le Nobel de chimie !
 

S'inventer une cause à sa mesure et la défendre hautement... quitte à en mourir mais gaiement !!! (Jean RASPAIL)
gaerlyn
Longo mai !
*****
Messages: 1589


le Rêve Canadien

WWW
#3 le: 16 Janvier 2008 à 15:46:12

Think
Ben, j'avais cru puisque c'est Paul Crutzen qui le soumet et que c'est le Nobel de chimie !
 


lol c t pour te taquiner   , y'a que pas que des chimiste je pense autour de ce projet.
scientifiques me parait un mot plus jusdicieux lol

quand on veut, on peut
mais des fois, je dois pas vouloir assez!!!
Charito
Fada(de) du forum
*******
Messages: 4731


#4 le: 16 Janvier 2008 à 16:08:02

Nous vivons une époque formidable  Mr. Green

J'opterais plutôt pour la troisième possibilité : les hommes n'ont jamais hésité à jouer au savant fou, les drôles d'expérience ne les arrêtent pas.

Ou alors, la première. Mais la sagesse de la deuxième me paraît hors de portée des habitudes qui ont été prises.

Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…

Victor Hugo
Le Cancre
Longo mai !
*****
Messages: 1481


Comprend que les bêtes pas les hommes

#5 le: 16 Janvier 2008 à 16:09:43

Complément d'information sur: La Recherche, Objectif Terre 2050, 01/2008
de large extrait chez Jean Zin.
HiHan


Vivement la fin...http://www.terre.tv/
Louis David
Eric
Figure du forum
******
Messages: 2204


#6 le: 22 Janvier 2008 à 12:42:12

Alors, pour se calquer sur l’évolution, en 2000, le Nobel de chimie Paul Crutzen a estimé que le néologisme anthropocène était plus adéquat pour décrire les deux derniers siècles écoulés, où l’homme est devenu un force géophysique capable de transformer profondément la Nature.

C'est vrai qu'au cours des derniers siècles, l'agriculture et l'urbanisation ont transformé le visage de la terre. Sans parler des forêts primaires qui ont quasiment entièrement disparues et laissées place à la désertification. Des mesures ont démontré que dans l'espace de moins de trente ans, la capacité des océans de stocker les CO2 a diminué de 50%. Dans le cadre de l'année polaire, l'épaisseur de la calotte polaire va être mesuré pour la première fois (certains supposent que si elle diminue à certains endroits, elle augmente ailleurs). Tout ça pour dire que les scientifiques en sont encore au stade de la collecte de données réelles pour pouvoir alimenter leurs modèles.
« Dernière édition: 22 Janvier 2008 à 12:45:58 par Eric »
Coco
Modératrice basarette
**********
Messages: 15677


#7 le: 22 Janvier 2008 à 13:18:43

C'est vrai que les scientifiques en sont encore au stade de la collecte de données réelles comme tu le dis et on ne connait pas encore tous les effets...
C'est peut-être encore pire que ce qu'on croit !

S'inventer une cause à sa mesure et la défendre hautement... quitte à en mourir mais gaiement !!! (Jean RASPAIL)
Eric
Figure du forum
******
Messages: 2204


#8 le: 22 Janvier 2008 à 16:16:39

C'est peut-être encore pire que ce qu'on croit ![/color]

Le climat ou la bêtise humaine ? Si on s'installe dans des zones qui se touvent au-dessous du niveau de mer, comme aux Pays-Bas ou au Bengladesh, ou si on néglige l'entretien des barrages, comme en Louisiane, il ne faut pas s'étonner des catastrophes ! D'ailleurs, sans changement climatique, peut-être qu'il n'y aurait pas l'homme : S'il est décendu des arbres, a traversé la savanne pour se disperser dans le monde entier, ce n'est pas par pure curiosité, mais parce-qu'il n'avait pas le choix. C'était sa façon de s'adapter aux changements climatiques ! C'est du moins ce qui ressort du film "L'odyssée de l'espèce", et ça me parait plausible comme théorie...

Quoi qu'il en soit, on devrait retirer le prix Nobel à ce savant fou qui croit que le contrôle du climat est de son ressort ! Si ça se trouve, l'homme n'a pas la moindre influence et c'est le climat qui façonne l'homme et non l'inverse  Shame on you
« Dernière édition: 22 Janvier 2008 à 17:03:56 par Eric »
1 Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à: