Voilà, la phrase est corrigée !
En fait, dans mon histoire, c'est un curé qui fait la messe et tout en distribuant les osties aux femmes et aux enfants, il dit aux hommes qui se planquent au fond de l'église :
- attendez vous autres, on va faire une partie de pétanque !
Voici le conte, version française, Sourire !
Le croquemitaine :
Lorsque j'étais enfant, j'aimais mieux grimper aux arbres que jouer à la poupée. La poupée, j'y jouais certes, je la berçais mais à l'heure du crépuscule, assise sur la chaise basse que mon grand père avait menuisée pourmoi, ou la nuit lorsque j'allais au lit.
Mais le jour, je préférais me promener à travers la campagne autour de notre bastide ; c'est là qu'il se passait des choses extraordinaires pour une gamine de cinq ans.
L'été j'attrapais des cigales qui me faisaient pipi au nez en s'envolant. Je cherchais des grillons dans le pré, il fallait leur chatouiller le dos avec une tige sèche pour les faire sortir de leur cachette, ce n'était pas facile ; parfois j'en emprisonnais un dans ma cage ; comme il était joli annelé d'or, comme il chantait bien suspendu à l'espagnolette et rompant les oreilles à tous nos voisins.
Ce qui me plaisait par dessus tout, c'était de grimper sur le prunier ou sur le figuier, car ma grand-mère m'avait dit :
- tiens, voici un quignon de pain, va dehors, tu m'ennuies à tourner dans la cuisine comme un taon.
Je sortais, je goûtais une figue ou du raisin, je m'éloignais dans les vignes, et hop j'arrivais devans le puits. Aï, le puits ! Il ne fallait pas s'y mirer dedans, car il y avait le croquemitaine tapi au fond.
Sur mes pieds, je m'approchais en douce, je me dressais, je saisissais le seau, balalin, balalan, il rebondissait contre les pierres et se décrochait. Je m'enfuyais en braillant comme un âne, car il me semblait avoir une douzaine de croquemitaines à mes trousses.
Mon grand-père, alarmé disait :
- il faut que je fasse peur à cette petite, un jour ou l'autre elle se noiera !
Un après-midi que je faisais la sieste, à la saison des moissons ou des foins, quand le ciel se met en colère et qu'il tonne fort, il entra dans ma chambrette, encapuchonné, tenant ses mains comme celles d'un diable. Il vint à deux pas de mon lit en ricanant : "voici le croquemitaine, voici le croquemitaine qui vient te chercher pour te noyer dans le puits"
Sur le moment j'eus peur et mon coeur trembla. PUis je m'aperçus que le croquemitaine avait la barbe frisée de mon grand père et que son capuchon, je l'avais déjà vu suspendu dans la remise, mon grand-père le mettait lorsqu'il pleuvait à l'époque des vendanges.
Je ne dis mot, mais je ne retournai plus au puits, allez savoir, le croquemitaine et mon grand père auraient pu être compères.
Voilà ! Ca doit rappeler de beaux souvenirs à plus d'un ! En tout cas, ceux qui ont connu, vécu à la campagne !
En Provençal :
Quouro ère pichouneto, m'agravado forço mai d'escala is aubre que de jouga à la titè. Si, la titè, la bressave au calubrun, assetado sus la cadiero basso que moun grand m'aviè fusteja, vo, la nue quouro anave au lié.
Mai, de jour, me fasié gau de landa dins l'incountrado de nosto bastido : es aqui que i'avié de causo espetaclouso pèr uno drolo de cinq an !
D'estiéu, agantave de cigalo que m'escampavon d'aigo au nas en s'enanant dins lou cèu. Cercave de grihet dins lou prat : falié ié faire lou coutigo sus l'esquino em'uno buscaio, pèr li faire sourti de soun escoundiho, èro mal eisa. De cop que l'i a, n'embarrave un dins ma pichoto gabi : coum'èro poulidet à l'èstro, que roumpié lou cuou à touti li vesin.
Subretout, ço que m'agradavo, èro d'escala la pruniero o la figuiero que ma grand me disié :
- tè, vaqui un cantèu de pan, vai deforo que vires cou'un tavan dins la cousino.
Anave deforo, tastave quauco figo vo de rasin, m'alunchave dins lou plantié, e zou, arribave davans lou pous.
Ai lou pous. Falié pas se ié miraia dedins, que i'avié la garamaudo au trefouns.
Sus mi petoun, veniéu de garapachoun, me aussave, agantave lou ferrat, balalin, balalan, reboumbelavo contro li pèiro et negave lou pouire. M'escapave en bramant coum'un ai, que cresiéu d'agué uno dougeno de garamaudo darrié iéu.
Moun grand èro escaufestra, disié "fau que fague pou àn'aquelo drolo, qu'un jour vo l'autre se negara"
Un vèspre que fasiéu une chaumo et que trounavo coumo lou cèu saup s'encagna au tèms di fen o di meissoun, intrè dins ma chambretto, encapouchouna, tenènt li man crouchudo coum'un diable ; me vèn à dous pan en richounejant :
- vaqui la garamaudo, vaqui la garamaudo, vèn te querre pèr te nega dins lou pous !
Subran aguère pou e moun baticor tremoulavo.Pièi, m'avisère que la garamaudo avié lou barbet frisouleja de moun grand et qu'aquéu capouchoun l'aviéu vist pendoula dins la remiso, moun grand lou métié quouro plouvié pèr lis endùmi.
Diguère rèn, mai tournère plus au pous : de cop que l'i a, que la garamaudo e moun grand siguèsson coumpaire.
Fin
Je vous l'avoue, je n'ai pas relu le conte en provençal et peut-être (certainement) y-a-t-il des fautes !