
et voilà : encore un touché par la baguette de la fée MARSEILLE !!!!

attention, il n'y a pas de médicament, tu es désormais condanné à descendre !

le complément sur la vie de tout les jours que tu sollicite ? je ne peux te le donner car né ici, les jours coulent pour moi depuis trop longtemps bercés par les cigales et baignés de soleil. Ce n'est que du quoticien pour moi que de prendre la corniche chaque matin en moto en chantant à tue-tête "tout autour de la corniche" à en faire surssauter les caisseux. Ce n'est que du quotidien pour moi de saluer tout les matins la bonne mere et le vieux port qui scintille entre les bateaux. du quotidien de rire environ trois heures par jours (si, si

), en blaguant et galéjeant même dans un cadre professionnel très sérieux. que du quotidien en bleu blanc rires !!!!!!

tu remarqueras que je n'ai employé comme mot que "quotidien" et jamais banal ou commun !

pour toi le texte classique de fortuné CADET qui même datant de fin 1800 en est criant de vérité que nous reprenons d'ailleurs dans notre opérette de joyeux lurrons en travaux
Ce que c’est que d’être Marseillais ?
Mais, d’être Marseillais - ô bonheur sans égal !
C'est naître en plein soleil, par un coup de mistral
Dans la plus belle ville et sans y prendre garde,
Voir, en ouvrant les yeux, la Vierge de la Garde !
Que l'on soit du Canet ou de la Porte d'Aïx,
C'est grandir en tétant un quignon frotté d'ail ;
C'est aimer son quartier où, niston on fourmille
En jouant à la raie, à morpion, aux billes ;
C'est tailler son école ; aller en tourbillon
Chouner aux Catalans ; faire le bataillon ;
C'est marcher dans la rue plus fier qu'un santibelli
Et montrer aux passants un vaste chichibelli ;
C'est, lorsque l'on devient, un jeune, un peu plus tard ;
Être un type à la coule et aller au pétard ;
C'est aimer simplement nos petites nistonnes
Avec leurs yeux de braise et leurs airs de madones ;
Mangea tres soou de muscle en passant sur le Quai ;
Avoir du bon pastis dans sa piaule planqué,
Dégotter une rague où le roucaou y pite ;
Avoir des moures ou deux, des piades qui s'agitent ;
Savoir faire avec art un aïoli puissant,
Une rouille, un coulis, surtout, avoir l'assent !
C'est la mer, la jetée et notre Canebière ;
Ha, on a beau la chiner mais elle est là, très fière,
Elle commence au Cours pour finir à Pékin.
Et le ciel le plus bleu lui sert de baldaquin !
Ah ! vous pouvez blaguer les gens de la Provence,
Mais notre langue est de race monsieur, elle tient de la France ;
Si l'on met pas les points sur les i en parlant,
Hé ben nous les mettons ailleurs hein quand on est insolent.
«Té mon bon !» «quès aco ?» sont des mots hors d'usage ;
Le Marseillais, peut-être, est simple en son langage,
Mais il est naturel, sincère, honnête et franc
Et ne dit jamais noir quand il a pensé blanc !
C'est accrocher partout un peu de sa jeunesse
En galejant toujours
C’est aller au baletti, faire les petits pas ;
Filer la rente à Choise entre deux mazurkas ;
Se saper en rupin, se coiffer d'une bâche ;
Faire voir que pour tout on est à la renache ;
C'est aimer le soleil, notre belle Corniche ;
Balader en tramways auprès d'une bibiche ;
Aller au cabanon ; pas forcer le jeudi
Et pour se reposer, l'Alcazar le lundi ;
En galéjant toujours et, quand vient la vieillesse
S'en aller lentement d'un pas triste et lassé
Vivant les souvenirs d'un si joyeux passé
Avec sa bonne vieille à qui l'on est fidèle
Puis, un soir, sans regrets, c'est fermer la parpelle
Dans ce joli pays aux coins ensoleillés...
Et voilà ce que c'est que d'être Marseillais !
Coquin de douisse !!!!!
Fortuné Cadet