16 Mars 2010 à 12:13:50

Le coin des artistes

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vanillablue
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hanaka ukulele ! peanut , magret ,couscous !


#80 le: 08 Mars 2009 à 14:22:36

C'est sacrément bancal cette affaire  Think , je me tenterais à la retravailler , quant j'arriverais à la relire ... un jour  Think


Rani fi dar wa fil denia :





Je ne sais pas pourquoi j'ai atterris ici , je suis juste venu. Depuis je ne sais pas ou je vais d'ailleurs.
Je vois les gamins qui poussent le ballon , ça m'était arrivé à moi aussi de jouer avec mes copains... C'était bien. Et puis on a plus pu trop sortir.

Nos parents ne nous laissaient plus au début. Puis il a bien fallu apprendre à faire avec. Se débrouiller et se risquer à vivre malgré. Quant ton ventre se serre et qu'il n'y a plus rien à manger.

Finalement , le fracas des bombes , la peur de la mort remplace vite tes envies de jouer au ballon.

A la maison , on était 6. Ma mère , mes quatre petites soeurs et moi. On a tout laissé, le jour ou ils ont rasé le village d'à côté ...

On est remonté vers le Nord , avec nos vêtements sur nous. Les petites collées qu'on tenait par la main ... On a marché de jour en regardant bien devant , à l'arrière , partout ...

J'avais le fusil de mon père , collé contre moi , et je crapahutais pour ouvrir la voie au petit matin. L'angoisse , vous connaissez ?

L'angoisse du barrage , de finir le cou à l'air , gisant sur le côté. L'angoisse pour ma mère, et mes soeurs de finir ... De finir , avant de tomber le cou à l'air , que ma dernière image soit de les voir déshonorées , devant moi. Je crois lâchement que j'aurais préféré avoir le cou tranché avant.

Mais ils aiment te prendre à témoin , te faire entrevoir la mort avant. Avant de te la donner. Te marquer, souiller ceux que tu aimes. Après seulement il t'achèvent une deuxième fois. En fait il te libèrent.

Dans le village d'à côté , ils ont laissé une femme pour témoigner. J'aurais préféré  mourir le premier pour ne pas voir ce qui aurait pu arriver.

Alors , j'ouvrais la route à chaque sentier, pour sécuriser ma mère et mes soeurs. Ou pour me sécuriser , afin d'être le premier à tomber.

Le vieux fusil de mon père je m'y accrochais comme il y a peu je m'accrochais au bras de ma mère... Comme si il pouvait me sauver de tout, comme pour me rassurer. J'étais depuis bien longtemps l'homme de la maisonnée , j'avais 11 ans ...


A suivre ...



« Dernière édition: 08 Mars 2009 à 19:27:47 par vanillablue »

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#81 le: 08 Mars 2009 à 16:42:31

Attendre les confins de la capitale , Rovigo.  Atteindre et voir gagné d'une terreur encore plus immense , le chemin que nous gagnons ...

Nous fuyons notre village , vers quoi ? Un monde tout aussi gangrené de terreur ... Les habitants nous offrant un bout de pain sur leur propre misère sur le chemin , nous annonçaient que la terreur avait gagné le pays ...

Cette odeur de mort , cette même crainte , cette même effluve de sang et de putréfaction avaient embrasé la terre aussi loin que mes yeux pouvaient embrasser.

La moindre perspective étaitt morte en chemin ... Juste cette peur de la mort et même...

Survivre pour quoi ? Atteindre Alger et alors ? Je ne vivais un temps que pour ça ... Les mettre , nous mettre à l'abri ...

A l'abri de la mort ? Une fois atteint Alger , j'ai entrevu la grand poste ... Une bombe venait de sauter ...

La mort ne finira pas par nous quitter. Il n'y a pas d'abris ici , ou que tu ailles ... Si il ne te saisit pas au coin du sentier , elle te ceuillera au coin de la rue .

Survivre encore. 5 bouches à nourrir et plus l'ombre d'un arbre , plus une bête qui te nourrira ...

Ou nous sommes nous enfoncés ? Je ne sais, mais ils sont des milliers comme nous a chercher leur subsistance dans les rues d'Alger ....

Nous essayons chaque jours de survivre , de nos abriter dans des barraques de chantier avant de nous faire expulser... Et quant la nuit gagne , ne pas se faire remarquer , se terrer comme des rats en attendant que le couvre feu laisse place au jour. Sans être rassurer.

J'ai vu les joues de ma mère fondre. Ses joues creusées , ces cernes , ces cheveux blanchis, ma mère hier si rassurante et voluptueuse n'est plus qu'un cadavre. Un cadavre qui se force à sourire .Elle coupe sa maigre part de nourriture pour nous. J'ai appris à ne plus ressentir la faim et à casser mon bout de pain aussi ... A entendre les petites crier dés qu'une déflagration se fait aussi ...


« Dernière édition: 08 Mars 2009 à 18:59:26 par vanillablue »

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#82 le: 08 Mars 2009 à 17:49:39

Et je me souviens de ma maison. La maison qu'avait construis mon grand père. Bien au dessus des autres , au milieu des arbres...  Si on avait froid il suffisait d'allumer le feu. Si on avais soif il suffisait de t'abreuver... Si on voulais pleurer il suffisait de se souvenir ...

Il suffisait ... De bien piètres souvenir , il ne nous reste plus que ça. On n'a plus le droit de pleurer , juste d'affronter... Loin de notre terre dans notre misère...

Nous en étions arrivés à mendier à la sortie des mosquées ...

Quel avenir chercher ... Mes pas à ce moment ont finit par basculer... Je ne sais ... Aux images d'une prospérité, au loin ces gens qui avaient à manger , je finissais par céder.

Et cette idée , de vouloir nous faire subsiter. Comme eux les immigrés , que je voyais , gavés. Revenir ces années , les bras chargés de cadeaux et de mets ...

Et nous nous voilà là gisant dans notre mendicité ...
« Dernière édition: 08 Mars 2009 à 19:02:43 par vanillablue »

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#83 le: 08 Mars 2009 à 18:34:57

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#84 le: 31 Mars 2009 à 12:49:31






Le cafard et le papillon



C'était un de ces jours que l'on maudit par tous les dieux et par la pluie. Gris. Asphalte , bitume , ciel, même les chalants semblaient participer à la monochromie.

Il était de ces espèces discrètes , fluet , il pouvait disparaitre au coin d'une rue et se fondre au milieu des gens gris. Rien ne le distinguait , et la distinction n'était pas son soucis. Allant d'un pas constant et rapide , on ne sait ou. La foule l'épousait bien mieux qu'une femme n'avait su l'aimer.

Il était pourtant capable de parfois s'arrêter, sans réellement s'attarder. Quelques minutes , pour parler sans jamais s'impliquer. C'était une fuite permanente. Vers on ne sait quoi.

Je l'appellais Gabo *. En souvenir de la belle endormie de l'avion**. Rencontré par hasard , suivant une même route et s'en allant comme d'un rien. Et laissant l'auteur fébrile pour un temps.

Je n'ai rien gardé de ce jour pluvieux , si ce n'est le souvenir de sa délicatesse. Léger papillon , se posant. Illumine un court instant le gris ambiant d'une magie subtile.

Une odeur de printemps, une beauté juvénile et des grâces d'enfant. Les enfants son vivaces et ne se concentrent jamais trop longtemps . Leur émerveillements durent un temps , ils courent de points en points.

Les papillons s'envolent aussi.

Emportant avec eux la chaleur. Butinant au grès. Reprenant le printemps alloué. Et tout redevient funeste.

Le papillon n'a de sens que parce qu'il est éphémère et libre. Il ne s'égare jamais à trop s'attarder. Inutile d'essayer de l'attraper. Je n'avais pas des airs d'entomologistes assez poussé pour me priver de l'observer.

Je laissais donc Gabo s'envoler. Le recroisant , butinant au vent, suivit de prés par une entomologiste tendrement araignée, qui tisse des filets à papillons.

Femme arachnide, charmant à foison. Peut être as tu tétanisé le papillon ? Je ne sais , si ton poison a été assez fort. Mais j'espère que tu le laissera voler.

Je laisse là les insectes altiers et je retourne dans ce monde gris.

Les insectes d'en bas dont je fais partie , aiment le gris. Grouillants , malaimés , ils n'inspirent aucune beauté. Bien a l'abri sous leur carapaces fragiles, il se laissent aller parfois à rêver de ces insectes d'en haut , léger, volant, envoutants.

Le cafard ne s'attarde jamais trop à regarder , trop de chaussures à esquiver, tétanisé par la peur de se faire écraser. Il vit dans la terreur et ne se laisse pas aller trop longtemps à réver. Pourtant je ne regrette pas de l'avoir fait.

Le papillon s'en est allé , le cafard est retourné se terrer. Ainsi la vie suis sa continuité.

Tout est gris.



* surnom de Gabriel García Márquez.
** Douze contes vagabonds .
« Dernière édition: 01 Avril 2009 à 01:09:05 par vanillablue »

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#85 le: 31 Mars 2009 à 17:32:44

J'aime pas le gris,    mais j'aime les papillons et j'aime Gabriel García Márquez ! 

S'inventer une cause à sa mesure et la défendre hautement... quitte à en mourir mais gaiement !!! (Jean RASPAIL)
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#86 le: 12 Avril 2009 à 20:29:17

Complainte de l'assoiffé

J'ai vu cet astre luisant
Trop fort ! écrasant, brulant.
Tant, la terre brulait
Rien ne poussait.Gémissant
J'ai fini par le supplier.
Mais il n'a pas daigné
Une seconde m'abreuver.

Chemin faisant j'ai fini
Par suivre un chameau.
Lui savait ou l'eau jahit
Rampant, je criais "Mon beau
Je prie devant toi ! Mène moi."
Mais fier comme un roi
il me laissa là.

Fatigué , je me révoltais
Et ne finis par ne plus croire.
Je me suppliais de trouver
et me perdait en rêves illusoires.
J'étais au supplice , mais de quoi.
Je finis par m'en vouloir à moi.
Je n'étanchais pas ma soif en soi.

A moitié mort j'ai fini par croiser
un autre assoiffé sans âme
Je l'implorais de m'aider.
Ensemble nous nous relevâmes.
Cherchant, je finis par l'épauler.
Toujours plus assoiffé , mais
Heureux de pouvoir partager.


Nous n'étions déjà plus ,
en haut de ce sommet.
Il ne restait plus qu'à prier.
Qui, quoi je ne sais plus.
Nous nous mîmes à prier Tout.
Et entrevîmes le bout ...
D'un palmier qui nous narguait.




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Ne me demandez pas j'écoutais juste ça , il en résulte ça !  Rolling Eyes      
J'y ai vu les mesures d'un chameau  Think  Je sais pas quant c'est bien trop rapide pour un Hamd :


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free music

C'est ça un hamd.  Mr. Green

   Tant pis, c'est bien une improvisation :

Un délire soufi : l'homme prie ce qu'il voit car il ne maitrise pas , finit par ne croire qu'en lui , puis en nous, et finalement en Tout .
Moi , nous , Tout ( Il ) une seule idée. L'homme n'est qu'une composante du Tout ( Dieu , nature appelez le comme vous voulez ).

Tu commences à voir le Je , puis tu finis par croire à Nous et tu entrevois le Tout. Chacun indissociables , composante du même élément. Caché par autant de voiles ...

Je , nous , Il ... La même chose.

Mais encore faut il croire avant à ce nous ... Seul à croire dans son coin on est rien , on pourrait pourtant former ce Tout...    Ca s'appelle aussi l'amour ce grand tout    Rolling Eyes


« Dernière édition: 12 Avril 2009 à 20:33:29 par vanillablue »

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