Saperlipopette !
Au hazard d'une recherche sur Aristarché, je viens de tomber sur ce poème d'Elisabeth JACQUES-ALFONSI, et décrivant Marseille d'une façon extraordinaire, c'est remarquable, je vous le copie, et je mets le lien du site !MARSEILLE VILLE D'OMBRE ET DE LUMIERE...
Phaëton prit son char de divine lumière;
Artémis appela la blanche Aristarché
Pour préserver les Grecs durant cette croisière.
Le noble Jupiter avait alors lâché
Les cailloux de la Crau sur les terres lointaines;
Cassandre prévoyait chaque risque caché.
La vigne et l'olivier, les jarres par centaines,
S'entassaient partout; on chercherait l'étain.
Ainsi le décidaient les vaillants capitaines.
Fougueux, les Phocéens fuyaient vers leur destin;
Après avoir vogué longuement sans escale,
Le marin s'enivra des flagrances du thym...
Protis ébloui voit la roche verticale,
Et se met à rêver de projets amoureux,
Tout doucement bercé par une mer étale.
Car, sur le sable fin, se tenait, langoureux,
Cet être évanescent venu d'un autre monde,
Un elfe délicat, présage bienheureux.
Sa chevelure d'or ruisselait telle l'onde;
On eut dit un esprit visionnaire et sacré
Qui, là bas, l'accueillait par sa présence blonde.
Tout semblait harmonieux, le rivage échancré,
L'azur du Lacydon, la grâce du Ligure,
Estompés et nimbés d'un clair obscur nacré.
Gyptis aime le Grec que l'amour transfigure,
Ainsi naît Massalia, berceau de la passion;
L'oracle s'avéra d'un excellent augure...
Romaine Massilia remplira sa mission;
Chacun veut l'envahir: Sarrasin, puis Barbare,
Fière, elle bannira la moindre soumission.
Pythéas, le savant, va larguer son amarre;
Affrontant vers Thulé des endroits périlleux,
Il brave maints dangers et franchit toute barre,
Mais personne ne crut aux pays merveilleux...
De Massalia naquit dans la dive Provence,
L'ardente Marsilho des Comtes orgeuilleux.
Puis elle narguera le canon de défense
Placé sur le grand fort que Louis a construit
Pour dissuader de commettre une offense.
St Antoine le Grand, par ses puces, détruit
La moitié de ses gens du fléau de la peste;
L'immortelle renaît de ses malheurs sans bruit.
Sous la révolution, prenant le palimpseste,
Elle perdra son nom qu'elle doit reconquérir!
La "Marseillaise" naît du nouveau manifeste.
O divine Cité, je viens pour te chérir,
Ville ouverte au grand coeur, éternelle rebelle,
Comment ne pas t'aimer ni toujours te fleurir?
Existe-t-il enfin métropole plus belle
Qu'Icelle recueillit en son généreux sein,
Peuples sans lendemains protégés par Cybèle?
Sources :
http://www.webzinemaker.com/admi/m7/page.php3?num_web=5754&rubr=4&id=246716