La Canebière ***

Si aujourd'hui, la canebière forme une ligne de partage symbolique entre les quartiers sud bourgeois et les quartiers nord populaire, c'est bien une étrange manière réductrice de la voir !

Car en fait, la canebière est une voie majestueuse de près d'un kilomètre de long qui part des Réformés et débouche sur le vieux port.

D'ailleurs, il existe une célèbre chanson qui la célèbre créée par Alibert dans l'opérette "Un de la Canebière" !

C'est une porte ouverte sur le grand large, une invitation au voyage qui démarre avec Pythéas et continue jusqu'au Marius de Marcel Pagnol et dans lequel se reconnait tout marseillais, d'origine comme d'adoption.

Il semblerait que le ruisseau dénommé Jarret coulait autrefois à l'emplacement de la Canebière pour se jeter dans le vieux port et que son lit ait été détourné au 11ème siècle vers l'Huveaune tout en conservant une dérivation jusqu'en 1666 pour les besoins des tanneries et des jardins, ce qui lui valu d'ailleurs le surnom de "vallat deis cougourdo".

Et si à l'orgine, la canebière ne désignait que l'artère qui va du vieux port au carrefour du cours Saint-Louis, elle représente aujourd'hui l'ensemble des trois rues :

  • la canebière proprement dite qui va toujours du vieux port au cours Saint-Louis ;
  • la rue Noailles qui va du cours Saint-Louis au boulevard Dugommier ;
  • et les allées de Meilhan qui courent du boulevard Dugommier à l'église des réformés.

Mais ce n'est qu'en 1928 que l'ensemble des trois voies prit le nom de Canebière.

Son nom vient du provencal "canebe" qui veut dire "chanvre".

Et c'est à compter du plan d'agrandissement de 1666 qui prévoit d'agrandir la ville qui passerait d'une surface de 75 à 195 hectares, que la Canebière se dessine et c'est en 1667 que le nom apparait pour la première fois, lors de la création des nouveaux quartiers ordonnée par Louis XIV, la voie ayant été tracée sur un chantier de cordiers. Elle va alors de l'arsenal des galères nouvellement bâti à la grande rue qui sert de cours (et qui est l'actuel cours Belsunce). Construite sur un seul côté formant une limite avec la vieille ville, la Canebière donne sur les anciennes lices et un jeu de mail.

Par contre, l'achèvement de la Canebière comme on peut la voir aujourd'hui, soit qui va du quai des Belges jusqu'à l'église Saint-Vincent de Paul, va demander plus de trois siècles. Et les trois tronçons distincts sont marqués aujourd'hui par la succession des styles et les différentes volontés des urbanistes.

Les allées de Meilhan, inaugurées en 1775, remportent très vite un grand succès populaire : les Marseillais aiment se promener sous les grands arbres qui donnent aux allées un air de campagne.

Avec la démolition de l'arsenal des galères en 1781, la canebière s'ouvre sur le vieux-port. La Canebière est prolongée une deuxième fois en 1860 par la rue de Noailles, située entre le cours Belsunce et le boulevard Garibaldi et les immeubles des 17ème et 18ème siècles de la rue de Noailles sont détruit pour permettre son aggrandissement. Ainsi, sous le second Empire, la rue de Noailles et la Canebière ne forment plus qu'une seule voie.

Et au début du 20ème siècle, la canebière est devenue le lieu incontournable où convergent toutes les lignes de tramway et tous les intérêts commerciaux. Enfin, les allées de Meilhan sont intégrées à la Canebière en 1917. A noter qu'en 1927, la commune décide de fixer le point géodésique de Marseille au carrefour du cours Belsunce, de la rue de Rome et de la Canebière.

Enfin, on notera les Cafés célèbres : Pour l'anecdote, c'est au milieu du 17ème siècle et au port de Marseille que sont arrivées les premières balles de café de France. Cela ouvrira la porte à la mode des cafés. Et le port et la Canebière sont liés à l'époque de par leur proximité géographique. Et c'est de là qu'en 1670, ouvrira un premier établissement tenu par un arménien. L'expansion ne cessera pas : au 19ème siècle, on dénombre plus de 280 cafés à Marseille. Et en 1850 ouvre le Café Turc, dont la salle principale de style mauresque donnait sur la Canebière, au n° 4, à l'emplacement de l'office de tourisme actuel. Il était réputé pour son café mais aussi pour son horloge qui indiquait l'heure turque, chinoise, arabe et européenne. C'est le début d'une grande histoire, le long de la Canebière, ouvrent alors de luxueux établissements comme le Café de l'univers en 1853, le Café de France en 1854, le Café Glacier et le Café allemand en 1866 et le Café Riche à l'emplacement de l'actuel Monoprix qui était considéré comme le plus somptueux de tous et qui a laissé sa place au magasin de vêtement "Colombe" en 1953.

Voilà de quoi regarder notre Canebière qu'on connaît dans chaque hémisphère d'un autre oeil, non ?

Notre Cane... Cane... Canebière Et partout elle est populaire Notre Cane... Cane... Canebière Elle part du vieux port et sans effort Coquin de sort, elle exagère Elle finit au bout de la terre Notre Cane... Cane... Canebière

GPS (Lat N/Long E) : 43.296449 / 5.377679
13001 Marseille
Metro/UndergroundM1-Vieux-Port, M1-Réformés, M2-Noailles TramwayT1-Noailles

Texte : Coco / Photos :