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les choix face à la maladie

petitesauvage · 15 · 2090

petitesauvage

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c'est un sujet un peu ardu mais tant qu'à ouvrir un thème comme celui ci, je préfère le faire sur MF. Sans connaitre tout le monde, je sais que chacun d'entre vous a une vision pertinente quant à ce sujet.

Voilà, on est parfois confronter à la maladie d'un proche et souvent le choix d'un traitement doit être décidé.
En gros, comment choisir entre un traitement médical qui affaiblirait ( voir transformerait en légume ) le patient mais lui donnerait une espérance de vie plus longue et ne rien faire en laissant le patient finir ses jours ( moins longs du coup ) mais en meilleure forme.

Choisir entre avoir encore une interaction ( discussions, partager le repas...) avec le patient ou être face à quelqu'un qui sait à peine qu'on est là ?

Qui peut prendre ce genre de décision ? Les parents du patient, sa femme ou son époux, ses enfants ?

Refuser un traitement, est-ce renoncer ?


Nikon

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  • j'vous aime pô !
Je n'ai jamais caché que j'étais largement favorable à l'euthanasie !
Quel interet y a-t-il à prolonger ce qui n'est plus qu'une souffrance ?

Dans le cas de figure que tu présentes, la personne serait incapable, intellectuellement, de se prononcer sur ses désirs ? Elle n'a jamais dit si elle préférerait continuer ou cesser ?
C'est plus délicat si on ne connait pas les voeux de la personne ! Je crois que celui ou celle qui est idéalement placé pour prendre la décision, c'est la personne qui lui ait la plus proche, qui connait  mieux ses idées, ses espérances, ses croyances, ses peurs, etc ... ! Un conjoint sans doute !

A moins de prendre une décision commune et concertée, après avoir réuni famille et autres personnes très proches ?


Crinoline

  • Frit Confit du forum
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Difficile d'avoir une opinion tranchée, car susceptible d'évoluer dans le temps....
Aujourd'hui, et parce que, finalement je n'ai pas eu à meposer cette question dernièrement (je ne suis pas pressée), je dirais d'abord:

et que pense cette personne ?
peut elle l'exprimer ?

oui, sans doute, sinon tu ne dirais pas
"Choisir entre avoir encore une interaction ( discussions, partager le repas...) avec le patient"

parce que c'est son choix d'abord.

et si elle ne peut - ou ne veut - pas le faire, il n'y a rien à ajouter.
refuser, n'est pas vraiment assimilable à un renoncement, mais peut etre en rapport avec l'envie de faire "comme si"; ce qui n'a qu'un temps, bien sûr.

je suis assez contre l'acharnement thérapeutique, j'ai toujours pensé que je préfèrerais m'en aller sans subir les divers traitements invasifs, séjours à l'hôpital, etc...

mais je dis cela aujourd hui, qu'en sera t il le moment venu ?

Et quand il s'agit d'un proche, il n'y a peut être pas que l'intérêt du malade, mais également tout le côté affectif, tout l'amour qu'on peut lui porter; et toutes ces décisions sont tellement dures à prendre.

tu vois, je ne suis d'aucune aide, hélas... :smt102


petitesauvage

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si le patient est contre un nouveau traitement, il est logique de ne pas poursuivre.

Mais parfois le patient ( même si il est capable de discussions ) n'est pas toujours apte à choisir le "meilleur" pour lui.

Ca doit être difficile pour le conjoint de prendre une telle décision. Garder son époux 1 an ou 10 ans. Enfin la maladie c'est tellement variable. Les traitements n'ont pas toujours les mêmes résultats.


Coco

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Très difficile de répondre à une pareille question, pourtant très intéressante en plus car elle nous met face à nos plus grosses peurs, la maladie d'un "très" proche !!!
J'avoue que j'ai voulu participer à ton sujet pour manifester mon intérêt pour ta question, mais que je n'ai en fait aucune réponse ! :?
J'essaie de m'imaginer la scène, et j'arrive pas à trancher, traitement qui affaiblit mais a une chance de réussir ? Ou conserver la personne avec toutes ses facultés mais avec aucune chance de guérison ? C'est trop dur de choisir !!! Et si, comme je te l'ai dit, je me mets en situation, ce sera pas le même choix si je pense à ma grand-mère qui était vieille et à un jeune cousin qui a tout l'avenir devant lui !!!
Bref, je fais pas avancer le schimblick !!!  :smt102


Crinoline

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si le patient est contre un nouveau traitement, il est logique de ne pas poursuivre.

Mais parfois le patient ( même si il est capable de discussions ) n'est pas toujours apte à choisir le "meilleur" pour lui.

Ca doit être difficile pour le conjoint de prendre une telle décision. Garder son époux 1 an ou 10 ans. Enfin la maladie c'est tellement variable. Les traitements n'ont pas toujours les mêmes résultats.

je crois que là, il me sera assez dur de savoir ce qui est meilleur pour lui.on ouvre un énorme débat: comment puis prendre ce genre de décision, qui peut m'assurer que, ce faisant, je ne ferai pas mal....


Marianne21_bis

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Du peu que ça apporte, je suis moi aussi contre l'acharnement therapeutique qui nous empeche de "mourir normalement" (en meme temps... vit-on encore normalement ???).

Il est une phrase qui me vient à l'esprit : "On meurt comme on a vécu".
Comment a vécu cette personne ? Quelle mort ou pas mort lui ressemblerait ?

Si je suis contre l'acharnement therapeutique, je sais pourtant que parfois (rarement) une "bonne surprise" advient à sa suite... mais aussi, quel age a cette personne ? Une bonne surprise à 20 ou à 80, c'est pas la meme bonne surprise je trouve...

Tout depend aussi, selon mon ressenti, de l'amour qui l'entourre.... en cas de transformation en légume, il faut un amour immense, fort, disponible pour rester à ses cotés combien de temps ???
Sans cela, ce n'est plus etre un legume, c'est agonir en solitaire aux frais de l'hopital qui y trouve surement son compte malgre les pleurnicheries sur le trou de la sécu :?

Ce genre de decision de prend, je crois, avec le coeur, en consience.
Et parfois, le choix le plus difficile à court terme est le meilleur à long terme... que disent vos coeurs ? Que sens-tu que nous ne pouvons apréhender ici sur le forum ?


petitesauvage

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Personnellement j'ai une vision si particulière de la mort que je ne me vois pas prendre ce genre de décision.
Si il n'y avait que moi, le choix serait fait mais il y a souvent d'autres personnes autour. Dont la vision est différente, les sentiments, les émotions....


hermine

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J'ai du mal à participer à ce genre de discussion mais là je me suis vraiment sentie concernée.

Comme dit par d'autres plus haut, si la personne est parfaitement consciente de son état et a fait un choix clair, il faut absolument le respecter, même s'il est difficile (voire pas compréhensible) pour ses proches.

"On meurt comme on a vécu" ai-je lu : je suis tout-à-fait d'accord avec ça. On peut souvent se douter de ce que le malade aurait décidé même s'il est inapte à le dire (du moins c'est ce que je crois).

Et (pour une fois :mrgreen: ), je suis complètement en phase avec Nikon : si la personne malade n'est pas en état physique et/ou moral de prendre une décision, je pense que le mieux est de laisser décider celui ou celle (conjoint, parent, enfant...) qui lui est la plus proche et qui la connaît le mieux.

Ce n'est jamais facile en tout cas.
 :smt102 


Marianne21_bis

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finalement, je rebondis au fil des reponses ;)

je repense à une chose : si l'euthanasie est une chose bien specifique, cesser un acharnement n'est pas (selon moi) une euthanasie.

et d'experience aupres d'un oncle en fin de vie que j'accompagnais, quand il n'y a plus d'espoir mais que la personne souffre trop, officiellement, on ne l'euthanasie pas, mais dans les faits, on lui injecte de quoi arreter definitivement ses souffrances... la seule difference est que dans ces cas (du moins pour l'environnement medical "traditionnel") aucun espoir n'est permis (genre cancer generalisé en bout de course, etc) et la personne souffre vraiment beaucoup, physiquement et parfois aussi moralement pour ceux qui sont encore conscients mais totalement impotents.

Mais pour moi qui est pas mal "planché" depuis l'adolescence sur la fin de vie et ses moults options (rationnelles, irrationnelles et emotionnelles), le plus important avant toute decision non-urgente, est ce que va vivre la personne dans ses derniers instants...
Aussi, s'il y a des reconciliations possibles, des aveux clés, des secrets à lever qui pesent, c'est le moment (je parle pas de vider son sac comme une grosse m***e !!).
Et souvent là, juste apres ces elements/actions clés, il se passe quelque chose... et ce quelque chose peut donner la piste à suivre, quand le malade ne meurt pas lui-meme enfin libéré de poids gluants...


Un livre clé que je conseille chaudement : "La mort intime" de Marie de Hennezel
« Modifié: 27 juillet 2009 à 15:54:39 par Marianne21_bis »


audrey13

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C'est un sujet très delicat....
J'ai dejà été confronté à ce problème sur la personne de mon grand père !
C'est très dur quand on sait qu'une personne est condammnée...

On a deux choix possibles soit :
- soit s'acharner sur elle en lui fesant subir pleins de traitements pour lui permettre de vivre qq jours de plus
- soit lui donner de la morphine progressivement pour qu'elle ne souffre plus , mais que sa fin de vie est sous 2 ou 3 jours

C'est une decision difficile à prendre et on ne peut pas juger la personne responsable de prendre ce genre de decision...
Mais , personnellement je pense que la solution la moins douleureuse pour le patient est peut etre la meilleure même si c'est la plus dure à prendre !


Fauvette

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J'ai pris cette décision pour mon père, et comme c'était à l'étranger, c'était même un peu plus que ça, on peu parler d'euthanasie. Ca fait plus de deux ans, je ne regrette en rien mon choix. Il est parti serein, nous avons pu avoir un dernier échange intense, son départ, outre la tristesse de savoir que dans ce monde je ne le verrai plus, est, et vous allez trouver ça terrible, horrible, mais est un bon souvenir. Pas de souffrance, il ne s'est pas vu diminué, il s'est endormi à mes côtés, il n'était pas seul quand il a fait le grand pas, et ça, je sais que ça comptait beaucoup pour lui car nous avions déjà eu de longues conversations à ce sujet.


fanette

  • Invité


Il n'y a rien de terrible, rien d'horrible, Fauvette, à dire qu'on aime un être au point d'abréger ses souffrances en se disant qu'on ne le verra plus ! C'est une grande preuve d'amour !
Si j'étais confrontée à cela, j'aimerais avoir le courage de le faire ! Mais je suis si égoïste, que je me pose quelquefois la question de savoir si j'aurais cette force !!  :-(





Born_to_be_Marseillaise

  • Invité
Pas facile de se retrouver face à la maladie, à la souffrance..on veut toujours le mieux pour ceux qu'on aime.

Quand on a diagnostiqué le cancer de maman, son pronostic vital était engagé...C'était une récidive d'un cancer du sein pour lequel elle avait subi l'ablation du sein en question, puis la totale...Pendant au moins 15 ans elle avait été tranquille et puis voilà, ça revenait avec des métastases pulmonaires  :-(
Aucun espoir de la voir guérir selon les médecins...et une grande solitude face à la chimio...nous n'en voulions pas..tous les cas qui avaient précédé maman nous avaient encouragés à ne jamais avoir recours à la chimio..mais on nous a dit "c'est pour son confort, ce sera une chimio moins forte mais qui la soulagera..sinon, elle va souffrir"...

Pauvre maman, elle allait bien jusqu'à ce qu'on commence cette fichue chimio...et puis, 3 mois après, elle est décédée.

Alors je ne dirais jamais il ne faut pas parce que je connais des cas où la chimio a guéri, mais voilà, c'est notre expérience...


Fauvette

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Oui, et de toute façon, chaque cas est unique, chaque cas à sa propre résonnance, je crois qu'on ne peut pas trancher ou dans un sens ou dans l'autre.  ;)


 

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