Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
Mail d'activation perdu ?

Marseille hier, aujourd'hui et demain


Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session

Le suicide collectif d'une famille de libraires

1 2 Bas de page
melanie - 21 Novembre 2007 à 13:47:12
Collègue qui boulègue
****
Messages: 855







Le suicide collectif d'une famille de libraires

 
Hier, quartier Malpassé à Marseille, les enquêteurs sont restés de longues heures dans la maison. Ils n'ont retrouvé vivant que leur chien, Chéva, blessé par balle aux pattes arrière.


Le scénario était écrit dans un petit cahier d'écolier rouge, avec cette phrase, sur la couverture, débordante de désespoir: "Confessions d'un enfant dont la vie a basculé". Le manuscrit d'une dizaine de pages a été rédigé par Anthony Simon, 26 ans, comme un testament. Il l'a ensuite fait signer à ses parents, Richard et Olga, 51ans, scellant le pacte suicidaire d'une famille plongée dans une détresse insondable et minée par la dépression.

Conformément à ce qu'ils avaient décidé, tous ont été retrouvés morts, hier matin, dans leur petite maison de Malpassé, à Marseille. Un jour seulement après avoir envoyé les feuillets, ainsi que plusieurs lettres expliquant leur geste, à leurs proches, à La Provence, ainsi qu'au chef de l'État, auquel ils réclamaient "des obsèques religieuses, malgré le suicide".

Lorsque les destinataires ont reçu le document, il n'y avait plus rien à faire. Même Caramel, le chat, était mort par balle, quand les marins-pompiers ont entrouvert la porte du pavillon du chemin de la Sartan, peu après 11 heures. Ils avaient été alertés quelques minutes plus tôt par l'un des destinataires de la terrible missive. En progressant dans la pièce, les secours ont d'abord découvert les corps sans vie d'Olga et d'Anthony, côte à côte sur le canapé.

Le fils présentait une blessure par balle, à la tempe. Sa mère, dont le corps ne portait pas de trace de coups de feu, avait visiblement absorbé une surdose de médicaments. Un peu plus loin, le mari était lui aussi décédé. Après s'être passé une corde autour du cou, pendue à l'une des poutres du salon, il s'était tiré une balle dans la tête, avec un fusil retrouvé à ses pieds.

Les premières investigations de la police n'ont relevé aucune trace de lutte, accréditant la thèse d'un suicide collectif. Le drame se serait produit lundi dans la soirée, voire hier au petit matin, d'après les constatations des médecins légistes. Une analyse de la scène de crime devra préciser si le père de famille est bien celui qui a appuyé sur la détente, avant de se donner la mort.

Tous étaient-ils vraiment consentants ? La teneur des courriers, signés de la main des trois victimes, ne laisse que peu de place au doute. "On va partir et s'il le faut, quelqu'un tirera, mais on ne saura jamais qui", écrivent-ils à la fin d'un des textes expédiés avant le drame. Comment ont-ils atteint une telle extrémité ?

D'abord parce que la famille se débattait dans une situation financière très difficile. Le couple avait racheté une librairie, voilà 25ans, avenue Alphonse-Daudet, dans le quartier de Saint- Just et n'arrivait plus à éponger un déficit de l'ordre de 30000€, selon l'une de leurs connaissances. Olga, la mère, souffrait également de la maladie de Parkinson depuis plusieurs mois et se retrouvait plongée dans une profonde dépression dans laquelle s'étaient aussi peu à peu enfoncés le père et son fils.

Anthony, après des études de commerce, avait décidé de venir travailler avec ses parents pour donner une nouvelle impulsion. Malgré ses efforts, la petite entreprise familiale continuait de sombrer. Jusqu'à ce que la décision soit prise d'en finir. Brutalement. "Aujourd'hui, nous avons décidé tous les trois d'en finir avec notre putain de vie", écrivent-ils dans leur dernière lettre, le 18 novembre. Leur ultime promesse.

- La Provence


Je suis toute boulversée par cette histoire .  Crying or Very sad  Crying or Very sad  Crying or Very sad
Dur dur ....
cocobarnabite - #1 - 21 Novembre 2007 à 13:52:07
Invité


Holala ..... Speak to the hand  ..... ça donne mal au coeur .... à tous les sens du terme ....
nico3010 - #2 - 21 Novembre 2007 à 13:53:29
Collègue qui boulègue
****
Messages: 757




mouai ...

L'avenir appartient à ceux qui rêvent trop - gcm
Born_to_be_Marseillaise - #3 - 21 Novembre 2007 à 14:02:24
Invité


j'ai entendu ça ce matin à la télé et lu sur le journal....... Crying or Very sad  Crying or Very sad il y avait des extraits du journal de leur fils... Sad  maintenant nous allons avoir nos politiques qui vont s'empresser de faire des commentaires comme quoi c'est navrant, patati, patata...........c'est avant que les gens en arrivent là qu'il faut réagir  Brick wall  Brick wall


quel acte de désespoir  Sad
cocobarnabite - #4 - 21 Novembre 2007 à 14:05:24
Invité


mouai ...
Shocked Tu trouves pas ça triste ?? Anxious
nico3010 - #5 - 21 Novembre 2007 à 14:07:56
Collègue qui boulègue
****
Messages: 757




mon mouai ... etait un mouai de j'ai pas de mot pour exprimer ce que je pense tellement ce désespoir me touche

L'avenir appartient à ceux qui rêvent trop - gcm
Eric - #6 - 21 Novembre 2007 à 14:13:26
Figure du forum
******
Messages: 2244





C'est mon quartier, mais je vous assure que je n'y suis pour rien  . Il n'y a pas de magasin où on vend des livres (je suis sûr que ça ne marcherait pas), mais deux magazins où on vend des journeaux. Je vais aller vérifier. Triste histoire que de se suicider pour si peu de choses ...
melanie - #7 - 21 Novembre 2007 à 14:16:27
Collègue qui boulègue
****
Messages: 855





c'est avant que les gens en arrivent là qu'il faut réagir  Brick wall  Brick wall

+1

Triste histoire que de se suicider pour si peu de choses ...

J'arrive à les comprendre, même si moi je n'aurais pas le "courage" de passer à l'acte.
Eric - #8 - 21 Novembre 2007 à 14:20:23
Figure du forum
******
Messages: 2244






Se suicider pour une dette de 30000 € ? C'est pas une raison valable.
Bon, je vais enquêter...





cocobarnabite - #9 - 21 Novembre 2007 à 14:23:23
Invité



Se suicider pour une dette de 30000 € ? C'est pas une raison valable.
Bon, je vais enquêter...


Bien sur que non, mais il doit y avoir tellement de choses liées à ça .... et puis c'est contagieux le mal-être ....
Eric - #10 - 21 Novembre 2007 à 14:25:32
Figure du forum
******
Messages: 2244





... surtout si on habite dans un quartier nommé "Malpassé" !  Moi aussi, j'aurais préféré quelque chose comme "Bonneveine", mais bon...
NATH - #11 - 21 Novembre 2007 à 14:27:23
Invité


c'est dramatique..... Sad
Traces d Huile - #12 - 21 Novembre 2007 à 14:46:24
Forumeu(r)/(se) aïolisé
**********
Messages: 13444


En route pour l'aventure...


WWW

J'attends quand même les conclusions de la Police...
Qu'une femme se surmédicamente, ok.
Qu'un jeune homme se tire une balle dans la tête, ok.
Qu'un père de famille se pende ET se tire une balle dans la tête... Heu... Il aurait aussi pu garder un couteau dans la poche pour s'entailler les veines lui aussi...

La mise en scène me parait un tout petit peu gros, j'ai sûrement tort, mais de sources policières j'entends de plus en plus parler d'histoires d'enlèvements de commerçants qui ne remontent pas à la surface des mass médias...

Dans tous les cas (suicide ou meurtre maquillé), c'est une hérésie que la société crée de telles situations...

Concentres moto à Marseille :
http://www.tracesdhuile.net
Charito - #13 - 21 Novembre 2007 à 14:48:15
Forumeu(r)/(se) aïolisé
**********
Messages: 12054





Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma révolte : Richard, Olga et Anthony sont victimes de tous les maux de notre société : pauvreté, solitude, absence de solidarité, isolement, désespoir. Neutral
sabalix - #14 - 21 Novembre 2007 à 15:16:26
Invité


Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma révolte : Richard, Olga et Anthony sont victimes de tous les maux de notre société : pauvreté, solitude, absence de solidarité, isolement, désespoir. Neutral
En effet Charito, les causes sont celles que tu cites ...
Juliette - #15 - 21 Novembre 2007 à 18:00:45
Figure du forum
******
Messages: 2986


(g)rêve général(e)





Se suicider pour une dette de 30000 € ? C'est pas une raison valable.
Bon, je vais enquêter...

Victimes du capitalisme, combien sont-ils ?     (Je sais que tout le monde va me tomber dessus d'écrire ça, et dire que le raccourci est trop facile bla bla bla ... M'en fous je l'écris quand même Confused )

Et me revient en tête ce vers de La Fontaine qui a servi de titre à un documentaire sur la souffrance au travail ...

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés.
fanette - #16 - 21 Novembre 2007 à 18:27:56
Invité



Se suicider pour une dette de 30000 € ? C'est pas une raison valable.
Bon, je vais enquêter...

Victimes du capitalisme, combien sont-ils ?     (Je sais que tout le monde va me tomber dessus d'écrire ça, et dire que le raccourci est trop facile bla bla bla ... M'en fous je l'écris quand même Confused )

Et me revient en tête ce vers de La Fontaine qui a servi de titre à un documentaire sur la souffrance au travail ...

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés.

Juliette j'adhère à ce que tu dis ! C'est vraiment trop dur ce que nous vivons ou voyons autour de nous ! Ma soeur hier matin me racontait ce que vivait une copine à elle : ses problèmes avec la dass, son proprio qui la fout dehors parce qu'il veut vendre (car c'est le moment de vendre et tant pis pour le locataire), le conseil général qui la prive d'une bonne partie de son rmi parce qu'elle est hébergée, ! J'en ai encore la machoire bloquée du stress et de la colère !!

Faut plus se contenter de manifester, faut crier, gueuler, hurler sa rage !

    

Eric - #17 - 21 Novembre 2007 à 18:43:14
Figure du forum
******
Messages: 2244





Ce n'est pas le marchand jouraux à coté, tant mieux.
A mon avis, ça doit être la maladie qui a du faire déborder le vase...  Think

http://news.cognivi.org/france/testament+des+simon+a+marseille-1426.htm


3 membres d'une famille de libraires de Marseille se sont donnés la mort car il étaient dans une situation complexe. Ils ont envoyé leur testament à la presse avant de passer à l'Acte.

Voici un extrait du texte laissé par Anthony, Richard et Olga Simon

Anthony, jeudi 15 novembre

“Si aujourd’hui, je suis en train d’écrire sur ce cahier, c’est pour décrire mon malheur, du fait que nous allons bientôt nous en aller. J’ai une boule dans la gorge à l’heure où j’écris, je suis appuyé sur le tiroir-caisse de notre magasin, je viens de renseigner une personne qui était perdue, je l’ai fait car je sais ce qu’est être perdu. C’est pour cela que je vais vous décrire ma vie telle que je la ressens.”
“Je dis sur ce cahier tout ce qui me passe par la tête, je me sens usé et non aidé par la vie, car si elle avait voulu m’aider, elle l’aurait déjà fait.”
“Ce qui me fait peur, c’est que ma maman a une idée précise de ce qu’elle veut aujourd’hui: c’est se supprimer. Je ne sais pas quelle est la bonne solution: se péter la gueule, mettre de l’argent dans la société et travailler ou une autre solution s’il y en a une.”

Anthony, samedi 17 novembre.

“On est encore là, comme des âmes en peine, trois zombies, trois paumés. Mon père, qui me fait tant de peine, est encore tout seul au magasin, on ne sait même pas pourquoi.”
“Je m’inquiète de tout, j’ai peur que ce jour finisse mal. Je ne veux pas que mon père fasse de conneries, je veux qu’il reste comme avant. Faites que l’on s’en sorte s’il vous plaît!”

Anthony, dimanche 18 novembre

“Mon père doit être triste à l’idée de ce qui va se passer. Il devient fou mon papa, par l’état de santé de maman, les finances du magasin et nos finances personnelles. J’aurais voulu aider mon père à avoir moins de soucis, à être plus tranquille, j’aurais aimé partager des moments inoubliables avec mon père.”
“Là, je vois mon père en train d’écrire le pourquoi et le comment de notre décision. On veut être libéré, on en a marre de souffrir, on ne verra pas Noël cette année.”
“Je préfère m’en aller avec mes parents, en famille, plutôt que de vivre en enfer. Mon rêve était modeste. Je suis un grand supporter de l’OM, mon club, je souhaiterais obtenir de leur part une minute de silence, de la part de tous les supporters que j’aime tant. Le stade, c’était mon temple, la passion de ma vie.”

Richard, dimanche 18 novembre

“Aujourd’hui, nous avons décidé tous les trois d’en finir avec notre putain de vie.
Je ne sais pas encore quand ça va se faire, mais nous allons enfin pouvoir nous libérer de cette prison qui est devenue notre vie, grâce à des gens qui nous ont enfoncés et qui n’ont rien fait pour nous aider. On nous a poussés à bout. On est tous les trois d’accord pour partir ensemble, nous nous sommes concertés, on n’en peut plus, on nous a écrasés. Je suis lucide, je sais que ce l’on va faire, c’est grave, mais tant pis”.

« Dernière édition: 21 Novembre 2007 à 18:47:14 par Eric »
Crinoline - #18 - 21 Novembre 2007 à 19:37:34
Frit Confit du forum
********
Messages: 7471





Quelle souffrance...

"Dimmi quanti tu mi tèni e micca quanti tu mi vèni."

(dis-moi le degré de ton affection et non celui de notre parenté)
vanillablue - #19 - 21 Novembre 2007 à 19:39:35
Invité


Ca me fou en l'air de lire ce genre de trucs , du Poe en toute simplicité devant chez vous , comme quoi la réalité est souvent plus dure que la fiction...

Triste de voir comment on peut s'embourber. Un suicide mais toute une famille  Confused .

Comme quoi on vit tous à la lie de la mort , et tout peut faire basculer l'un ou l'autre un jour ...

Triste - ment humain  Neutral
1 2 Haut de page
  •  
Aller à:  

anything