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Un dernier hommage

Coco · 5 · 2229

Coco

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Pensée des morts
Alphonse de Lamartine


Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon
Voilà le vent qui s’élève
Et gémit dans le vallon
Voilà l’errante hirondelle
Qui rase du bout de l’aile
L’eau dormante des marais
Voilà l’enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts.

L’onde n’a plus le murmure
Dont elle enchantait les bois
Sous des rameaux sans verdure
Les oiseaux n’ont plus de voix
Le soir est près de l’aurore
L’astre à peine vient d’éclore
Qu’il va terminer son tour
Il jette par intervalle
Une heure de clarté pâle
Qu’on appelle encore un jour.

L’aube n’a plus de zéphire
Sous ses nuages dorés
La pourpre du soir expire
Sur les flots décolorés
La mer solitaire et vide
N’est plus qu’un désert aride
Où l’œil cherche en vain l’esquif
Et sur la grève plus sourde
La vague orageuse et lourde
N’a qu’un murmure plaintif.

La brebis sur les collines
Ne trouve plus le gazon
Son agneau laisse aux épines
Les débris de sa toison
La flûte aux accords champêtres
Ne réjouit plus les hêtres
Des airs de joie ou d’amour
Toute herbe aux champs est glanée
Ainsi finit une année
Ainsi finissent nos jours !

C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants
Ils tombent alors par mille
Comme la plume inutile
Que l’aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
Viennent réchauffer ses ailes
À l’approche des hivers.

Leur tombe est sur la colline,
Mon pied la sait ; la voilà !
Mais leur essence divine,
Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?
Jusqu’à l’indien rivage
Le ramier porte un message
Qu’il rapporte à nos climats ;
La voile passe et repasse,
Mais de son étroit espace
Leur âme ne revient pas.

Ah ! quand les vents de l’automne
Sifflent dans les rameaux morts,
Quand le brin d’herbe frissonne,
Quand le pin rend ses accords,
Quand la cloche des ténèbres
Balance ses glas funèbres,
La nuit, à travers les bois,
À chaque vent qui s’élève,
À chaque flot sur la grève,
Je dis : N’es-tu pas leur voix ?

Du moins si leur voix si pure
Est trop vague pour nos sens,
Leur âme en secret murmure
De plus intimes accents ;
Au fond des cœurs qui sommeillent,
Leurs souvenirs qui s’éveillent
Se pressent de tous côtés,
Comme d’arides feuillages
Que rapportent les orages
Au tronc qui les a portés !

C’est un ami de l’enfance,
Qu’aux jours sombres du malheur
Nous prêta la Providence
Pour appuyer notre cœur ;
Il n’est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve
Et nous dit avec pitié :
Ami, si ton âme est pleine,
De ta joie ou de ta peine
Qui portera la moitié ?

...



guiguite

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 :-| Brassens chantait trois de ces strophes..vous en rappelez vous?!magnifique!


Coco

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Vivi, je me rappelais en fait, des strophes de Brassens, et quand j'ai cherché, suis tombée sur Lamartine...


Coco

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Et toujours pour toi, car on ne t'oublie pas !!!

Aveu pour demain !

J'ai passé une génération à regarder en paix par la fenêtre.
Je retiens les mouvements, les solitaires et ceux du collectif qui peut-être seront bientôt morts.
Les mouvements ne vont jamais au musée.

Ce qu'il faut ici, ce n'est pas le talent de l'opinion, mais celui de l'exploration.
J'ai fini par le comprendre.

Je n'ai jamais pu finalement développer mes idées, plus loin que celles des autres,
voir plus loin que les yeux des autres.

Cela passe par les hauts et les bas, le vrai et le faux, comme chez tout le monde.
Comment pourrais-je dire : là il parle faux ? Il me dit qu'il est...

Nous ne sommes pas obligés de croire aux esprits.
Ils sont, dans notre esprit.
Nous pouvons les entendre à discrétion : il suffit de les écouter.
Maintenant quand je vais parmi les hommes, je regarde d'avantage et j'espère moins.

Botho Strauss. Personne d'autre


 

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