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Victor Gélu : Poète Marseillais !

Coco · 8 · 4243

Coco

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Bon, cet article, çà fait longtemps que j’avais envie de vous le faire partager, mais j’ai mis du temps à l’écrire car j’ai eu du mal à rassembler toutes les infos sur ce grand poète profondément marseillais…

Déjà, pour situer le personnage, Victor Gelu est né sous l’empire de Bonaparte et il est mort sous la 3ème République, il a donc vécu des changements brutaux de régime politique, ce n’est pas sans marquer son histoire.

En fait, il est né en 1806, 5 rue du Bon Pasteur, où il existe toujours la boulangerie que tenait son père. Il a reçu une solide éducation, dans sa famille d'abord, puis dans les écoles de son quartier et chez les Frères Gris d'Aix dont il a gardé un sinistre souvenir.
Arrivé à l'âge adulte, il voyage beaucoup, cherche à trouver sa voie dans divers métiers, mais  Marseille reste son port d'attache et il assiste aux transformations profondes et brutales que la ville subit : il voit le capitalisme faire irruption dans une ville dédiée jusqu’alors au négoce maritime et à la production artisanale.
Il assiste aux bouleversements dus à la révolution industrielle qui sont conjugués à une vague de normalisation culturelle sans précédent : le français, langue de la culture officielle et de l’État, s’impose alors définitivement dans les élites et la petite bourgeoisie.

Mais le peuple, lui, il continue de parler son marseillais, une sorte de provençal maritime qui est une singularité locale.
Et Victor Gélu reste fidèle à ses origines, garde une vénération pour ses parents, les petits métiers, la parole du peuple, et juge avec amertume les événements politiques auxquels il assiste.
Il le revendique dans ses Chansons provençales, rédigées entre 1838 et 1865, et dépeint et défend la dignité de ces petites gens et celle de leur parler.
Je vous donne juste deux dates, il y en a tellement des chansons qu’on ne sait lesquelles choisir :
- C'est en 1836 qu'il écrit sa chanson célèbre Fenian é Grouman.
- Et c’est en 1854 qu’il publie une de ses oeuvres majeure, Lou Credo de Cassian.
Ce texte, c’est mon préféré mais il est très long et je ne pourrai que vous en mettre des extraits éventuellement.


Alors pour l’instant, voici les liens de quelques unes de ces célèbres chansons !
Fenian é Grouman
http://cathare13.chez-alice.fr/culture/gelu/fenian.htm
Lou Parisien
http://cathare13.chez-alice.fr/culture/gelu/parisien.htm
Lei Aubre Dou Cous
http://cathare13.chez-alice.fr/culture/gelu/aoubre.htm
Lou Credo de Cassian
http://cathare13.chez-alice.fr/culture/gelu/credo.htm

Bon, pour résumer, ses chansons illustrent les sentiments d’une population simple qui ignore la morale bourgeoise, crie sa colère contre un Progrès qu’elle ne comprend pas, mais qui sait aussi s’amuser, rire et partager avec une insouciance gourmande les petits plaisirs de la vie.

Il est inutile de vous préciser que si Gélu a été aimé du peuple marseillais, on peut pas en dire de même des autorités, il subit tour à tour la censure aussi bien des politiques que des religieux.

Et une anecdote curieuse : en 1891, la Ville attribue son nom à l’une des places les plus animées du vieux Marseille, et une statue est érigée dans ce quartier populaire un peu trop méprisé de la bonne société, c'est sans doute pas un hasard, le choix du lieu !
Mais en 1943, les troupes nazies détruisent tout le quartier du Vieux Port y compris la place.
Aujourd'hui, la place Victor Gélu a disparu.
Et la statue a sans doute servie à fondre des canons (et je crois pas qu'il aurait aimé çà, notre grand poète !)


Mes sources :
Finalement, j’ai trouvé deux liens sur le net qui en parle très bien et je vous les propose !
Le premier, c’est un texte d’Alessi Dell’Umbria publié dans CQFD n°8, janvier 2004.
http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article28
Le deuxième, c’est un site qui présente sa bibliographie et ses œuvres :
http://cathare13.chez-alice.fr/culture/gelu/bio.htm




Charito

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Coco

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Vivi, il existe un livre qui donne les oeuvres complêtes de Victor Gélu avec la traduction littérale en regard de chaque texte et un avant propos de Frédéric Mistral.

Il a été re-édité en 1986 par un organisme qui s'appelle Culture Provencale et Méridionale et dans le temps, on l'avait trouvé aux Editions Marcel Petit qui sont place de l'église à Raphèle lès Arles mais c'est un éditeur minuscule et je sais même plus s'il existe encore sur les lieux.

Maintenant, je pense que tu peux aussi le trouver :
1) à l’Ostau dau País Marselhés, 5 rue des Trois Mages, 13001 Marseille mais essaie de les appeler avant de te déplacer (Tel 04 91 42 41 14) car je sais pas s'ils ont fait les traductions mais ce dont je suis sure c'est qu'ils ont fait la réédition du livre avec en plus un CD (ils en parlent sur le lien que j'ai mis de CQFD) ;
 
2) ou encore peut-être auprès de l'IEO dont l'adresse est : Ostau de Provença, 8 bis Avenue Jules Ferry, 13100 Aix-en-Provence. Téléphone : 04 42 22 19 61.

PS : Maintenant, si c'est juste quelques textes que tu veux, je peux te faire une copie mais je peux pas me séparer de l'exemplaire qu'on a car il est à Gil*** et qu'il s'en sert en permanence pour le chant mais je te mets en photo le livre qu'on a pour que tu reconnaisses l'édition !

[Fichier joint supprimé par l'administrateur]
« Modifié: 28 décembre 2007 à 22:03:23 par Coco »


Charito

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Merci Coco pour toutes tes infos !  :smt023

Quand je serais à la retraite je me mets au provençal (entre autres! ) :wink:  ça fera bouger les méninges !  O:)

Je garde tous les liens que tu as fournis.


Le Cancre

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  • Comprend que les bêtes pas les hommes
Super ton boulot coco comme dab.

J'aimerai bien parlé le provencal aussi (et dire que ma mère le parlait, je merite bien mon speudo)


Coco

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Ne culpabilise pas, Le Cancre, moi non plus je le parle pas !
Et pourtant, ma grand-mère maternelle était cévenole et le parlait, moi je l'ai entendu toute mon enfance, je le comprend, j'utilise des mots mais je ne peux tenir une conversation...
Le provencal, c'est presque pareil, seule les terminaisons changent, et malgré tout, il m'a fallu le réapprendre, j'ai pris des cours !
Mais j'ai besoin de cette langue, c'est nos racines et la façon de se retrouver dans une identité qui reste la notre malgré la centralisation à Paris et son désir d'uniformisation !

En tout cas, merci à tous deux, Charito et toi, de partager ma passion et de participer à ma rubrique !
« Modifié: 10 janvier 2008 à 19:43:35 par Coco »


Born_to_be_Marseillaise

  • Invité
Un jour Coco, il faudrait faire une ptite irl intime au cours de laquelle tu nous ferais découvrir quelques perles de notre Provence...des textes, des auteurs, et on pourrait partager des saveurs.. :smt023


Coco

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Bessaï ?

En tout cas, pour les textes de Gelu, le trio Chin-na-na Poun en parle bien mieux que moi car Manu Théron (chant), Daniel Malavergne (tuba) et Patrick Vaillant (mandoline électrique) se sont bien penchés sur le répertoire de Victor Gélu, poète et chansonnier mythique du 19ème siècle marseillais...

Mais, je ne peux résister à vous transcrire Lou crédo de Cassian, mon préféré, c'est un très beau texte qui parle de l'amour, de la mer, de notre belle provence et des collines de l'Estaque !
Mais je vous le traduirai pas parce que c'est très long !
Ce sera l'occasion de faire une IRL lecture et je viendrai avec mon livre où c'est traduit !
 :wink:


A peri tout entié, qué servirié dé neisse !
Dieou, qué li vi tan lun, nou forgé pa per ren :
En mouren regrïan ; l'ome, quan dispareisse,
Va pupla leis estèlo oou foun doou firmamen !

Ti souvenes, Vidaou, dé dèso-iué-cen-trento ?
Doou tem qu'ères pitoué dei patroun pescadou ?
Mi courries à l'aprè, lun d'avé poou ni crento
Doou sorcié maou pigna, I'espouvantaou doou gou !
En bivaquan: là nué lou lon dé la pantiero,
Dei cavo doou passa touei dous resounavian ,
E su toun joueine espri luzié, din la sorniero
Ben qué fousses cadeou, alor, ti deleguaves
Dé m'oouzi desplega lei mistèri dé l'èr !
Buvies toutei mei mo ; souventei fé boumbaves :
O Cassian, mi fasies, semblo qué dia lou ver !
Aro sies un saven ! as treva leis escolo ;
T'an apré lou desdein deis encian, ei tubé ;
E ti parei foulié dé fisa ta boussolo
Oou viei qué soou ni A ni B. . .
Enfan ! rigues pa troou dé Cassian, doou gro pastre !
Soun plan es lou soulé mounte vèsse l'espouar ! . . .
L'a dejà cinquanto an qué liegi din leis astre :
Moun silabèro d'or garisse dé la mouar ! . .
Menavi l'escaboué dé Louei dé la Varruno
Dei couelo dé la Nerto à la Baoumo-Borboun,
Lou souar qu'ai devina lei secré dé la luno
Su la battarié dé Niouloun ! . .
Maduro avan lou ten, ma testo, qué vies blanquo,
A glena quaouquei gran dedin chasque gara.
Mies qué lou marguiié qué rounflo su sa banquo
Ai souven tria dé grame ei sermoun doou cura.
Dei prepaou dei moussu, dei cansoun dei femèlo,
Dei questien dei nistoun, surtou, mi sieou nourri :
Tan qu'un secré nouveou coutiguo sa cervèlo
Lou senigran voou pa mouri !
Vidaou ,I'a quatorze an, parties coumo nouvici ;
A bor doou Souverein revenes timounié :
Un marin dé l'Eta duou avé dé judici,
Eou qué su tan d'esteou a vi la brefounié !
S'à teis ouro dé quar lou ven a tira mouele,
As ben agu fissa, dé teis uei espandi,
Lei millien dé millien dei vïolo doou ciele :
Mestre, t'oourien jamai ren di ?. .
Mi dies qué toun major crei ren d'uno aoutro vido;
Qu'en chaplan nouesto peou, l'ooutis doou medecin
L'a jamai trouva l'amo, é qu'uno fé goouzido,
Ta carcasso voou tan coumo aquelo d'un chin !...
Mai la lenguo dé fué qué pouigne toun cadabre,
E ti creido : toujou mountaras ! lanço-ti !
Serié qu'un marri blé nega dins un salabre ! . .
Moun fieou, toun major n'a menti !..
Lei capelan ti dien : cantaras dé gran-messo
Duran lei secula, sé vas oou paradis;
Mai songeo qu'à l'infer la pouarto es proun espesso;
E si passo qu'un coou su sei pouen levadis !
Lou Signour, noueste pèro, alestirié la brazo
Per nou faire fregi touto l'eternita !
Noun, pitoué! tou devò qu'armo Dieou d'uno espazo ,
S'es pa jan-foutre, es abeta !...
Ta mèro ti disié tamben qu'oou precatori
Couelan nouesto bugado, un paou fouarto en lissieou ,
Per pousqué doou tineou sorti né coumo vori,
Digne dé figura davan leis uei dé Dieou. . .
Mai souven, per malur, toun linge a tan dé crasso
Qué bouïes, oou peiroou, un ten fouero resoun ;
Surtou qué per lava toun gorbiné d'estrasso
Ti fan paga cxxx lou saboun ! . . .
Es differentamen qué lei cavo si passoun.
Sieou zèro ; mai degun m'a servi dé bouffé;
E coumo ni l'esfrai ni l'embicien m'enliaçoun,
Vieou l'abus dé l'ecès é doou manquo dé fé.
Toun major, toun cura, ta mèro soun dé plagne :
N'a vun qué fa mestié dé toujou menaça ;
L'aoutre crèbo d'orguei ; foou qu'aquesto si lagne :
Suivoun touei tres un cuou dé sa ! . . .
Dieou mandan sa semenço ei ciele, à l'avanturo,
Coumo lou bastidan qué sameno soun bla,
Lou gran s'esparpaié lon dé la vouto bluro :
Qu s'enregué d'eici, qu s'enané d'eila.
Nouesto grano encapé dé toumba su la terro :
Aqui rescountrerian noueste premié relès,
Mounte tan dé doulou duvien nou fa la guerro
Jusqu'oou suari, despui lou brès !
Mai lou darnié badaou pa pu leou nous escapo,
Sian saia aperamoun senso cro ni palan;
Aven entamena nouesto segoundo etapo ;
Anan mai espeli su d'un globou pu gran !
Aqui sian dejà mies : aven lou cor dé ferri,
Vin pan d'ooutou, lei bras emé lei ner d'acié ;
Creignen ni cirurgien, ni droguo, ni cristèri
Counoueissen plu la maladié !
Oou lué dé roupïa su la baouquo, ei feniero,
Lei mendre dei varlé dormiran assousta
Din dé superbei salo, à fenestro en crousiero,
Su dé lié pu mouflu qu'aqueou dé Fouresta !
Davan nouestei casteou lou riban deis alèio
Sera tou tapissa dei flou deis arangié ;
E tou l'an cueïren de couffin de dragèio
Eis aoubre dé nouestei vargié ! . .
Aqui rouigaras plu dé galetto mouzido;
Ni lieoume mita crus, ni jamboun troou morfi ;
S'as sé, li buouras plu tan paou l'aiguo pourrido
Mounte oouran destrempa lei troué d'estoquofi !
Pa l'oumbro doou rouli dé San-Micheou à Pasquo ;
Enca men d'aragan à t'escrasa lou pouen !
Ven d'à-poupo toujou ! sentiras la bourrasquo
Qu'en la pantaian, din tei souen ! . .
Adelà fourra plu qué tout un pople laoure
Per gava finqu'eis uei quaouquei pouar à l'engrai ;
Aqui l'ooura plu gé dé riche, ni dé paoure ;
Ni saven, ni bestias ; ni beou pitoué, ni lai !
Seren toutei parié souto la memo bacho !..
Pu gai qué dé jouven qu'an chima lou claré ,
Oouren nouste bouenur escri dessu la facho ,
Coumo s'érian oou cabaré !...
Per qué sachoun lou gous dé la vaquo enrabiado,
Lei richas marri-couar gardaran lei mooutoun ;
Li faren soupira touto uno semanado
Un platelé d'espeouto, un pan senso corchoun ! . .
Mai sian pa dé bourreou ! aprè dous an d'esprovo
Li pouargiren la man per si mettre à l'abri .
Alor, à sei despen oouran senti la provo
Qué l'ome es ren, s'a pa souffri !
A cin-cen-milo lèguo oou dessu dei tounerro,
Sé nou pren fantasié dé durbi lei journaou ,
Li veiren lei travai qué nouesto ancieno terro
Fara, per si servi dei forço dé l'uiaou.
Coumo l'aplooudirian soun assaou dé couragi
Dei reire-pichoun-fieou é dei reire-nebou,
Qué voudran counqueri lei nieou à l'arrambagi ,
S'à la fin n'en venien à bou ! ...
A peno acoumençan la premiero ezistanço,
Per aco vies degun dire : ai dejà viscu ;
Mai sounco relachan ei por dé beneranço, .
Qué d'ami si battran per nou vouela dessu !
Coumo si souvendren, alor, d'aquestou mounde
Mounte avian estraia lei claou dé l'aveni !
Oou centre dei souleou é quan lou maou s'escounde
Fa tan bouen dé si souveni !
Aqui retrouvaras ta mèro é sei caresso,
Ta bloundo Madeloun, tei coulègo doou bor ,
Toutei lei Rouvenen teis ami dé joueinesso,
Toun enquié dé cura, toun payen dé major !
Qué delici ! oou mitan dé l'urouso famïo ,
Sé passes en brasseto emé toun viei Cassian ,
Dé dire à toun dooutour candi dé merevïo :
E-ben ! mi semblo qué li sian !...
Alor dei bouenei gen fenira: plu la festo ! . . .
Mai lei tigre, dé qué si voudran rapela ?
Semblaran d'estrangié ! degun li tendra testo
Perqué viroun toujou l'aiguo clin sei vala !
Leisso leis arpagoun ti tratta d'imbecile :
En ti fasen cheri, moougra tou soun mespres,
Vidaou, places tei foun mies qué lou pus abile :
Oou milo per cen d'interes !....
Noueste segoun repaou si poou nouma grant-arto :
Si li sian radassa iué-cens an, per lou men;
Mai dé tou l'univer duven suivre la carto,
Anan cerca pu lun d'aoutrei refrescamen .
Uno tresiemo fé doun retournan oou viagi :
Oou bou d'un vira d'uei qu'à peno aven dormi ,
Si revïan adaou, ben pu fier é pu sagi ,
Ei saliver dé l'enfini ! . .
Qué parles dé Paris ? dé sei lume d'agazo ?
Deis Inde ? dei tresor dé la Califournié !
Lei tiatre dé couraou, lei palai dé topazo
Serien nouestei poussieou, sé fasian de fumié !
D'estèlo doou tremoun, coumo aquelo dei Magi ,
Brularan su lei ciergi, à nouestei proucessien !
Quan alluminaren, à nouestei roumavagi ,
Oouren dé luno per lampien ! . . .
Din lou gouffre dei mar, d'un soulé coou d'espalo,
Mies qué dé pei furan, soutaren oou pu foun.
Travessaren l'espai eme dé largeis alo
Pu vite qu'un boulé qué souarte doou canoun !
Senso si li rima vieouren din la flamado ;
Seren dé pèt-en-cimo enviroouta dé rai ;
Noueste cor sentira l'ooudou dei ginouflado ;
Seren dé tourre dé cristai ! . . .
Qué nou faran alor sei belei micaniquo !
Sei boumbo, sei veisseou, sei globou, sei vagoun !
Sei pistoun, sei vapour, sei souenaio eletriquo!
Tan dé jugué dé mouar entre man dei pichoun !
Tan d'engien .fabriqua per si roumpre lou couele,
Qué lou paoure mooudisse é paguo dé soun san,
E qué soun enventour, quan fenisse pa ei fouele ,
Es segu dé mouri dé fan ! . . .
La jalousié deis ome é sei bruteis entriguo,
Coumo s'en truffaren, quan seren tou-puissan !
Per quaouquei pessu d'or s'escaloun à la biguo,
Trouvaren à manès lei mouloun dé diaman !
S'à la retiro-puou deraboun d'espouleto
Dé capeou galouna, dé mitro dé satin ,
Qué sera tout aco, senoun dé pampaieto
Su d'un lai viesti d'arlequin !
Mai alor qué bouenur d'oublida la coulèro !
Dé jouï doou printen senso apranda l'iver !
Dé dire ei capouchin qu'esfraieroun ta mèro:
Reveran, bouffa-li su lei brasié d'infer !
Dé dire à Madeloun, quan lou pies li ressaouto :
Din noou-milo an d'eici, gento caligneiris,
Coumo vui, per passien ti mangearai lei gaouto ,
E toujou mordrai frui requis ! . .
Mountan, mountan toujou dé planeto en planeto ;
Doou camin dé San-Jaque ei plano doou souleou.
Leissan à man senèquo un clapié dé coumeto . . .
E su chasquo estacien sian pu fouar é pu beou ! .
Tanti-aou creignen plu qué la testo nou vire :
Talamen sian parfè courririan su d'un fieou !
Vian tou ; counoueissen tou ; pouden tou ; per tou dire ,
Anfin, Vidaou : sian eme Dieou ! .
Mestre, t'ai amarra su l'ancro d'esperanço:
Vai acaba ta pleguo entre leis afama,
E quan oouras feni ta vido dé soufranço,
Vene trouva Cassian ei péis enbeima.
Doou calici dé feou poues escouela lei gouto :
T'ai coupa lou bastoun qué ti duou sousteni ;
Parti premié ; veiras mei piado su la routo ;
M'agantaras à l'embruni . .


 

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