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Un poème manuscrit de Mistral vendu aux enchères !

Coco · 3 · 2337

Coco

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Voilà, c’est la nouvelle du jour, un poème manuscrit, écrit en français et signé Frédéric Mistral, a été mis en vente le 4 juin 2009 à l'hôtel Drouot.

Il était estimé aux environs de mille euros.

Pour bien comprendre sa valeur, il faut connaître son étonnant itinéraire et la portée donnée par l'écrivain lui-même à ce court texte, qu'il considérait comme "un testament poétique".
Ce poème, c’est une partie du manuscrit de "La Hantise" en fait, il l'a écrit au verso d'un faire-part de mariage, celui de la fille de la comtesse de Saint-Roman.
Le prix Nobel de littérature l'avait écrit de Maillane et adressé le 11 mai 1911, à Jules Bois président des félibres de Paris. Frédéric Mistral l'avait accompagné d'un courrier dans lequel il s'excusait de ne pouvoir assister à l'inauguration de sa statue, dans la ville de Sceaux.
"Ce poème qui résume mon œuvre, vous en faites ce que vous voulez", avait-il dit, espérant sûrement qu'il serait lu publiquement devant la foule d'officiels…

Mais de façon tout à fait inexplicable, le poème ne fut pas lu ce jour-là et resta longtemps secret, avant d'être édité.

C’est pourtant joli ce qu’il a écrit, à vous de voir, on peut ainsi y lire cette strophe étonnante d'inspiration :
"Et sur les tombes vaines, quand l'herbe étend sa housse, j'y brode moi des fleurs, de toutes les couleurs".

Bon, pour en revenir à notre manuscrit, il appartient à un collectionneur dont on ignore le nom mais qui a accumulé pendant 50 ans, une imposante collection de livres provençaux et d'ouvrages dédiés à la tauromachie. C’est pourquoi la vente de jeudi après-midi s'intitulait "Provence, tauromachie et divers".

Le poème de Mistral, lui, a finalement été adjugé à 900 euros, et retour au destinataire en quelque sorte, c’est la bibliothèque de Sceaux qui s'en est rendue acquéreur.

Et pour conclure, il semblerait que la crise frappe aussi l'univers des enchères.
Car aux côtés de nombreux ouvrages de et sur Mistral, de sublimes volumes consacrés aux courses et aux corridas n'ont pas trouvé preneurs. Pire encore, deux affiches de 1902 et 1904 sur les courses camarguaises de Vauvert ont été retirées, faute d'enchérisseurs.
En cette période de budget malmené, la vente n'a pas décollé et il y avait sans doute pas mal d'affaires à faire, mais on était pas à Drouot la semaine dernière… :smt102


Born_to_be_Marseillaise

  • Invité
z'avaient qu'à faire ça dans une salle des ventes en Provence ou même en Camargue ! Suis certaine que crise ou pas crise ça aurait plus de succès  ;)


fanette

  • Invité


Et si les collectionneurs (ou même les riches qui dépensent leur fric en achetant des raretés) avaient compris qu'il fallait donner à chaque chose sa véritable valeur ?

900 euros pour un poème de Mistral, ce n'est rien comparé à des peintures de Van Gogh ou Gauguin ... chiffrées à des millions d'euros, mais c'est quand même trop.

Ce n'est pas la valeur du poème que je mets en doute (la phrase que tu cites est si belle, et j'ai lu et j'aime ce qu'écrit Mistral), mais les abus qu'il peut y avoir dans les salles de vente aux enchères.

je suis ravie que la ville de Sceaux l'ait acheté, ce poème !!

 ;)



 

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