Marseille Forum

Re : Ya kan , ya makan ... Il n'était pas une fois entre les lignes.

Invité · 1 · 2058

vanillablue

  • Invité
Cabaret ...

Il fût une époque , avant les attentats ou vous pouviez choisir entre mosquée et bar , si vous êtiez un homme. Entre foyer et cabaret si vous étiez une femme. C'était bien , bien avant ça...



Habiba. Voilà un nom qui sonne bien , aimée. Aimée. Par tant d'hommes le soir au fond du cabaret. Je laisse et prostitue mon corps aux haleines du vin de Mascara. Même si le mien finit toujours par couler, quant le son du oud se fait oublier et que mes amoureux se sont évanouis.

Mon coeur bat aussi quant la derbouka s'est évanouie. Milles battements de coeurs ponctuent mes élans réprimés.

Alors ma voix pousse ses soirs là. Pousse vers des mélopées d'inachevées. Je suis une femme et je boie.

Autant être soi , quant l'espace d'un soir , il font de la paysanne que j'étais une reine. Qu'ils viennent donc couronner leurs soifs de royauté et me laissent esseulée. J'ai ma propre dignité.

Si j'étais un homme on ne toiserait pas mon oud , comme on toisait mes formes en criant : " y'a sheba ! "  Sheba , la belle , la jeune , chanteuse et prostituée je l'étais.

Belle et bonne à mariée , bonne pour la mosquée , je suppose que je l'aurais été si on m'avait donné la chance de m'exprimer , mais quant on ne l'a pas fait.

Alors on m'appelle Sheikha , La vieille , peut être parce qu'aujourd'hui ils sont peu à me toiser, ma voix commence à leur parler , maintenant que mon corps ne semble plus leur parler.

Je peux mieux chanter ma jeunesse oubliée , et pleurer Ya Rabi , Oh Seigneur , si j'ai crié au fond du cabaret ces ya habit , ces j'aurais aimé. Mais personne ne m'a été aimé.

Prostituée décriée , femme perdue , la vieillesse a presque redoré ce que je n'ai pas été ... La bas à la mosquée... J'ai fais le choix de souffrir et de chanter dans un monde d'homme assoiffés de désir et de vin.

Ma parole est enfin écoutée , mon corps ne peut plus être roué.


 

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