Marseille Forum

Le pilote du Messerschmitt 109 de Planier nous a quitté

Cépé1 · 37 · 10487

Cépé1

  • Chourm(o)/(ette)
  • **
    • Messages: 129
 :smt039

C'est une histoire d'avion, en temps de guerre, d'un jeune gars de 20 ans.

Ca se passe devant Planier.

http://www.aerostories.org/~aeroforums/forumhist/aff.php?nummsg=30456

Bonne journée à tous,

Philippe


FuturCollègue

  • Tranquille collègue
  • *
    • Messages: 85

Baobab

  • Collègue qui boulègue
  • ****
    • Messages: 906
  • prendre un thé au calme
Merci pour ce récit très emouvant! Ayant déjà fait le tour du Planier à la voile, j'ignorais pourtant parfaitement que cet épave se trauvait au fond des eaux labas (...à quelle profondeur?)...maintenant en connaissance de cette histoire, je ne regarderai le Planier plus avec les mêmes yeux!


chris3

  • Figure du forum
  • ******
    • Messages: 2308
  • Adiu a totes !

Coco

  • Forumeu(r)/(se) aïolisé
  • **********
    • Messages: 29764
Contente de te retrouver parmi nous, Cépé ! :smt039

Et avec une jolie histoire en plus, tu nous gates...

Une histoire qui nous fait partager les rêves des hommes et prendre conscience de la stupidité de la guerre, une histoire émouvante qui au delà de tous les conflits, nous fait aimer Hans Fahrenberger, pilote de la Lufwaffe dans le Südfrankreich et instructeur sur Bf 109 en Avignon, et qui nous fait regretter de ne pas l'avoir connu avant...

Une belle aventure qui s'est passée tout près, sur Planier qu'on ne regardera en effet plus jamais avec le même regard...

Félicitations pour ton article sur aérostories et bravo à Luc Vanrell pour la magnifique photo !

Merci tout simplement pour le partage !


Cépé1

  • Chourm(o)/(ette)
  • **
    • Messages: 129
Oui, il y a des braves gens de partout  =D> . Hans était revenu à Marseille sur l'invitation de Pierre Vogel (le fabuleux patron du magasin de plongée marseillais "Le Vieux Plongeur", magasin repris par ses enfants au décès de leur papa) dans les années fin 80/tout début des 90.
Fr3 Marseille avait consacré un reportage sur cette venue tandis que Pierre Vogel avait mené le vétéran allemand sur son bateau à Planier.

Tenez, toujours pour parler avion... il y a des choses qui ne doivent pas se faire... aussi... une autre petite histoire "tout aussi touchante" malgré ces "p.....s" de guerre.

Horst Rippert... vous connaissez maintenant... on ne le présente plus, et pour cause...  :-''

Le 25 Mai 1944 Rippert attaquait avec plus de 30 autres chasseurs de la Lufwaffe, une imposante formation de bombardiers lourds américains passant au nord de Marseille.
Rippert suivi les appareils US jusqu'à Fréjus (ils coupaient en diagonale de Lyon vers la Corse).
Au-dessus de l'Estérel, il plonge sous le ventre d'un B-24, ressort sur la gauche et met en feu les deux moteurs gauche.
Il apperçoit des hommes sauter en parachute et stoppe tout tir... pour ne pas les toucher...
L'avion s'écrasera sur la colline de la Croix des Gardes à Cannes, 3 survivants capturés sur les 10 hommes d'équipage, le pilote avait été tué avant l'attaque de Rippert par des éclats de DCA, les 6 hommes restant avaient eux sautés au-dessus de la mer... on ne les retrouvera jamais.
Rippert fini la guerre et notera scrupuleusement sur son journal intime - qu'il éditera pour souvenir pour sa famille - ce combat du 25 Mai 1944 avec ce B-24 en relavnt tous ces faits citrés ci-dessus et que j'aurais la chance d'avoir en mains.

En 1988, il reste de ce B-24 de Cannes un seul survivant. J'ai la chance de le localiser dans le Michigan et en 1989 vais le rencontrer chez lui.
Il s'agissait du sgt Alfred R. Karow... Karow... est un nom d'origine est-allemande... (voir sur aero-relic.org l'histoire du B-24 du capt. Hornbaker).

"Al" comme tout le monde l'appelle, me confie alors une copie de son... journal personnel écrit après guerre. Je découvre ainsi stupéfait précisément celà à la page du 25 mai 1944 : "un chasseur allemand Messerschmitt 109 au retour de notre mission sur Givors (sud de Lyon) disparait de ma vue (Al était mitrailleur de la tourelle supérieure du B-24) et passe sous notre avion. Il remonte sur la gauche, arrose les deux moteurs gauche et les met en feu. Nous évacuons l'avion qui ira s'écraser sur une colline près de Cannes"... (à l'épqoue, Al ne savait pas que cette colline portait pour no "Croix des Gardes"...).

Voilà... Rippert est donc sans erreur possible le vainqueur du B-24 de Cannes... (on retrouve d'ailleurs dans les archives allemandes, cette accréditation de victoire d'un B-24 ce jour pour lui)  mais je n'aurais connaissance de Horst que trop tard...

En effet, dès que Lino von Gartzen retrouve Rippert, j'informe immédiatement Al Karow par téléphone de cette nouvelle. Mais Al vient de faire une chute suite à un AVC dont il se remet très mal.
Il me répond quand même avec une voix hésitante qu'il serait pour lui formidable de rencontrer M. Rippert chez lui dans le Michigan.
Rippert est informé à son tour par Lino et est d'accord sur le principe... et c'est là que je reçois ce triste message de Laura Karow, la fille d'Al, qui m'apprends que son papa vient de rejoindre son équipage du 25 mai 1944...

Voilà chers amis de MF, je ne veux pas jouer le "bucolique" ni même vous faire avoir une larme à l'oeil, mais ce type d'histoire, quelque part, c'est un peu notre quotidien à Lino von Gartzen, Luc Vanrell et moi-même, vous comprendrez ainsi mieux désormais comment et pourquoi "on" peu s'intéresser à des avions de guerre 63 ans plus tard...

Bien à vous tous

Philippe  :smt039


Rillette

  • Frit Confit du forum
  • ********
    • Messages: 6144
 :cry:


Quel joli témoignage Cépé ! C'est émouvant.

Je rebondis sur un passage & je te cite  :arrow: Nous l'avions rencontré en Allemagne, c'était un homme comme vous et moi, et, sans honte aucune, non pas un pilote à l'esprit "nazi", mais un passionné de vol à voile, d'avion, un rêveur, entraîné à ses 20 ans dans le tourbillon de la folie des hommes.

Dans le livre de Lino von G. il y a un passage qui dit quelque chose de similaire. Je voulais vous (les lecteurs MF) en parler justement !
C'est après que St Ex se soit crashé avec son mécano en tentant de battre le record de la distance parcourue en avion Paris-Saigon.
En 1937 il visita l'Allemagne, non pas en tant que journaliste, mais "simple" touriste. La source de Lino est une biographe  de St Ex, Stacy Schiff. Elle raconte, qu'il a rejoint Berlin via Amsterdam avec une maîtresse, puis de là il avait l'intention de survoler Francfort et Kassel pour rentrer en France.
L'espace aérien allemand était déjà à cette époque déclaré comme zone interdite.
A hauteur de Kassel une odeur l'inquieta dans l'appareil. Il décida un atterrissage forcé et se retrouva ainsi à Wiesbaden (ville comparable à Aix :mrgreen: ). Il fut accueilli par un groupe de jeunes gens, appartenant à la jeunesse hitlérienne. Il passa avec eux un après midi convivial. Il était couché sur le gazon, fumait, bu de nombreuses bières et bavarda avec les pilotes débutants.
Par un officier qui fut appelé sur les lieux, il fut soupçonné d'espionnage, mais les doutes furent rapidement annulés. (.... je saute des passages, c'est trop long à traduire :roll: ...)
St ex était un anti-national socialiste, Lino ecrit : "aversion véhémente"
Puis il dit et c'est là où je veux en venir au final, que cet épisode souligne aussi, que les individus comptaient plus pour St Ex que leur idéologie. De plus il donne aussi un éclaircissement sur l'attitude des pilotes de différents pays entre eux.
Déjà à l'époque il était admiré en Allemagne comme écrivain & pilote. Malgré l'appartenance à des camps ennemis, une cohésion entre pilotes a existé dans une certaine mesure jusqu'à la fin de la 2nde GM et même au delà. En témoignent les contacts internationaux et les efforts de réconciliation après les temps de guerre qui furent entrepris par des pilotes. On peut qualifier ces activités d'exception, de règle générale, de nostalgie ou de mécanisme de travail sur ces évènements passés douloureux.

Il termine ce paragraphe avec une très jolie métaphore, intraduisible : "Aus der Luft gegriffen sind sie jedenfalls nicht" Mot à mot ça donne : En tout cas elles ne sont pas prises dans l'air.
Qu'il faut comprendre comme : elles ne sont pas tirées par les cheveux ou en tout cas, se ne sont pas des actes en l'air juste comme ça. Mais ça sonne trop mal en français.


Voila  O:)


bakka-ohka

  • Figure du forum
  • ******
    • Messages: 2169
    • Graphisme 2D/3D
...Bon ben je crois que je vais troquer le coucou contre une tenue de plongée !  :smt088  :smt088


hermine

  • Fada(de) du forum
  • *******
    • Messages: 4817
  • Marseillaise.

Coco

  • Forumeu(r)/(se) aïolisé
  • **********
    • Messages: 29764
J'ignorais tout de ce reportage de FR3 Marseillé consacré à la venue de Hansà Marseille sur l'invitation de Pierre Vogel.
Comme quoi, rien ne vaut un passionné sur MF pour vous faire partager des aventures dont on ne soupçonnait pas l'existence !
Cà a dû être une émotion particulière pour Hans de retourner à Planier.

Quant à l'histoire de Von Rippert (pilote qu'on connait bien par ailleurs en effet) et du sgt Alfred R. Karow, c'est curieux les hasards des recherches qui vous font rencontrer ces personnes et les histoires se réunir tant d'années après. J'imagine un peu là aussi l'émotion qui a dû en découler.

Ce quotidien à vous que tu décris ainsi, Cépé, c'est loin d'être seulement la recherche d'épaves mais bien plutôt la réunion des "âmes", il me semble.


Cépé1

  • Chourm(o)/(ette)
  • **
    • Messages: 129
Poêêt-poêêt... pardon, Poête... à ses heures cette Coco alors...  :smt045

Bonjour à tous.

Merci pour vos gentils mots. Ben disons qu'il est vrai que ce sont surtout ces histoires d'humains qui sont importantes; Après, "la guerre"... Brheuuu.....  :-(

Allez , je vais pas non plus raconter chaque fois "une expérience" par jour sur MF.... mais une petite "dernière" (je sais ; je sais...) pour la route...  :cache:

En 1991 avec mes copains d'Aéro-Re.L.I.C., on redécouvre le site d'accident à 3000 mètres d'altitude dans les Alpes italiennes, d'une forteresse volante américaine. L'avion devait larguer de nuit des containers aux partisans italiens de la plaine du Pô en septembe 1944.
Justement, manque de pot... par erreur de navigation nocturne, l'avion qui devait voler entre 2000 et 2500 mètres d'altitude, se retrouva à tournoyer près des hauts pics du secteur de Sestrière.
Et puis plus rien... plus de bruits de moteurs...

Nous enquêtons sur cette disparition et retrouvons l'endroit précis. Une fois la certitude d'être au bon endroit et surtout avec le "bon avion" (grace à des numéros retrouvés sur des vestiges toujours en place aujourd'hui) les "chercheurs d'âmes"  ;) commencent leurs investigations vers les US of A.
Nous retrouvons plusieurs familles (équipage de 10 hommes tous tués) dont les deux soeurs de l'opérateur radio âgées de 75 et... 81 ans.
Oui, ces deux personnes ont tenues à revenir un an plus tard, en 1992, sur les lieux dont elles ne savaient rien auparavant.
Par respect pour leur frère... et leurs parents décédés sans jamais avoir sû...

Ces deux braves femmes tenaient à monter à l'endroit même de l'accident... bon, nous ferons attention (il faut une heure et demi de marche pour arriver au site en temps normal, nous mîmes 3 heures ce jour-là en prenant régulièrement le pouls et surveillant en permanence l'état physique de ces vaillantes mamies (ca sert le brevet de secouriste...).
Et c'est là qu'arriva l'incroyable. Bon, ce n'est pas thriller-sauce-M. Jackson, ce n'est pas une blague, ce fut bien réel et nous étions une petite dizaine à y assiter.

Ce jour d'été donc, tous les nuages sans exception au moment de notre départ était étirés dans un seul sens : ouest/est, poussés par un vent d'altitude.
Nous arrivâmes donc près du kern que nous avions élevé l'année précédante et sous lequel avait été déposés des débris d'ossements humains retrouvés sur le site ainsi que des vestiges d'uniformes détruits.
Les deux soeurs étaient émues au possible lorque notre copain Christian nous interpelle : regardez dans le ciel il y a une croix ?

Ne riez pas..., à notre verticale, UN SEUL nuage était dirigé nord-sud croisant en le chevauchant à angle droit un autre ouest-est... il y avait bel et bien une seule croix qui veillait sur l'âme de ces pauvres jeunes disparus bien trop tôt...

Ce type de faits "particuliers" nous est arrivés sur de nombreux autres sites, si l'homme est arrivé sur terre, c'est qu'il y avait une raison, quand à la trouver... peut-être le saurons nous vraiment une fois ailleurs...

C'était l'histoire du jour,

Cépé1 surpris quelquefois il doit bien l'admettre...  :smt039


Rillette

  • Frit Confit du forum
  • ********
    • Messages: 6144

Coco

  • Forumeu(r)/(se) aïolisé
  • **********
    • Messages: 29764
C'est émouvant, mais aussi surprenant, non ?

Un signe ? Un destin ? Des recherches ? Des retrouvailles ? Des âmes ?
Tout cela a forcément un dénominateur commun ?
Cà m'interpelle ces faits particuliers dont tu parles, même si je suis une athée irréductible... 8-[


Rillette

  • Frit Confit du forum
  • ********
    • Messages: 6144
Ben ça me fait penser à une expérience que nous avons vécu en mai 2003. J'en ai déjà parlé sur MF, mais vous avez certainement oublié  :mrgreen:


Après le décès de mon père, c'est ma soeur et moi qui avons transporté l'urne jusqu'à Berlin en avion. Un vol lowcost banal, de la compagnie deutsche BA.
Je suis persuadée qu'il aurait apprécié s'il avait su et qu'il a aimé ce dernier voyage avec nous, lui l'ancien champion de planeur....
Et bien ce jour là, ce 1er mai 2003, à Nice, l'avion portait un nom : Paradiesvogel - oiseau de paradis. :smt045
Depuis, quand je prends l'avion, je fais toujours attention, mais plus jamais j'en ai vu qui portaient un nom 8-[




Baobab

  • Collègue qui boulègue
  • ****
    • Messages: 906
  • prendre un thé au calme
Depuis, quand je prends l'avion, je fais toujours attention, mais plus jamais j'en ai vu qui portaient un nom 8-[

Eh oui, la Deutsch BA a plié bagage depuis longtemps...elle apartenait en pernier lieu à Air Berlin et a cessé d'opérer au mois de novembre 2008. Il faut prendre Lufthansa, tous les avions portent de jolies noms de villes allemands...et si tu fais ta résa suffisament tôt, tu profites de tarifs très intéressants, parfois plus intéressants que ceux des "loc Cost" ... mais là, c'est un tout autre sujet et je ne veux pas spolier le souvenir de Hans et des autres avec ça ;-)


sourire

  • Fada(de) du forum
  • *******
    • Messages: 4997

Tu as bien fait Rillette de reparler de ce magnifique Souvenir
C'est très beau et très émouvant
comme le souvenir de Cepé 1

ces petits signes restent à jamais ...........dans les coeurs
Merci de les avoir partagés.



Cépé1

  • Chourm(o)/(ette)
  • **
    • Messages: 129
 :roll:

Oui, vos posts sont très touchants aussi... alors, je vais vous raconter une autre petite histoire...  :smt045

Bon, toujours dans les airs de Provence, toujours AUTHENTIQUE et ca se passe le samedi 27 mai 1944. Parmi la formation de bombardier quadrimoteur qui vient d'Italie en se rendant sur le triage de Carnoules dans le Var, se trouve le numéro 42-52399. 10 hommes à bord tous bien jeunes bien sûr (n'oubliez pas qu'un certain "Tonio" était le plus vieux pilote de guerre du monde...).

Bref, complètement à l'arrière, isolé et dans sa tourelle de queue, un mitrauilleur bien entendu. Un autre "Al", il s'agit de Al Raines, 22 ans, de l'état du Missouri (on prononce d'ailleurs "Mi-Z-ouri" SVP, c'est comme ca... faut pas chercher). Al Raines donc, est un Jazzman... il est trompetiste de Jazz dans le civil !

Et comme beaucoup de musicien, il adore les nuits et bringuer. Alors, la veille de cette mission du 27 mai, il s'était couché à... 4 heures du matin, après cigarettes sur cigarettes, musiques, déconnade et boisson du pays... (de l'Italie je précise... pas de son pays à lui).
Hors, quand une mission est programmée pour la France, le "wake up" c'est... 5 heures 30. Bref, il se lève "la tête dans les choux", boit son café (malheureureusement américain, pas italien...), se prépare et se retrouve à son poste de tir dans l'avion.
La formation dépasse la Corse, le manque d'heure se fait sentir... Al s'endort dans un profond sommeil alors que son job est de scruter avec... attention le ciel...
Les appareils US se présentent au droit du cap d'Antibes et c'est l'enfer... boum, boum de partout, Al... dort toujours !  :-P

Et un boum de plus plus précis que les autres... son avion est touché au moteur intérieur droit (on dit moteur numéro 3). Dans l'impact, l'appareil s'est très violement couché sur l'aile droite et Al, secoué comme un prunier, heureusement harnaché se cogne la tête sérieusement sur les côtés de sa tourelle ce qui pour effet de le réveiller... net !
Dand l'interphone il entend son pilote "gueuler" à se préparer à évacuer l'avion... mais pire, à un mètre d'Al, sur sa droite... une flamme de plus de 30 mètres de long s'échappe dans le ciel... "au-secours"....
Le pilote ne pourra pas éteindre l'incendie avec les extincteurs de nacelle car détuits par l'explosion) et il ouvrira les soutes à bombes (2 soutes divisées en 2 compartiments chauqe sur les B-24) en lâchant en salvo son chargement entre cap d'Antibes et les îles de lérins, en mer.

Al a bien compris que c'était grave... il est bien réveillé maintenant. Le pilote pense pouvoir rallier la Suisse neutre (beles américains en génaral, pense que la France, c'est grand comme la région PACA"... voir plus petit...











 



 










 


Edité le : 09 Décembre 2009 à 13:47:08
Désolé j'ai du envoyer sans corriger, problèmes informatiques... je termine...  :smt102

Ainsi l'appareil toujours en feu remonte plein nord vers "la Suisse"... mais l'incendie a grignoté trop de métal... et les 10 hommes évacueront l'appareil et toucheront tous le sol de France dans la région de Thorenc/Le Mas au nord de Grasse.
Note : c'est le seul quadrimoteur abattu dans le S/E de la France où tous les hommes d'équipage au complet ont été saufs).
Al attérit sur la crête sud du Cheyron, et s'écrase au sol... visage tuméfié et en sang. Il partira sur Gréolières et frappera à une porte... Les habitants le fond entrer... mais l'épouse ressort et va avertir la gendarmerie qui va elle... sans se dégonfler va avertir la Wermacht...  :shock: Poubelle la vie...

Al est ainsi prisonnier tout comme 4 de ses copains, les 5 autres ayant été cachés jusqu'à la Libération, dont 4, par Edouard Parmelin... =D>

Je termine vraiment... vous avez compris, qu'ais-je fait entre temps...? et voilà, je retrouve... Edouard Parmelin qui a une petite fille Cathy (alors divorcée) qui se passionne pour cette histoire.
Je continue donc, je retrouve... aux USA Al, et deux de ses copains d'infortune qui avaient été cachés par M. Parmelin.
Hop... le 27 mai 1992, 48 ans jours pour jour, Al et son copain Owen Streeper revenaient à Thorenc et allaient visiter l'endroit du crash de leur avion (il repartiront d'ailleurs chez eux avec des morceaux...). Mais ce n'est pas tout....

- Une mauvaise nouvelle et une bonne :

- La mauvaise : Edouard... décédait en avril 1992... un mois seulement avant la venue des aviateurs...

- la bonne : Al était venu avec son fils aîné, Robert (Bob), il tomba amoureux et réciproquement avec la petite fille de Edouard et ils se marièrent... pas belle la vie !  :smt007
Bon, ils n'eurent pas "plusieurs enfants" puisqu'ils en avaient déjà 6 à eux deux... mais qu'elle jolie histoire quand même.

Allez faut que je vous laisse, le boulot m'appelle... mine de rien...

 :smt039

La prochaine fois, je vous raconterais (mais seulement si vous êtes sages...), l'histoire du Petit Chaperon Rouge (ca changera un peu des avions de guerre...c'st vrai quoi... :cache:

cépé1-mais-jusqu'où-ira-t-il... =;




Coco

  • Forumeu(r)/(se) aïolisé
  • **********
    • Messages: 29764
Je te lis avec plaisir, Cépé1 : c'est émouvant ton récit mais en même temps, avec ton humour, c'est hilarant, et çà devient presque un conte, franchement, on a pas besoin du chaperon rouge, les avions, çà nous fait plus rêver finalement...

Mais je lis aussi que tu nous demandes ce que tu as fait entre temps ?
Et... :-k
N'en déplaise à ta modestie... :smt102
Liberator ?  :oops:

Parce que moi, là, je viens de prendre un peu de temps pour chercher sur le net et voilà que j'apprends qu'il y a une bien curieuse stèle au col de bleine, et voyons, c’est en poursuivant sur cette piste que je suis tombée sur le lien que je vais mettre en source, et les amis, vous me croirez pas, on y rencontre encore un personnage désormais célèbre chez nous !!! :-''

Alors, Cépé1 nous a raconté l'histoire mais si on recommence au début ?
On est le 27 mai 1944, un B24 Liberator Flanckfinder (ne m’en demandez pas plus, j’en sais pas plus si ce n’est que c’est un avion de guerre mais Cépé1 peut nous donner les détails techniques, lui, si vous le souhaitez) décolle de sa base de Toretta à 6h30 du matin pour bombarder le terrain de Salon de Provence, ok, c’est chez nous et on n’est pas content de prendre des bombes sur la tête.
Le bombardier que je viens de vous citer fait partie d’une flotte de 38 appareils qui prennent ensemble la direction des côtes françaises.
Mais ils sont pris à partie par la DCA allemande installée au cap d’Antibes, celle-ci endommageant plusieurs d’entre eux, dont notre fameux B24 comme vient de nous l'expliquer Cépé1.
Son aile droite étant en flamme, le pilote comprend très vite qu’il ne pourra pas rejoindre sa base de départ, il lâche ses bombes en mer et entreprend de se diriger vers la Suisse mais il est contraint de changer d’itinéraire en raison de sa perte d’altitude.
Il remonte alors la plaine de la Siagne, survole la vallée de la Gironde passant au-dessus des villages d’Aiglun et de Le Mas puis pique vers le Pic de l’Aigle où il se désintègrera.
Mais une bonne nouvelle, les 10 occupants sont sains et sauf car le commandant de bord a décidé de faire évacuer l’avion, évacuation qui a lieu à environ 4 000 mètres d’altitude au-dessus d’une zone de montagne et qui disperse l’équipage sur les deux versants de la montagne du Cheiron.
Et voyons ce que nous a dit Cépé1 !
Il nous parle d'un certain Edouard Parmelin...
Serait-il parti sur leurs traces ?
En tout cas, c'est sûr qu'on en repère quelques uns...
Parmi ceux-ci, le sous-lieutenant Gerald J. Maroney, pilote, échoue dans la vallée de la Gironde, près du hameau des Sausses. Secouru par un habitant du lieu, il restera caché dans une des maisons jusqu’à la Libération.
Le sergent Owen Streeper, quant à lui, atterrit dans une forêt de la vallée de la Gironde et rejoint le sous-lieutenant Paul Golden. Les deux hommes dispersent leurs affaires et se dirigent vers Le Mas. Tandis que les Allemands poursuivent leur recherche, les aviateurs passent une nuit à la belle étoile. Le lendemain, ils suivent un habitant qui les emmène dans le bas de la vallée pour découvrir une bâtisse en pierres où habite la famille Parmelin.
Le sergent Donald Ellis, également tombé de ce côté-ci du Cheiron, s’approche à son tour du Mas. Le samedi 30, il ose enfin traverser le village et se présente aux habitants comme « aviateur américain ». Edouard Parmelin vient alors le chercher et l’emmène au Sarrodier pour rencontrer ses amis.
Bien sûr, en pleine période de restriction, l’arrivée des quatre aviateurs dans la vallée de la Gironde va provoquer de petits problèmes de nourriture, du moins pour Edouard Parmelin qui avait déjà deux de ses trois enfants à nourrir, son épouse plus un couple de réfugiés juifs et deux amis réfractaires au STO...
(Dites, vous vous imaginez la générosité et les risques encourus ? C'est tout simplement admirable de courage et d'humanité...)
Et voyons, l'histoire ne s'arrête pas là... Car c’est alors qu’intervient l’abbé Viale !
C’est le curé de Gréolières et l’ami intime de Monsieur Parmelin.
Il est à l’origine d’un incroyable élan de solidarité et de complicité de la part des villages d’Aiglun, Gréolières, Le Mas, Saint-Auban et Thorenc pour fournir à toutes ces personnes victuailles et habits.
Ce qui est amusant, c’est qu’on apprend sur le lien que je mets en source que les aviateurs découvrent la vie de travailleurs de la terre : fabrication du compost, élevage des chèvres… C’est sûr que le plancher des vaches, çà a dû les changer des prouesses de vol !!!
Bref, ils resteront ainsi cachés au Sarrodier jusqu’à la Libération et l’arrivée des Américains à Thorenc le 15 août 1944 et l’aventure se terminera bien.

Et comme vous savez que j'aime bien les vestiges en tout genre, ben, j'ai appris qu'il parait que de nos jours encore, en se promenant au Pic de l’Aigle, il est possible de découvrir quelques reliques du B24... Est-ce vraiment possible ?
Et aussi que son train d’atterrissage et une partie de son équipement radio sont dorénavant exposés au village et une plaque commémorative inaugurée par les vétérans revenus en 1992 sur les lieux de leurs aventures est installée au col de Bleine.
Et voilà, on y est, c’est cette plaque commémorative qui m’a poussé à vous raconter l’aventure.
Voilà pour l’Histoire, si jamais vous avez envie d’aller vous promener sur des traces…

Mais le clou ?
 :?:
Il parait que Philippe Castellano raconte en détail cette épopée à travers son ouvrage « Liberator ».

Voilà, je conclurai sur cette phrase, voyons si Cépé1 a quelques anecdotes à ajouter…  O:)


Source :
http://www.commune-lemas.fr/village-hameaux/illustrations-grand/patrimoine/1.pdf

« Modifié: 09 décembre 2009 à 18:05:15 par Coco »


Rillette

  • Frit Confit du forum
  • ********
    • Messages: 6144
Incroyable, moi ce qui me rend "dingue" c'est que ça c'est passé pas très loin de chez moi.
Gréolières, c'est à 20-40 km de Vence, là où j'ai grandit, où j'ai fait mes débuts de ski de fond avec ma soeur. Il y a une petite station un peu plus haut, Gréolières les Neiges.....

Il faudrait écrire un guide touristique & de randonnée sur les traces de tous ces lieux Cépé !

Pour lier le passé au présent et au futur,  et pour qu'on oublie pas .... pour rendre hommage à tous ces vétérans, mais aussi à toi, le passeur d'âme. Ces histoires sont si belles, si humaines justement par ce rôle de passeur.
Je suis subjuguée ...


Et pour le guide, c'est pas une idée farfelue, je suis certaine qu'il y a un public pour ça  :smt007
Un thème (un avion), une randonnée avec des indications pour pas se perdre en route :oops: , les faits historiques, puis le travail de recherche et l'histoire du passeur pour réconcilier le passé avec le présent. Une bonne adresse pour un endroit où se restaurer et le tout accompagné de belles photos (du passé/présent).

Tu n'y as jamais pensé Cépé ?

Qu'en dis tu ?




bakka-ohka

  • Figure du forum
  • ******
    • Messages: 2169
    • Graphisme 2D/3D
...Hum je pense que ces lieux de mémoire doivent rester tranquilles et s'il y des restes d'épaves ou de corps c'est encore plus justifié! Pillages, non respect des lieux, autant d'actes d'egoistes , d'irrespectueux  ou d'interessés qui mettraient en péril ces "lieux historiques" issuent de  longs travaux de recherches.... [-X  [-X


 

SMF spam blocked by CleanTalk