Marseille Forum

Sur les traces de l’abbé Fouque cette fois ?

Coco · 82 · 25549

Coco

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puisqu'elle n'est pas, à priori, née au Rouet!

:smt005 Ben, non, je suis née bien loin du Rouet, à Montpellier !!! :smt039 Mais vu comme tu nous décris Marco, j'ai grande hâte qu'il s'inscrive chez nous ! \:D/


hector

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Pour Sourire :

C'est vrai, je n'aurai pas dû écrire le nom de Marc C. en entier.

J'ai corrigé.

Mais...trop tard, Chris3.......Sourire t'avais déjà "cité"  :smt102
T'inquiètes, spâ grave, on  :-#

Edité le : 19 Mars 2011 à 07:35:29
Eh ben...chapeau bas  :smt023  =D> car c'est du boulot toutes ces recherches !! Et merci de nous "culturationner"  :lol:

+1  :smt045


Coco

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Eh ben...chapeau bas  :smt023  =D> car c'est du boulot toutes ces recherches !! Et merci de nous "culturationner"  :lol:

+1  :smt045

Mais j'attends votre participation à tous, photos, commentaires, corrections, tout est bienvenu par ici, car comme déjà dit, c'est ce qui rend le fil vivant nos petites anecdotes et même nos interrogations et nos doutes, sinon c'est insipide et autant lire le livre directement, je peux vous le prêter !!! :smt005

Edité le : 19 Mars 2011 à 08:56:32
Et justement, entre les réponses aux divers questionnements, les compléments à faire et les photos à prendre, le travail pour vous ne manque pas, vous allez voir, on croise les familles marseillaises dont on a parlé dans un autre fil et on visite de nombreux immeubles !!! O:)

Vous me suivez ?  8-[ Votre APN à la main ?  ;) Je poursuis donc ? :smt039
 
Si on parlait de ses œuvres ?

Bon, on connait les plus célèbres comme les Saints-Anges à Sainte-Anne ou encore l’hôpital Saint-Joseph !
Mais comment notre bon abbé en est arrivé là ?
Quels sont les débuts de l’histoire ?
Quel a été le (long) chemin ?
Je m’en vais vous lister un peu tout cela !
Et on commence par le début ?

1) Première tentative pour un accueil de la misère : 1885
La toute première de toutes ses œuvres sera lorsque notre abbé était vicaire à la Major.
Il fait alors la connaissance de François Massabo.
C’est là que mon livre pèche et qu’il me faut compléter par d’autres sources.
Qui était François Massabo ?
C’était donc un négociant qui avait un magasin de tissu au n°33 de la rue du Tapis Vert ! (tiens, faudra voir si on a la photo de cette façade !) C’est aussi le créateur de l’hospitalité de nuit pour les hommes, au départ au n°1 de la rue Marengo (tiens, faudra voir si on peut faire aussi la photo de celle-là de façade !) pour finir à la rue de Forbin et dont les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, ou Frères hospitaliers reprendront la gestion en 1897.
Bref, revenons à notre abbé. Il se laisse convaincre par François Massabo d’ouvrir un établissement charitable équivalent pour les femmes.
Mais il faut trouver un local. La municipalité cède un local à François Massabo, le 17 août 1885, rue des Carmelins, qui sera agrandi par le don d’une cave à charbon à l’abbé Fouque. L’asile reçoit en principe toutes les femmes sans logement qui se présentent et l’on abrite dans un local à part les filles mères. Mais très vite la place manque. Et comme la Providence est déjà à ses côtés, il obtient le secours d’un grand mécène marseillais. C’est le négociant Etienne Zafiropoulo qui fait construire en 1889 l’asile de nuit situé près de la gare Saint-Charles, au n°15, rue Honorat.
On va voir par la suite que ce n’est que le début de la grande œuvre de toute une vie !
« Modifié: 19 mars 2011 à 08:58:16 par Coco »


Coco

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C'était un bon début ? Et bien, l'histoire ne faisait pourtant que commencer...

2) La Sainte Famille : 1888
C’est le début de son œuvre d’assistance.
La Sainte Famille ouvre ses portes, le 6 avril 1888 dans un entresol de la rue de la République.
Il accueille à l’ouverture huit jeunes filles.
De dimension trop modeste, il faut changer de lieu.
L’abbé Fouque loue alors le quatrième étage d’une maison située rue du Vieux-Chemin de Rome.
Une nouvelle bienfaitrice, Mademoiselle Lallement prend par la suite la direction de la Sainte Famille et installe l’institution provisoirement dans un local plus grand rue des Cyprès avant d’accueillir en 1892 les jeunes filles dont elle s’occupe dans une maison qui lui appartient au n° 23 de la rue Barbaroux. Elle y accueillera jusqu’à 148 jeunes filles.
L’état de santé de Mademoiselle Lallement ne lui permettant plus d’assurer la direction de la maison, en 1896, ce sont les religieuses de la Présentation de Tours qui prendront le relais.
L’établissement connaît alors une renommée telle qu’il faudra l’agrandir. Le 6 mars 1900, il est donc transféré au n° 35 de la rue Marengo, dans les locaux de l’ancienne école Salvien.
Le but de « La Sainte Famille » est d’accueillir des jeunes femmes issues du monde du travail (ouvrières, institutrices et employées de tout ordre), livrées à elle-mêmes et obligées de subvenir seules à leur existence, moyennant une faible contribution en échange de l’hospitalité et d’un logement salubre afin de les préserver des dangers provoqués par l’isolement et l’éloignement du foyer domestique.
Age d’admission ? De 16 à 30 ans.
Le 15 octobre 1928, le registre mentionne la 2 057ème inscription.

Là, je suis allée sur place prendre des photos, c’est maintenant une résidence étudiante dénommée la « Résidence Marengo » mais on voit toujours la chapelle dans la rue derrière !


et


Edité le : 19 Mars 2011 à 10:19:29
C'est déjà long ?  8-[ Et c'est pas fini !  :smt102

3) 1891 : Comment va naître l’œuvre de l’Enfance délaissée ?
C’est la veille de Noël de l’année 1891 qui sera déterminante pour les œuvres de notre abbé en faveur de l’enfance délaissée.
Et çà commence par un hasard curieux, voire un destin ? Je vous laisse libre choix de trancher. Cela dit, c’est bien en cette période propice à l’enfance qu’une mère sans doute en grande détresse abandonne son fils de 7 ans à l’abbé Eyssotier. Ne sachant que faire, il fait appel à l’abbé Fouque qui s’exclame alors : « Je le prends et je commence… »
Y voit-il en effet un signe de la Providence ?
Celui de s’occuper des enfants abandonnés ? Comme une nouvelle mission ?
Toujours est-il que de décembre 1891 à octobre 1892, son petit groupe d’enfants augmente, il a sur les bras cinq enfants de 6 à 10 ans auxquels il faut donner gîte et couvert.
Dans un premier temps, il les héberge dans les locaux de la rue des Carmelins où il avait commencé, comme on l’a vu, avec F. Massabo un accueil de femmes. Mais ces locaux ne peuvent convenir sur la durée. La situation s’améliorera grâce à la générosité de Madame de Greling, qui met à sa disposition en octobre 1892 une maison dont elle est propriétaire au n° 81 de la rue Villa-Paradis, sur les contreforts de la colline de Notre Dame de la Garde. Les cinq enfants recueillis y aménagent ! C’est alors que notre abbé infatigable prend une décision cruciale : aller à la recherche de tous les enfants perdus.
Or, le personnel est très restreint dans sa nouvelle œuvre. Il s’appuie essentiellement sur Madame Robolly, veuve d’un consul d’Espagne et un vieux marin.
L’anecdote ? Vous imaginez ? Des enfants avec pour gardienne une personne nommée Madame Robolly ? Tout de suite, ils l’appellent Madame « Ravioli » et on peut imaginer que ce sont de grands éclats de rire, sans doute les premiers depuis fort longtemps pour ces petits délaissés !
Les moyens sont très limités pour l’abbé dans les balbutiements de cette nouvelle entreprise. Mais très vite, les dons affluent ! De la même manière, les enfants aussi. De cinq, ils passent à trente en deux mois, puis à soixante. Notre abbé ne peut plus les faire dormir tous dans la maison de la rue Villa-Paradis. Tous les soirs, 25 d’entre eux doivent se rendre à la rue Fongate où leur a été aménagé un étage et où il vient lui-même passer la nuit pour les garder.
Il semblerait que c’est à partir de ce moment que l’abbé se lance dans la prédication afin de recueillir quelques fonds pour ses orphelins !
Tout investi dans cette immense tâche qui lui tient tant à cœur, il trouve enfin le courage qu’il lui a toujours manqué pour prendre la parole en public !
Pendant ce temps, les demandes d’admission ne cessent d’affluer et les locaux sont insuffisants. Il faut chercher ailleurs. Notre abbé désespère… La tâche est immense et ses moyens sont dérisoires… Mais une fois encore, la Providence y pourvoira ! La famille Dromel (et oui, des chocolats !) offrent pour ceux qu’on appelle déjà à Marseille « les petits Fouque » à Mazargues, au fond de la traverse des Malheureux (curieusement bien nommée cette traverse tout de même, non ?) une propriété connue sous le nom de Zizinia ! Ce nom, curieux en soi, est celui des frères Zizinia, membres de la colonie grecque de Marseille. La propriété change alors de nom. Le domaine devient les Saints-Anges-Gardiens.

C’est en juillet 1894 que s’effectue le déménagement.
Plus tard, la traverse recevra le nom de « traverse des mameluks ».
Toutefois, l’abbé Fouque rencontre des difficultés pour subvenir aux besoins des enfants dont le nombre ne cesse de grandir. Il a également du mal à trouver du personnel capable devant une tâche difficile qui est d’éduquer des petits.
Or, étrange période que ces temps révolus pour nous les victimes de la mondialisation… A l’époque, il n’y a pas les aides publiques… En revanche, la solidarité existe encore… Et les dons affluent. Sous forme d’anecdote ? Qui donne un cochon, qui donne du foin, chacun à sa manière offre du temps ou de l’argent. Les sociétés ou organismes ne sont pas en reste puisque les messageries maritimes offrent des couvertures et l’armée un arbre de noël !
Et notre abbé bénéficie encore des appuis et aides des familles marseillaises…
De Lucien Estrine, président de la chambre de commerce, qui sera le premier président de l’association créée pour donner à l’Enfance délaissée une existence légale, à l’avocat Louis Borelli, vice président pendant trente ans et qui assure l’œuvre de son secours et de ses conseils juridiques.
Bref, le nombre d’enfants augmentant, on ajoute des pavillons qui portent bien sûr le nom de saints… Saint-Gabriel, puis Saint Raphaël et aussi Saint-Michel !
Il faut dire que l’orphelinat a sa raison d’être : depuis sa fondation, l’œuvre a déjà accueilli 140 enfants et pour l’année 1897, elle en héberge 75 !
Notre abbé réussit alors à acquérir la propriété voisine appelée la campagne Séjourné, et agrandit la propriété.
La Société anonyme d’Education et d’Aménagement est fondée. Et une demande de reconnaissance d’Utilité publique est instruite afin de recueillir les aides publiques.
Devant les difficultés à trouver du personnel pour « ses » enfants, en 1898, l’abbé Fouque entre en contact avec la mère supérieure de la congrégation religieuse des Filles de la Charité. Mais il n’obtiendra l’aide des religieuses qu’une année plus tard. L’arrivée des Filles de la Charité entraîne une grande amélioration du personnel et de multiples avantages tant matériels que moraux. Sept classes sont parfaitement organisées, pourvues de livres et du matériel nécessaire à l’enseignement. La conséquence de l’arrivée des sœurs est l’augmentation du nombre des enfants : 70 en 1899, 120 en 1902 et 230 en 1925 !
Durant la guerre de 1914, un dispensaire est ouvert aux Saints-Anges pour recueillir et soigner les soldats blessés et pendant toute la durée des hostilités, une cinquantaine de lits reçut les blessés et les religieuses soignèrent les retours du front ! Puis en 1918, c’est le dispensaire Reggio du nom de la famille bienfaitrice qui ouvre ses portes ! Il accueille les nourrissons.
Mais rapidement, notre abbé s’aperçoit qu’il est difficile d’élever des enfants d’origine diverse dans un même lieu. Aux Saint-Anges, il réunit des jeunes aux histoires et aux destins les plus divers. Une nouvelle idée germe. Ce sera l’œuvre de Saint-Tronc ! Nous la verrons plus loin… Car entre temps… :-''


Edité le : 19 Mars 2011 à 10:21:19
4) La Protection de la jeune Fille : 1901
C’est une œuvre de protection tout aussi bien morale que matérielle, mais destinée avant tout aux jeunes filles pauvres cette fois et de condition très modeste (servantes et domestiques).
Ouverte en 1901 et établie au n° 10 de la rue Augustin Fabre, l’établissement connaît un vif succès, à tel point que même la location de l’immeuble voisin au n°12 n’y suffira pas.
Or en 1903, les sœurs trinitaires sont expulsées de leur maison établie au n° 26 rue Estelle. L’abbé Fouque la leur rachète et loue en même temps un vaste local au n° 14 de la rue Fongate, fait communiquer les deux immeubles et y installe la Protection de la jeune Fille.
Aujourd'hui, le 26 rue Estelle a conservé un peu sa vocation puisque c'est un foyer de jeunes filles.

Une anecdote ?
Un lieu multifonction si on peut dire !
En 1903, Il installe rue Estelle un restaurant féminin (qui sera transféré en 1929 rue Montgrand) avec le concours de Madame Desbief (encore une grande famille marseillaise) pour les femmes travaillant dans les bureaux, les magasins, et qui n’ont pas le temps (déjà !) de revenir chez elles le midi !
Au même endroit, toujours rue Estelle, il crée une école maternelle.
La même année il rouvre l’ancien Pensionnat des Dames de la Doctrine Chrétienne, rue Dieudée, à l’origine du Cours Saint Thomas d’Aquin.

L’institut Dieudé est désormais le Cours Saint Thomas d’Aquin.
Toujours en 1903, les religieuses sacramentines sont expulsées de leur couvent du Prado. Une généreuse donatrice, Madame Jacques, rachète l’immeuble et en fait don à notre abbé. Et c’est ainsi qu’en 1905, l’Oeuvre sera transférée dans l’ancien couvent des sacramentines, au n° 183 avenue du Prado ! Comme les bâtiments sont immenses, il y ouvre un cours ménager et crée un orphelinat qui recueille 30 petites filles et une maison de retraite pour dames âgées.
C’est une mademoiselle Demange qui prend alors la direction du Prado qui poursuit sa mission jusqu’en 1914.
Dès les premiers instants où il dispose de cet imposant édifice, notre abbé songe à y fonder un hôpital catholique, puisque les religieuses sont désormais bannies des hôpitaux publics. Son rêve est bien sûr d’y installer les religieuses de la Présentation de Tours qui l’aident déjà en travaillant aux Saints-Anges, comme on l’a vu au dessus.
Premiers prémices de l’hôpital de Saint Jo ?
Durant la guerre, on installe dans une aile du bâtiment une ambulance pour les soldats blessés et la chapelle de l’ancien couvent va servir pour célébrer les messes demandées par les prêtres au bénéfice des soldats de la caserne du Rouet voisine.
Mais c’est la guerre et la base américaine exige l’immeuble du Prado pour en faire un hôpital militaire.
Les jeunes Filles et les Dames âgées doivent donc déménager. La Protection émigre au n° 26 de la rue Estelle. Les petites orphelines quant à elles sont dirigées sur la propriété des frères de la Calade, tandis que les dames âgées sont contraintes de se rendre dans une propriété voisine de Saint Tronc puis avenue d’Haïti à la Blancarde pour finir dans la propriété Montval au n° 93 du chemin Joseph Aiguier dans le 9ème (encore une adresse à photographier).
Et au fait, vous savez ce que c’est aujourd’hui le n° 183 avenue du Prado ?

Les impôts ! :shock:
« Modifié: 19 mars 2011 à 14:15:13 par Coco »


Coco

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Bon, je continue mais j’essaie surtout de vous livrer des anecdotes et mes propres questionnements car sinon on doit pouvoir trouver tout le reste sur le net et c'est pas amusant ! 8-[

5) L’œuvre de relèvement de l’Enfance coupable de Saint-Tronc : 1912
C’est une loi qui est à l’origine de cette nouvelle vocation.  En effet, le 22 juillet 1912, est voté un texte qui permet de soustraire le mineur délinquant à son environnement sans toutefois l’emprisonner s’il est placé dans un foyer d’accueil. Il n’en faut pas plus à notre abbé pour se lancer dans l’aventure. Il va étendre « l’enfance délaissée » à « l’enfance coupable ».
Les débuts se font aux Saints-Anges, dans des bâtiments séparés. Il faut aussi les confier à un personnel spécialisé, ce sera les religieux de Saint-Pierre-ès-Lien créé par le père Charles Fissiaux (dont je vous ai parlé par ailleurs car ce nom m’intriguait !) Mais les enfants « coupables » demandent une attention différente des enfants « délaissés ».
Et notre abbé qui ne manque pas d’humour, ne cesse de répéter : « pour entrer chez nous, il faut un certificat de mauvaise conduite !!!  O:)
Bref, la conséquence, c'est qu'ils ne peuvent pas rester aux Saints-Anges.
L’abbé Fouque les installe donc le 27 novembre 1913 dans une villa dans la campagne de Saint-Tronc, généreusement laissée par la famille Constant.  :-k
En 1924, les statistiques du 31 décembre indiquent les motifs d’entrée des jeunes dans l’œuvre. Parmi les 386 vols, les 8 recels, et 17 autres abus de confiance, on trouve 188 vagabondages. Et oui, il semble qu’à l’époque, c’était un délit !
Au cours des vingt premières années, plus de 1 500 jeunes passent à Saint-Tronc.

 :!: Alors, figurez-vous que malgré toutes mes recherches, j’arrive pas à trouver l’adresse exacte de ce centre-là pour situer ce qu’il a pu devenir !  :?
Et franchement, mon livre est loin d’être complet sur le coup, il n’y a même pas l’adresse. [-( 
Bref, sur le plan de la ville, je vois bien un orphelinat près du lycée Grande Bastide et même un institut Don Bosco mais franchement, je n’ai à maintenant aucune certitude du lieu et s’ils ont le moindre rapport !!!  #-o
On parle bien aussi sur le net du Val des Pins ou du Centre J.B. Fouque au n° 161 de la  rue François Mauriac, à Saint Tronc, et du Centre Rochefonds au n°21 du Chemin de la Colline Saint Joseph, dans le 9ème, mais où était le centre à l’origine ?  :roll:
Bon, la grande question ? Où habitait la famille Constant avant de donner sa propriété ? :-'' 
Ma foi ! J'en sais fichtre rien !!! :smt102
A vous de m’aider si vous le pouvez ?  :smt100 


Coco

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Bon, en attendant vos lumières sur Saint-Tronc, j'ai poursuivi ma lecture, je finis donc sur les oeuvres de notre bon abbé ! 8-[

6) 1919 : L’Oeuvre en faveur des Enfants du Nord qui deviendra l’hôpital Saint-Joseph.
Comme nous l’avons vu, dès le déménagement de la « Protection de la jeune fille » dans l’ancien couvent des Sacramentines au Prado, l’idée a germé dans la tête de notre bon abbé. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres… Tout d’abord, la guerre et puis les américains qui s’éternisent sur les lieux. Et après, l’opposition de l’évèque de l’époque qui veut lui-même créer son propre hôpital et reste donc réticent à l’idée de Jean-Baptiste Fouque. Et enfin, le climat politique du moment qui reste hostile à la situation des communautés religieuses.
Toutefois, encore la Providence ?
Un évènement inattendu et apparemment contraire à la création de l’hôpital va survenir… Et aider l’abbé dans son entreprise.
Le Prado va accueillir des enfants du nord de la France, patronnés par le comité de la Provence pour le Nord. C’est l’arrivée de 200 enfants, malades ou blessés pour la plupart.
Aussitôt, interviennent de généreux donateurs comme entre autres Monsieur Desbief, directeur des raffineries de sucre, et toujours Monsieur Estrine.
Mais il faut trouver un moyen d’acquérir les lits et accessoires laissés par les militaires américains et appartenant désormais au ministère de la Guerre.
Une fois encore la Providence interviendra au mépris de toutes les règles établies…
Sous forme d’anecdote ?
Les lits auraient dû être vendu aux enchères. L’abbé Fouque et le Général Monroe, commandant du 15ème corps de l’armée, tenteront une lettre au ministre pour passer outre cette procédure à l’issue aléatoire pour l’abbé. Non seulement l’issue sera favorable, l’administration acceptait de passer outre l’adjudication pourtant obligatoire en règle générale, et pour une somme dérisoire en plus, mais le plus étonnant, la réponse s’était faite par retour de courrier !!! Cette diligence d’un ministère a de quoi surprendre ? Mais avec notre abbé, nous sommes désormais habitués aux interventions les plus incroyables !
Bref, revenons à notre hôpital !
Les enfants arrivent donc de Lille. Notre abbé se débrouille pour « enrôler » les médecins marseillais dans son œuvre. Les religieuses de la Présentation sont toujours là, elles aideront bien sûr. Au mois de janvier 1920, le Prado accueille 103 enfants dont 16 filles, et en février, 150…
Quand les enfants partiront au mois de mai, les fondations du futur hôpital sont posées. Il aurait dû être inauguré le 19 mars 1921 pour la fête de Saint Joseph mais cela sera reporté à Pâques car les travaux n’étaient pas terminés et depuis il ne cessera de grandir pour devenir l’établissement qu’on connait tous ! Il est donc inutile que je poursuive sur ce sujet mais je vous livre une dernière anecdote qui montre encore une fois la générosité des familles marseillaises. Madame Charlotte Gaich, veuve d’un pharmacien, fit don du stock de sa pharmacie à l’abbé Fouque alors qu’elle venait de décider de la mettre en vente auprès d’une coopérative de pharmaciens et qu’elle aurait pu en retirer de l’argent. Elle raconte elle-même que l’idée lui est venue dans le tram qu’elle prit pour rentrer chez elle, en sortant de la coopérative.

7) 1925 : l’institution de Montfavet
Et voilà, pour terminer !!! Bien que çà ne soit pas à Marseille, je vous en parle quand même car c’est la fin de l’histoire et l’aboutissement de toute une vie consacrée à l’enfance malheureuse.
En 1921, il ouvre le Château Saint-Ange à Montfavet (à côté d’Avignon dans le Vaucluse) pour L’Enfance anormale.
Cela fait longtemps en fait qu’il y a aux Saints-Anges de Sainte-Anne un pavillon appelé Saint-Vincent et qui abrite des enfants anormaux ou retardés.
Notre abbé sait les soins particuliers qu’exigent ces enfants. Son rêve ? Après l’enfance « délaissée », puis l’enfance « coupable », pourquoi ne pas consacrer un lieu à part entière à l’enfance « différente » ?
Voyons, reprenons le début de l’histoire !
En 1869, l’abbé Grimaud installe à Montfavet une école de sourds et muets. Mais à sa mort en 1911, l’école périclite jusqu’à ce que soit prononcée sa liquidation en 1921 et la vente du domaine. Cette vente attire l’attention de notre abbé ! Dans un premier temps, il ne songe qu’à acquérir le matériel pour ses petits des Saints-Anges. Mais l’idée de créer une telle maison sur Marseille lui tenait à cœur. Finalement il saisira l’opportunité de poursuivre l’œuvre de Montfavet sur les lieux mêmes, déléguant la gestion à Madame Prat qui demeurera sur les lieux jusqu’à sa mort en 1929 ! Toutefois, la gestion d’un tel établissement est difficile et une fois encore, l’abbé Fouque fera appel en 1925 aux religieuses de la Présentation de Tours pour l’aider dans la tâche entreprise.

Et puis ? Et bien… Sans doute épuisé par une vie tout entière donnée aux plus pauvres, mais comblé d’avoir accompli tant d’actions qui lui tenait à cœur, le « téméraire de la charité » meurt le 5 décembre 1926, salué par le peuple comme le « Saint Vincent de Paul marseillais ».



Edité le : 19 Mars 2011 à 13:20:35
Voilà !!!  O:) Avec çà, je crois qu'on ne manque pas d'adresses pour un safari photo !!!  :mrgreen:


sourire

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pour St Tronc, désolée je n'ai rien.

Il a fait acheter toujours par ses amis bienfaiteurs, au moment  de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat qui a entrainé l'expulsion des Congrégations, deux couvents: Les Trinitraires rue Estelle, et Les Sacramentines sur le Prado, qui deviendra le fameux Hôpital St Joseph, j'ai bien lu, et je me demande si cela ne rajoute pas une petite info......
pour les dames âgées peu fortunées, elles étaient accueillies, en un temps, à la Salette-Montval au Cabot.

J'adore les photos que tu as faites, cela permet de suivre son chemin de bonté sur Marseille  :smt023

(nb: on continue l'Oeuvre au 183 Avenue du Prado  :smt005 )





















Coco

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:smt005 En quelque sorte pour le Prado !!!

Bon, pour Saint-Tronc, je suis sure qu'on finira par trouver, la quête ne fait que commencer !!!  O:)

D'autant plus que quelles que soient les adresses, l'urbanisation d'aujourd'hui ne nous permet guère de nous faire une idée des édifices de l'époque, çà a beaucoup bâti, détruit, reconstruit... Dur d'y voir clair maintenant !  #-o

En revanche, pour les images, c'est un début, mais on peut mieux faire et c'est là que je compte sur nos forumeurs !!!  ;)  En effet, soit j'ai récupéré des vieilles photos que j'avais faites sans savoir ce qu'elles signifiaient, notamment pour Estelle et Dieudé, soit j'ai fait des captures écrans de google et là, c'est pas top !!! Donc, maintenant que je nous ai mis sur la voie, le parcours est ouvert à tous les chasseurs d'images !!! :smt039

Rien que Emique par exemple, elle peut peut-être nous montrer une belle collection des Saints-Anges ?  \:D/


emique

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Oui mais je me demandais justement...on ne doit pas pouvoir y rentrer comme dans un moulin...faut que je vois...là je vais récupérer car j'ai passé ma matinée au Frioul et ce vent à décorner les boeufs m'a littéralement lessivée ! Bientôt de belles photos (enfin j'espère que la stab' de mon appareil a bien fonctionné ! J'ai cru que j'allais m'envoler !! )


emique

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J'y suis allée aujourd'hui ! Mais je suis restée à l'extérieur...Je suis rentrée mais juste dans l'entrée...j'ai pas osé aller trop loin...



 :smt039


Nordiste

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3 000 Euros de subvention viennent d'être votés et approuvés par la Mairie du 1 et 7, comme aide financière pour la BD sur l'abbé Fouque, à destination des enfants \:D/
pardon si j'ai l'air de dénigrer ce que tu viens de dire mais pinaise, [...] tu te poses des questions  ;)
Dommage que ce soit le seul aspect qui retienne l'attention.  :-(


Coco

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Waouh !!! Emique, mais c'est déjà pas mal, tu t'es bien approchée tout de même, belle photo d'ensemble !  :smt023 Je peux la copier ?  8-[ Franchement, on voit bien sur ta photo que c'était un beau bâtiment tout de même !!!

Et pour répondre à Nordiste, pour un premier post, c'est bien concis ? Tu sais, ici, on ne compte pas les mots, tu peux nous faire un discours, surtout si tu as des choses à me dire sur l'abbé Fouque, c'est le titre du fil ! O:)


Edité le : 23 Mars 2011 à 18:06:47
Et au fait ? Vu que maintenant on a vu l’enfance de Jean-Baptiste, et toutes les œuvres qu’il a créé par la suite, revenons un instant sur deux hommes dont je vous ai déjà parlé dans le fil de discussion et qui ont marqué les études de notre abbé : le père Timon-David et Monseigneur Dazincourt.

Le jour où notre bon abbé aura enfin édifié sa magnifique maison des Saint-Anges, il placera dans le vestibule de l’établissement le buste de M. Timon-David et celui de M. Dazincourt, honorant ainsi à égalité les deux hommes auxquels il disait devoir tout ce qu’il pouvait y avoir de bon en lui.

J'aimerais bien savoir si les bustes y sont encore !

Je me renseignerai à l'occasion pour savoir s'il y a des journées portes ouvertes, ce serait l'occasion d'entrer en toute légalité !  O:)


emique

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Oui bien sûr tu peux la copier ! Moi j'ai rien vu dans l'entrée du bâtiment...mais bon j'étais pas très à l'aise on n'est pas au zoo quoi  :oops: J'ai vite fait demi tour...en fait je voulais accéder à l'église mais je sais pas comment on fait...


Coco

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Je crois bien que l'église en tant qu'église n'est plus, ils l'ont transformé par manque de place mais l'édifice en tant que tel existe bien sûr !


Nordiste

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Et pour répondre à Nordiste, pour un premier post, c'est bien concis ? Tu sais, ici, on ne compte pas les mots, tu peux nous faire un discours, surtout si tu as des choses à me dire sur l'abbé Fouque, c'est le titre du fil ! O:)
C'est plutôt sur la BD que j'aurais eu des choses à dire ou que j'aurais souhaité lire des choses.
J'ai aussi quelques photos de certains lieux liés au personnage. Mais je ne sais pas comment les poster sur ce forum.


Coco

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Si ce sont tes propres photos et qu'il n'y a pas de copyrignt, tu peux nous les proposer bien sûr !

Et si tu peux nous raconter l'histoire de la BD, vas-y, çà sera chouette d'en savoir plus !  :smt039


Flamby

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Merci pour ce fil Coco, je ne connaissais pas du tout ce personnage et je suis émerveillée de voir que tant de foi à pu soulever des montagnes...  :smt007 

La photo d'Emique est magnifique, à quoi sert le bâtiment de nos jours ? Toujours dévolu à la protection de l'enfance ?  :-k 


Nordiste

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Oui, ce sont mes propres photos et en voici une de Saint-Tronc qui existe toujours au 161 de la rue François Mauriac sous le nom de "Centre J. B. Fouque".


[Fichier joint supprimé par l'administrateur]
« Modifié: 24 mars 2011 à 08:43:21 par Nordiste »


Coco

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Mais ?  :shock: Nordiste ? Tu n'as pas dû lire tout le sujet et je t'en excuse d'ailleurs car je reconnais que c'est fort long mais tu viens sans le savoir de répondre à une des mes grandes interrogations ! En effet, j'arrivais pas à situer le domaine de Saint-Tronc, et là, non seulement tu me confirmes l'adresse mais en plus, tu nous mets la photo ? Mais c'est extra !!!  :smt023 Tu peux poursuivre ?  ;)

@ Flamby ! Oui, les Saints-Anges, c'est toujours un orphelinat d'un côté et un institut pour les enfants qui ont des problèmes sociaux de l'autre, deux facettes qui restent dans la lignée de notre bon abbé. Seules les "soeurs" ont disparu et ont été remplacées par des "civils" employés...


 

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